| Pages | Auteurs | Titre | Lien | Résumé |
|---|---|---|---|---|
| vii–xlii | Procès-verbaux des séances de l'année 2020 | Indisponible | ||
| 1–40 | Jorge Juan VEGA Y VEGA | L'insoutenable légèreté du verbe être Pour un statut pleinement sémantique de la copule |
Résumé | |
| Dans ce travail, on observera la délicate dimension sémantique du verbe être. Souvent considéré comme une simple copule vide de sens, il a reçu peu d’attention exhaustive dans les études sur le lexique. Unité relationnelle, verbe support, voire non-verbe, ses fonctions essentielles seraient d’ordre syntactico-logique. Dans les dictionnaires de référence, il est communément présenté d’après ses diverses fonctions grammaticales (emploi absolu, copule, auxiliaire), plutôt que par rapport à de véritables acceptions de sens. À partir d’un repérage historique de cette conception, notre objectif est d’établir des bases linguistiques qui permettent de consolider le statut pleinement sémantique du verbe être. | ||||
| 41–75 | Frédéric LANDRAGIN | Étude des chaînes de référence en français Liens entre modélisation linguistique et analyse quantitative |
Résumé | |
| Une chaîne de référence – ou ensemble des expressions référentielles portant sur un même référent – est un objet linguistique dont l’étude et la modélisation impliquent de nombreuses facettes: exploration des types d’accès au référent, délimitation et typologie des expressions référentielles, typologie des chaînes elles-mêmes. Pour appréhender efficacement les chaînes dans un corpus, des outils de visualisation et des mesures quantitatives spécifiques sont requis. Cet article passe en revue les avancées de projets qui se sont succédé pendant une dizaine d’année, et présente un retour d’expérience sur les analyses quantitatives menées et leurs implications sur la modélisation linguistique. Ce travail suit un cycle pour lequel nous proposons un bilan et donnons des perspectives. | ||||
| 77–124 | Camille DENIZOT | Répondre aux interrogations totales 'Oui', 'non' et les autres stratégies du grec ancien |
Résumé | |
| Cet article propose un examen des différentes manières de répondre aux interrogations totales en grec ancien. En s’appuyant sur le corpus de Platon, on examine en particulier le sens de ναί [naí] « oui », le fonctionnement spécifique de la négation propositionnelle dans les réponses négatives, et le système des réponses dans l’interro-négation. Une prise en compte de la diachronie permet de montrer que le sens de ναί [naí] a évolué, passant d’une particule emphatique sensible à la polarité positive à une marque d’accord interpersonnel. Il est également nécessaire de prendre en compte les expressions du type « oui, par Zeus » / « non, par Zeus » (νή [nɛ́:] / μά [má]), qui sont des marqueurs dialogiques sensibles à la polarité et qui doivent être intégrés aux outils de réponse aux interrogations totales. Leur apparition progressive au cours de l’époque classique introduit de l’instabilité dans le système, ce dont témoigne la complexité de la collocation ναὶ μά [naí má]. | ||||
| 125–160 | Liana TRONCI | Autour de la pseudo-coordination Réflexions comparatives sur le grec ancien et le latin |
Résumé | |
| Cette étude porte sur deux types de constructions multi-verbales du grec ancien qui, malgré leurs différences syntaxiques, sont fonctionnellement équivalentes. Dans le premier type (construction pseudo-coordonnée), les deux verbes sont conjugués au même mode et liés par un coordonnant ou par l’asyndète; dans le second, le premier verbe est un participe. Nous analysons les propriétés sémantiques, syntaxiques et textuelles des deux types dans un corpus constitué des quatre Évangiles. Nous montrons que le contact avec l’hébreu biblique et l’araméen a joué un rôle dans la diffusion de ces constructions. L’analyse des traductions latines dans la Vulgate nous amène à proposer des considérations supplémentaires sur la syntaxe des deux langues. | ||||
| 161–190 | Jean HADAS-LEBEL | Participe conjoint et participe absolu en étrusque | Résumé | |
| Tous les étruscologues sont aujourd’hui d’accord pour dire qu’aucune différence sémantique ne se laisse percevoir entre les participes en -as et les participes en -asa et que ces deux suffixes sont de simples allomorphes. Nous pensons au contraire qu’ils ne sont pas interchangeables et qu’il y a entre eux une nette distinction d’ordre morphosyntaxique: alors que le participe en -as s’emploie toujours comme épithète (= participe conjoint), le participe en -asa s’utilise exclusivement comme prédicat d’une construction absolue (= participe absolu). En outre, une étude approfondie des formes en -asa nous a permis de conclure non seulement qu’elles sont fondamentalement intransitives, mais aussi que lorsqu’elles sont issues de verbes transitifs, elles relèvent toujours de la voix passive. Inversement, il nous est apparu que le suffixe -as exprime majoritairement la voix active. | ||||
| 191–202 | Benjamin DUFOUR | Possessifs et définitude dans la langue norne et apports à la typologie des langues scandinaves | Résumé | |
| La langue norne, dans son état attesté dans la Ballade d’Hildina (transmise en 1774), présente dans les expressions possessives différentes configurations, selon que le possessif soit antéposé ou postposé, et qu’il soit accompagné d’une marque de définitude ou non. Une analyse exhaustive des données fait apparaître que l’antéposition du possessif est marquée – on peut alors parler d’antéposition emphatique ou contrastive – trait partagé avec d’autres langues scandinaves anciennes ou modernes. La question de la définitude singularise néanmoins les données nornes: il apparaît en effet que ce qui s’apparente à un article défini ait une distribution sémantique, en servant régulièrement d’anaphorique, et non syntaxique, contrairement au norvégien par exemple. Ce trait va dans le sens d’un degré relativement faible de grammaticalisation de l’article défini. En supposant toutefois que la langue norne ait, comme les autres langues scandinaves, développé une catégorie syntaxique de determiner, les possessifs occuperaient seuls cette position syntaxique, indépendamment de leur place dans le groupe nominal: les possessifs de la langue norne entreraient ainsi dans une structure DG malgré la présence d’un article défini, qui peut alors être considéré ou bien comme une marque d’accord dans le cadre d’une double définitude, ou comme un élément sémantique sans rôle dans la définitude. | ||||
| 203–236 | Timothée CHAMOT-ROOKE | The Tocharian Indefinite B ksa, A saṃ Syntax and Philology |
Résumé | |
| The aim of this paper is to provide a comparative study of the use of the indefinite in both Tocharian languages (TB nom. ksa, Obl. kca; TA nom. saṃ, obl. caṃ), with special focus on word order. Most of Tocharian A occurrences are systematically compared to corresponding Tocharian B examples. Problematic cases in Tocharian A are re-examined from a philological perspective. This survey leads to identify several additional examples of the indefinite TA saṃ (oblique caṃ) which had not been distinguished so far from the homophonous demonstrative. Theoretical issues related to the syntactical analysis of Tocharian clitics are discussed too, in connection with data from other Indo-European languages. | ||||
| 237–279 | Ivaylo BUROV | L'harmonie radicale dans les langues d'Afrique De la typologie phonologique à l'effet du déclencheur marqué |
Résumé | |
| Cet article se propose d’examiner certains traits phonologiques et typologiques de l’harmonie radicale dans les langues africaines de la ceinture soudanique, lesquels permettent de la considérer comme un phénomène aréal relativement cohérent, indépendant d’autres phénomènes phonétiquement apparentés, mais typologiquement très différents, comme l’harmonie radicale des langues toungouses et mongoles ou l’harmonie de hauteur des langues bantoues. Ces traits concernent la spécificité du geste articulatoire à la base des harmonies [ATR], la directionnalité du processus assimilatoire, les voyelles neutres, le rapport entre la forme de l’inventaire vocalique et les propriétés générales du patron harmonique, etc. L’apport personnel majeur de cet article est de montrer que, tout en possédant ses propres caractéristiques originales, l’harmonie radicale des langues nigéro-congolaises et nilo-sahariennes s’inscrit dans un patron typologique plus général, celui de l’effet du déclencheur faible (ou marqué), qui est un universel phonologique commun à tous les types d’harmonie: vocalique, consonantique, vocalico-consonantique. Découlant de la nature même de l’harmonie vocalique, qui est foncièrement un processus de renforcement, cet effet connaît quatre manifestations différentes dans l’aire linguistique étudiée: premièrement, il détermine la propagation de la valeur marquée de [ATR] dans les systèmes dominants-récessifs; deuxièmement, il est à chercher dans la forte corrélation entre la présence de /ɪ, ʊ/, les voyelles les plus marquées phonétiquement du continuum de F1, et l’existence d’une harmonie radicale; troisièmement, en l’absence d’opposition phonologique entre /i, u/ et /ɪ, ʊ/, l’harmonie est limitée en principe aux seules voyelles moyennes, phonétiquement marquées relativement aux voyelles hautes et basses quant au paramètre de l’aperture; quatrièmement, dans plusieurs langues 1IU, il transparaît de l’inaptitude de /a/, dont la constriction du pharynx est hautement compatible avec son trait [–ATR] inhérent, à harmoniser des voyelles moyennes, cibles potentielles du processus assimilatoire. | ||||
| 281–326 | Camille SIMON | La catégorie égophorique dans les langues de l'Amdo (Tibet) | Résumé | |
| Cet article propose une réflexion sur les traits sémantiques et pragmatiques qui définissent la catégorie grammaticale de l’égophorique, en s’appuyant principalement sur des données de langues tibétiques, et plus marginalement sur des données de langues en contact avec les dialectes tibétains de l’Amdo et qui ont développé cette catégorie sous l’influence des langues tibétiques. À travers ces données, nous montrons que l’égophorique articule deux dimensions liées aux notions d’implication personnelle dans l’évènement décrit et d’autorité épistémique sur l’information rapportée. Selon les langues, l’une ou l’autre de ces deux dimensions peut être prépondérante, ce qui explique des disparités en termes de distribution des morphèmes égophoriques entre les différentes langues. La prise en compte de ces deux dimensions permettrait donc de préciser la description typologique de l’égophorique, et serait un préalable nécessaire à toute comparaison inter-linguistique. | ||||
| 327–346 | Mathieu BEAUDOUIN | Localiser en tangoute Entre continuums et bipartitions |
Résumé | |
| Le tangoute possède des morphèmes postposés revêtant un sens spatial, qualifiés dans la littérature de « mots à sens spatial », de « postpositions », voire d’« auxiliaires ». La présente étude est la première à considérer ces morphèmes d’un point de vue indépendant et systémique. Si la bipartition de Kepping, que nous reprenons en la requalifiant, est valide au regard de certains critères, elle n’est pas la seule au regard d’autres; par ailleurs, elle n’est pas suffisante pour rendre compte de la variété des catégories, qui s’inscrivent au sein d’un continuum locatif tenant au degré de grammaticalisation de ses membres. En privilégiant successivement les grilles analytiques de la bipartition et du continuum, nous montrons par ailleurs qu’une conjonction harmonieuse de ces deux approches est particulièrement indiquée pour la description d’une langue éteinte, sans possibilité d’élicitation, telle que le tangoute. | ||||
| 347–351 | Alain LEMARÉCHAL et Lin XIAO | Errata et corrigenda ad Lemréchal et Xiao, « Chinois dōu », BSL CXV/1 | Indisponible | |
| vii–xlii | Procès-verbaux des séances de l'année 2020 |
| 1–40 | L'insoutenable légèreté du verbe être Pour un statut pleinement sémantique de la copule Jorge Juan VEGA Y VEGA Résumé |
| Dans ce travail, on observera la délicate dimension sémantique du verbe être. Souvent considéré comme une simple copule vide de sens, il a reçu peu d’attention exhaustive dans les études sur le lexique. Unité relationnelle, verbe support, voire non-verbe, ses fonctions essentielles seraient d’ordre syntactico-logique. Dans les dictionnaires de référence, il est communément présenté d’après ses diverses fonctions grammaticales (emploi absolu, copule, auxiliaire), plutôt que par rapport à de véritables acceptions de sens. À partir d’un repérage historique de cette conception, notre objectif est d’établir des bases linguistiques qui permettent de consolider le statut pleinement sémantique du verbe être. | |
| 41–75 | Étude des chaînes de référence en français Liens entre modélisation linguistique et analyse quantitative Frédéric LANDRAGIN Résumé |
| Une chaîne de référence – ou ensemble des expressions référentielles portant sur un même référent – est un objet linguistique dont l’étude et la modélisation impliquent de nombreuses facettes: exploration des types d’accès au référent, délimitation et typologie des expressions référentielles, typologie des chaînes elles-mêmes. Pour appréhender efficacement les chaînes dans un corpus, des outils de visualisation et des mesures quantitatives spécifiques sont requis. Cet article passe en revue les avancées de projets qui se sont succédé pendant une dizaine d’année, et présente un retour d’expérience sur les analyses quantitatives menées et leurs implications sur la modélisation linguistique. Ce travail suit un cycle pour lequel nous proposons un bilan et donnons des perspectives. | |
| 77–124 | Répondre aux interrogations totales 'Oui', 'non' et les autres stratégies du grec ancien Camille DENIZOT Résumé |
| Cet article propose un examen des différentes manières de répondre aux interrogations totales en grec ancien. En s’appuyant sur le corpus de Platon, on examine en particulier le sens de ναί [naí] « oui », le fonctionnement spécifique de la négation propositionnelle dans les réponses négatives, et le système des réponses dans l’interro-négation. Une prise en compte de la diachronie permet de montrer que le sens de ναί [naí] a évolué, passant d’une particule emphatique sensible à la polarité positive à une marque d’accord interpersonnel. Il est également nécessaire de prendre en compte les expressions du type « oui, par Zeus » / « non, par Zeus » (νή [nɛ́:] / μά [má]), qui sont des marqueurs dialogiques sensibles à la polarité et qui doivent être intégrés aux outils de réponse aux interrogations totales. Leur apparition progressive au cours de l’époque classique introduit de l’instabilité dans le système, ce dont témoigne la complexité de la collocation ναὶ μά [naí má]. | |
| 125–160 | Autour de la pseudo-coordination Réflexions comparatives sur le grec ancien et le latin Liana TRONCI Résumé |
| Cette étude porte sur deux types de constructions multi-verbales du grec ancien qui, malgré leurs différences syntaxiques, sont fonctionnellement équivalentes. Dans le premier type (construction pseudo-coordonnée), les deux verbes sont conjugués au même mode et liés par un coordonnant ou par l’asyndète; dans le second, le premier verbe est un participe. Nous analysons les propriétés sémantiques, syntaxiques et textuelles des deux types dans un corpus constitué des quatre Évangiles. Nous montrons que le contact avec l’hébreu biblique et l’araméen a joué un rôle dans la diffusion de ces constructions. L’analyse des traductions latines dans la Vulgate nous amène à proposer des considérations supplémentaires sur la syntaxe des deux langues. | |
| 161–190 | Participe conjoint et participe absolu en étrusque Jean HADAS-LEBEL Résumé |
| Tous les étruscologues sont aujourd’hui d’accord pour dire qu’aucune différence sémantique ne se laisse percevoir entre les participes en -as et les participes en -asa et que ces deux suffixes sont de simples allomorphes. Nous pensons au contraire qu’ils ne sont pas interchangeables et qu’il y a entre eux une nette distinction d’ordre morphosyntaxique: alors que le participe en -as s’emploie toujours comme épithète (= participe conjoint), le participe en -asa s’utilise exclusivement comme prédicat d’une construction absolue (= participe absolu). En outre, une étude approfondie des formes en -asa nous a permis de conclure non seulement qu’elles sont fondamentalement intransitives, mais aussi que lorsqu’elles sont issues de verbes transitifs, elles relèvent toujours de la voix passive. Inversement, il nous est apparu que le suffixe -as exprime majoritairement la voix active. | |
| 191–202 | Possessifs et définitude dans la langue norne et apports à la typologie des langues scandinaves Benjamin DUFOUR Résumé |
| La langue norne, dans son état attesté dans la Ballade d’Hildina (transmise en 1774), présente dans les expressions possessives différentes configurations, selon que le possessif soit antéposé ou postposé, et qu’il soit accompagné d’une marque de définitude ou non. Une analyse exhaustive des données fait apparaître que l’antéposition du possessif est marquée – on peut alors parler d’antéposition emphatique ou contrastive – trait partagé avec d’autres langues scandinaves anciennes ou modernes. La question de la définitude singularise néanmoins les données nornes: il apparaît en effet que ce qui s’apparente à un article défini ait une distribution sémantique, en servant régulièrement d’anaphorique, et non syntaxique, contrairement au norvégien par exemple. Ce trait va dans le sens d’un degré relativement faible de grammaticalisation de l’article défini. En supposant toutefois que la langue norne ait, comme les autres langues scandinaves, développé une catégorie syntaxique de determiner, les possessifs occuperaient seuls cette position syntaxique, indépendamment de leur place dans le groupe nominal: les possessifs de la langue norne entreraient ainsi dans une structure DG malgré la présence d’un article défini, qui peut alors être considéré ou bien comme une marque d’accord dans le cadre d’une double définitude, ou comme un élément sémantique sans rôle dans la définitude. | |
| 203–236 | The Tocharian Indefinite B ksa, A saṃ Syntax and Philology Timothée CHAMOT-ROOKE Résumé |
| The aim of this paper is to provide a comparative study of the use of the indefinite in both Tocharian languages (TB nom. ksa, Obl. kca; TA nom. saṃ, obl. caṃ), with special focus on word order. Most of Tocharian A occurrences are systematically compared to corresponding Tocharian B examples. Problematic cases in Tocharian A are re-examined from a philological perspective. This survey leads to identify several additional examples of the indefinite TA saṃ (oblique caṃ) which had not been distinguished so far from the homophonous demonstrative. Theoretical issues related to the syntactical analysis of Tocharian clitics are discussed too, in connection with data from other Indo-European languages. | |
| 237–279 | L'harmonie radicale dans les langues d'Afrique De la typologie phonologique à l'effet du déclencheur marqué Ivaylo BUROV Résumé |
| Cet article se propose d’examiner certains traits phonologiques et typologiques de l’harmonie radicale dans les langues africaines de la ceinture soudanique, lesquels permettent de la considérer comme un phénomène aréal relativement cohérent, indépendant d’autres phénomènes phonétiquement apparentés, mais typologiquement très différents, comme l’harmonie radicale des langues toungouses et mongoles ou l’harmonie de hauteur des langues bantoues. Ces traits concernent la spécificité du geste articulatoire à la base des harmonies [ATR], la directionnalité du processus assimilatoire, les voyelles neutres, le rapport entre la forme de l’inventaire vocalique et les propriétés générales du patron harmonique, etc. L’apport personnel majeur de cet article est de montrer que, tout en possédant ses propres caractéristiques originales, l’harmonie radicale des langues nigéro-congolaises et nilo-sahariennes s’inscrit dans un patron typologique plus général, celui de l’effet du déclencheur faible (ou marqué), qui est un universel phonologique commun à tous les types d’harmonie: vocalique, consonantique, vocalico-consonantique. Découlant de la nature même de l’harmonie vocalique, qui est foncièrement un processus de renforcement, cet effet connaît quatre manifestations différentes dans l’aire linguistique étudiée: premièrement, il détermine la propagation de la valeur marquée de [ATR] dans les systèmes dominants-récessifs; deuxièmement, il est à chercher dans la forte corrélation entre la présence de /ɪ, ʊ/, les voyelles les plus marquées phonétiquement du continuum de F1, et l’existence d’une harmonie radicale; troisièmement, en l’absence d’opposition phonologique entre /i, u/ et /ɪ, ʊ/, l’harmonie est limitée en principe aux seules voyelles moyennes, phonétiquement marquées relativement aux voyelles hautes et basses quant au paramètre de l’aperture; quatrièmement, dans plusieurs langues 1IU, il transparaît de l’inaptitude de /a/, dont la constriction du pharynx est hautement compatible avec son trait [–ATR] inhérent, à harmoniser des voyelles moyennes, cibles potentielles du processus assimilatoire. | |
| 281–326 | La catégorie égophorique dans les langues de l'Amdo (Tibet) Camille SIMON Résumé |
| Cet article propose une réflexion sur les traits sémantiques et pragmatiques qui définissent la catégorie grammaticale de l’égophorique, en s’appuyant principalement sur des données de langues tibétiques, et plus marginalement sur des données de langues en contact avec les dialectes tibétains de l’Amdo et qui ont développé cette catégorie sous l’influence des langues tibétiques. À travers ces données, nous montrons que l’égophorique articule deux dimensions liées aux notions d’implication personnelle dans l’évènement décrit et d’autorité épistémique sur l’information rapportée. Selon les langues, l’une ou l’autre de ces deux dimensions peut être prépondérante, ce qui explique des disparités en termes de distribution des morphèmes égophoriques entre les différentes langues. La prise en compte de ces deux dimensions permettrait donc de préciser la description typologique de l’égophorique, et serait un préalable nécessaire à toute comparaison inter-linguistique. | |
| 327–346 | Localiser en tangoute Entre continuums et bipartitions Mathieu BEAUDOUIN Résumé |
| Le tangoute possède des morphèmes postposés revêtant un sens spatial, qualifiés dans la littérature de « mots à sens spatial », de « postpositions », voire d’« auxiliaires ». La présente étude est la première à considérer ces morphèmes d’un point de vue indépendant et systémique. Si la bipartition de Kepping, que nous reprenons en la requalifiant, est valide au regard de certains critères, elle n’est pas la seule au regard d’autres; par ailleurs, elle n’est pas suffisante pour rendre compte de la variété des catégories, qui s’inscrivent au sein d’un continuum locatif tenant au degré de grammaticalisation de ses membres. En privilégiant successivement les grilles analytiques de la bipartition et du continuum, nous montrons par ailleurs qu’une conjonction harmonieuse de ces deux approches est particulièrement indiquée pour la description d’une langue éteinte, sans possibilité d’élicitation, telle que le tangoute. | |
| 347–351 | Errata et corrigenda ad Lemréchal et Xiao, « Chinois dōu », BSL CXV/1 Alain LEMARÉCHAL et Lin XIAO |