| Pages | Auteurs | Titre | Lien | Résumé |
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| vii–xxxiv | Procès-verbaux des séances de l'année 2019 | Indisponible | ||
| xxxv–xxxviii | Michèle OLIVIÉRI et Elisabetta CARPITELLI | Nécrologie Jean-Philippe Dalbera (1947-2019) |
Indisponible | |
| 1–59 | Ivaylo BUROV | Universaux du langage ou universaux linguistiques Le bilan de 60 ans de débat |
Résumé | |
| L’idée que toutes les langues sont construites sur les mêmes principes généraux et ont une base commune est très ancienne et remonte à la tradition des grammaires philosophiques ou générales, formulant des principes censés être valables pour toutes les langues, et s’inspirant largement des grammaires spéculatives médiévales (XIIe-XIIIe siècles). C’est ce même courant de pensée qui aboutira lentement à travers les siècles à l’hypothèse universaliste de la Grammaire générative. Or, la conception chomskyenne de la Grammaire universelle ne se cristallise que dans la seconde moitié des années 1960 comme une réaction contre l’approche typologique des universaux du langage, défendue par les participants au colloque de Dobbs Ferry (1961). En effet, le débat actuel autour de la question des universaux, dans toute son ampleur et avec tous ses enjeux épistémologiques, tire son essor essentiellement de ce colloque interdisciplinaire ayant rassemblé linguistes, anthropologues et psychologues, ainsi que des progrès de la typologie linguistique non holistique à partir des travaux de Joseph Greenberg. Le présent article fait un aperçu historique des idées et des philosophies qui ont préparé les deux approches diamétralement opposées, tout en essayant de montrer la supériorité de l’approche typologique et de faire le point sur l’état actuel des recherches sur les universaux. | ||||
| 61–102 | Anne-Gaëlle TOUTAIN | Une lecture de Gustave Guillaume L'aphasiologie de Gisèle Gelbert |
Résumé | |
| Cet article s’attache à une analyse épistémologique de l’aphasiologie de Gisèle Gelbert, qui présente l’intérêt, pour le linguiste, de faire figure de mise en oeuvre clinique de l’autonomie de la linguistique, et s’articule au postulat neurolinguistique de l’existence d’un « espace linguistique » à la matérialité neurologiquement attestable. Cette analyse fait apparaître l’inconsistance d’une telle autonomie, liée à l’absence de définition et de construction théorique du langage. Elle montre ensuite qu’en conséquence, la théorie gelbertienne des troubles de type aphasique se caractérise par son empirisme et sa problématique religieuse, en quoi elle rejoint la neurobiologie contemporaine du langage, à laquelle elle se réfère dans une circularité caractéristique de toute neurolinguistique élaborée sans rupture avec la définition commune du langage. | ||||
| 103–140 | Leïla BEN HAMAD | Qu'est-ce qu'une construction? Un état de la question |
Résumé | |
| Par un fait d’histoire aussi remarquable que singulier, la notion de construction renvoie à une grande diversité de perspectives dont il est souvent délicat de démêler les filiations. L’objectif du présent article est de faire le point sur cette notion, qui reste énigmatique malgré les fortunes diverses qu’elle a connues, et ainsi de renseigner sur l’état présent des connaissances en la matière. On revient d’abord sur la tradition grammaticale issue de l’Antiquité. On observe ensuite un ensemble de réflexions sur la notion dans le cadre de la grammaticalisation. Puis, on évoque le débat autour du concept forgé par les Grammaires de construction ainsi que les problématiques qui en découlent. Suit enfin une présentation de l’apport des Grammaires de Construction diachronique, et notamment de la théorie dite de la constructionalisation. | ||||
| 141–166 | Alexis MICHAUD, Oliver ADAMS, Christopher COX, Séverine GUILLAUME, Guillaume WISNIEWSKI et Benjamin GALLIOT | La transcription du linguiste au miroir de l'intelligence artificielle Réflexions à partir de la transcription phonémique automatique |
Résumé | |
| Les systèmes de reconnaissance automatique de la parole atteignent désormais des degrés de précision élevés sur la base d’un corpus d’entraînement limité à deux ou trois heures d’enregistrements transcrits (pour un système mono-locuteur), au lieu de dizaines d’heures pour les outils antérieurs. Au-delà de l’intérêt pratique que présentent ces avancées technologiques pour les tâches de documentation linguistique, se pose la question de leur apport pour la réflexion du linguiste. En effet, le logiciel réalise son entraînement sur la base de transcriptions fournies en entrée par le linguiste, transcriptions qui reposent sur un ensemble d’hypothèses plus ou moins élaborées, et plus ou moins explicites. Le modèle acoustique, décalqué (par des méthodes statistiques) de l’écrit du linguiste, peut-il être interrogé par ce dernier, en un jeu de miroir? Que peut nous apprendre la confrontation ainsi renouvelée avec le signal acoustique? La présente étude s’appuie sur des exemples de langue na (famille sino-tibétaine) pour illustrer la façon dont l’analyse d’erreurs permet une confrontation renouvelée avec les données. Quelques réflexions au sujet d’expériences de transcription automatique de la langue tsuut’ina (famille dene) sont également présentées. | ||||
| 167–190 | Paulo DE CARVALHO | Le nombre recadré « Pluriel lexical », « pluriel interne » ou ... « contre-pluriel »? |
Résumé | |
| Critique et réfutation du concept de « pluriel lexical » (P. Acquaviva), qui vise à rendre compte des emplois non canoniques, autrement dit « a-numériques », ou « non dénombrables », du pluriel grammatical – p. ex. fr. épinards ∞ rillettes ∞ nouilles, présenter ses amitiés ∞ hommages ∞ condoléances, notre Père qui es aux cieux, angl. My little brother is the brains of the family ∞ he is in his eighties, ptg. meus pais « mes père et mère, mes parents », lat. ntr. pl. fata « le cours fatal des choses » – en les soustrayant à la grammaire pour les livrer à l’arbitraire de la « compétence lexicale » du locuteur. À l’encontre de cette solution de facilité on montrera: (I). qu’à l’encontre d’une tradition jamais remise en cause le concept logique de « nombre » n’est pas le principe fondateur de l’existence, dans un très grand nombre de langues, de l’opposition grammaticale « singulier » vs « pluriel »; il en serait plutôt la conséquence; (II). que ce principe n’est pas davantage dans la réalité des choses, soit dans le contraste, censément naturel, « entités massives, continues » (mass nouns) vs « entités dénombrables, comptables » (count nouns); (III). que ledit principe est proprement linguistique, et qu’il réside dans le rapport entre la « Personne locutive », principe et premier moteur de l’activité langagière, et son univers d’expérience, où elle est habile à discerner, à construire et à nommer, en fonction de ce qu’elle se voit être elle-même, des « personnes délocutées », (IV). et enfin, par voie de conséquence, que le concept de « pluriel lexical » est rigoureusement sans objet, les divers emplois du « pluriel » grammatical dont il cherche à rendre compte se laissant aisément expliquer comme des cas d’emploi, aussi banals que n’importe quel emploi « numérique », d’une « grammaire du nombre », dûment reconfigurée, avec Damourette et Pichon, en « grammaire de la quantitude ». | ||||
| 191–239 | Felicia LOGOZZO et Liana TRONCI | Les constructions à verbe εἶναι « être » et participe présent Status quaestionis et nouvelles propositions |
Résumé | |
| Cet article porte sur les constructions en grec ancien formées de deux verbes, à savoir le verbe εἶναι « être » et le participe présent d’un autre verbe. Ces tournures sont généralement analysées comme périphrases verbales à valeur progressive, au même titre que l’anglais be going to, le français être en train de, etc. De ce point de vue morpho-syntaxique, les deux éléments se réduisent à une même unité verbale. Dans cette étude, en revanche, nous les considérons comme des marqueurs de certains types de constructions syntaxiques, à savoir les constructions thétiques ou clivées. L’analyse s’appuie sur le corpus constitué de toutes les occurrences de ces constructions dans le Nouveau Testament. | ||||
| 241–251 | Dominique BRIQUEL et Françoise BRIQUEL-CHATONNET | Quand un mot grec est révélé par le latin et le syriaque κατάδρομον |
Résumé | |
| Un substantif grec κατάδρομος semble avoir existé, mais il n’est jamais attesté dans la littérature grecque, classique ou tardive. Son seul emploi mentionné dans les dictionnaires est en latin, dans la Vie de Néron de Suétone, où il semble désigner une corde de funambule. Il s’avère que le mot est également attesté en syriaque, également dans un contexte de jeux dans des textes historiographiques (Chronique du Pseudo-Dioclès et Chronique de Malalas) et avec un sens différent dans la Caverne des Trésors, à propos de l’expulsion d’Adam et Eve du paradis. | ||||
| 253–297 | Sophie MINON | Le projet LGPN-Ling Analyse étymologique et sémantique des anthroponymes grecs antiques |
Résumé | |
| Est ici présenté le projet collaboratif LGPN-Ling d’analyse étymologique et sémantique des anthroponymes grecs antiques adossé au projet du Lexicon of Greek Personal Names d’Oxford qui consiste lui-même en l’élaboration, depuis les années 1980, du répertoire prosopographique de tous les individus porteurs de noms grecs, connus (principalement) par les inscriptions de l’ensemble du monde grec, du début de l’époque alphabétique à l’époque byzantine: environ 400000 individus identifiés, porteurs d’environ 35000 noms, aujourd’hui réunis dans huit dictionnaires organisés géographiquement (1987-2018). Notre objectif est d’offrir dans LGPN-Ling l’analyse la plus complète possible du sémantisme de chacun des anthroponymes de ce très large corpus, en allant jusqu’à reconstituer, le cas échéant, pour l’individu, les motivations qui ont pu le faire ainsi dénommer. D’une manière générale, trois raisons principales, parfois plus ou moins corrélées – sans qu’il soit possible à ce stade d’en préjuger les proportions respectives –, fondent le choix de l’idionyme: sens étymologique, d’une part, et représentations culturelles et idéologiques véhiculées par les noms propres de tous les champs de l’onomastique, d’autre part, qui sont elles-mêmes fonction des différents cercles d’appartenance de l’individu, du plus éloigné, au plus proche, le cercle familial – qui pouvait, quant à lui, le lui imposer au motif de la transmission patrimoniale. Il s’agit, dans ce cadre, d’explorer, à partir du lexique, avec lequel l’anthroponymie est en relation d’imbrication, la part plus nettement dénotative de la signification du nom et, en corrélation avec les données disponibles au-delà du seul champ linguistique, qu’elles soient prosopographiques ou relevant des autres champs de l’onomastique, c’est-à-dire géo-historiques et socioculturelles, la part plus proprement connotative de son sémantisme. Plusieurs études de cas viennent illustrer le propos: celle du nom de femme Arsinoè, qui illustre la mutabilité des significations en fonction des porteurs du nom; celle des noms Akestokypros, Lysainetè, Pheidippidès et Euarchippos, qui est l’occasion d’une réflexion critique sur les prétendus ‘composés irrationnels’ – en fait, des ‘recombinaisons’ –, et sur le recours parfois abusif au classement dans cette catégorie. Est présenté pour finir le protocole d’analyse du projet LGPN-Ling à partir de l’exemple du surcomposé Theudagoras. | ||||
| 299–320 | Pietro Umberto DINI | Conjectures à propos du vieux prussien < grēiwakaulin > Entre philologie et linguistique |
Résumé | |
| Dans cet article on propose une interprétation nouvelle du mot v. pr. < grē̆iwakaulin > correspondant à l’allemand Rippe « côte », qui se rencontre deux fois dans l’Enchiridion vieux prussien et précisément dans une citation de la Genèse (2.21-23). L’analyse développée se fonde sur une comparaison philologique, linguistique et herméneutique qui considère non seulement les données du vieux prussien et des autres langues baltiques, mais aussi celles des autres langues anciennes et modernes. S’éloignant de ce qui est traditionnellement accepté, l’auteur rapproche le mot en question du v. pr. grauwus « côté; latus corporis » et évalue la possibilité qu’il s’agisse d’un calque de l’allemand. | ||||
| 321–390 | Romain GARNIER et Georges-Jean PINAULT | De quelques formations d'infinitifs en indo-européen | Résumé | |
| La présente contribution se propose de revenir sur la genèse du type de véd. -dhyai (av. -diiāi), que la communis opinio se figure comme un cognat du morphème d’infinitif médio-passif gr. -σθαι, bien que tout le détail en diffère et que la phonétique s’y oppose absolument. Le type d’hom. φέρεσθαι « pour emporter » (chez soi) ou « pour être emporté » (par les vents) représente l’adaptation d’un plus ancien *φέρεσ-θι « pour emporter », recaractérisé par la finale adverbiale -αι du type χαμαί « à terre » qui est l’avatar d’un ancien directif/allatif *dʰgʰ-m-éh2 « en direction de la terre » recaractérisé par la désinence *-i de locatif. La grammaticalisation en médio-passif s’est opérée par focalisation sur l’objet (« ceci est à faire » = « à être fait ») ou sur le causataire (« je te confie ceci à faire »). C’est de façon circulaire qu’on admet un étymon *-dʰieh2-ei [dat. sg.] pour rendre compte de véd. -dhyai, dont le parèdre *-dʰieh2-i [loc. sg.] n’est mécaniquement posé qu’afin de conserver l’équation impossible avec gr. -σθαι. L’abandon de cette comparaison ruineuse permet de voir dans le véd. -dhyai (av. -diiāi) le reflet d’indo-ir. *-dʰiā (< *-dʰieh1) recaractérisé par une finale de datif *-ai empruntée aux autres types d’infinitifs. Le type d’osque sakrafír requiert aussi une finale *-dʰieh1, dont le tokharien commun *-tsi offre une variante remaniée en pseudo-datif (post-i.-e. *-dʰiei). L’examen des faits védiques conduit à la conclusion que la formation du type śayádhyai « pour gésir » repose sur l’univerbation d’un ancien injonctif volitif ou déontique *kei-h2e « je dois gésir », *kei-o « qu’il gise » suivi d’un morphème *dʰieh1 avec univerbation. Les faits italiques s’accordent avec cette reconstruction, ainsi que les données tokhariennes. Le tour hitt. uualḫuuanzi dāi- « il se dispose à attaquer » (formé sur dāi- « (se) placer » < *dʰéh1-i-, présent de la conjugaison en -ḫi) fournit la clef de ce morphème agglutiné, qui est en propre l’instrumental du néo-nom-racine *dʰíh1- formé sur le degré zéro du thème de présent *dʰéh1-i-, et qui se prolonge dans le véd. dhī- [fém.] « dessein, projet ». Par permutation des catégories nominales et verbales, le morphème véd. -dhyai, avec ses comparanda en sabellique et tokharien, offre le contrepoint du tour hittite. | ||||
| 391–465 | Olivier BONDÉELLE et Sylvain KAHANE | Les particules verbales du wolof et leur combinatoire syntaxique et topologique | Résumé | |
| Dans cet article, nous abordons l’étude des particules verbales du wolof en nous plaçant résolument dans une approche distributionnelle basée sur l’étude exhaustive d’un corpus annoté en syntaxe de dépendance par Dione. Ceci nous permet de réviser les travaux antérieurs en distinguant nettement, parmi les particules verbales, un groupe de 6 particules (a, la, na, da, -u, ngi), que nous appellerons les particules assertives. Les constructions dans lesquelles entrent ces particules se caractérisent par une distribution commune (impossibilité d’être dans les subordonnées relatives et obligation d’être dans certaines complétives) et par une structure topologique commune caractérisée par la position de la particule assertive, des clitiques compléments et de l’auxiliaire imperfectif di. Nous proposons une description complète de la combinatoire de l’ensemble des particules verbales, ainsi que l’ensemble des schémas topologiques des constructions prédicatives du wolof. | ||||
| 467–501 | Alain LEMARÉCHAL et Lin XIAO | Chinois dōu | Résumé | |
| Le chinois dōu « tout » a, dans les dernières décennies, fait couler beaucoup d’encre; on a voulu y voir un « quantificateur flottant », assez curieusement puisque dōu n’en a aucune des caractéristiques, et qu’entre autres, il occupe une position strictement fixe dans la séquence, à condition de calculer celle-ci à partir du prédicat. Par ailleurs, dōu est presque invariablement considéré comme un adverbe modifiant le prédicat qui le suit. Nous proposons d’en faire un pronom. Une des caractéristiques de dōu qui ont le plus attiré l’attention est que l’entité ou l’ensemble d’entités dont il exprime la quantification ne puissent être mentionnés qu’avant lui, dōu ne porte jamais sur ce qui le suit. Il peut renvoyer au sujet, ou à l’objet à condition que celui-ci soit topicalisé. Il y a de bonnes raisons de penser que le constituant auquel renvoie dōu et qui lui est antéposé dans la même phrase est toujours un élément topicalisé quelle que soit la fonction de cet élément, sujet, objet ou circonstant. Nous proposons de faire de dōu un « pronom de rappel » (« résomptif ») qui reprend, dans la partie focale du noyau propositionnel, un constituant détaché dans la partie topicale de la phrase. L’apparente « déplaçabilité » de dōu dans les phrases mettant en oeuvre la « construction de l’objet antéposé avec bă » (< S + bă + O + V >) ou bien « le passif périphrastique en bèi » (< Patient + bèi + Agent + V >) est un leurre. Pour peu qu’on adopte les analyses que nous avons proposées dans le BSL 112/1 (2017), qui font de bă et de bèi des verbes qui, bien que grammaticalisés, ont gardé une partie de leur statut de verbes, on rendra compte, sans détours inutiles, de la position de dōu, avant vs après bă, avant vs après bèi: dōu occupe la même position que dans ses autres emplois: devant le prédicat – en l’occurrence devant bă, devant bèi, ou devant le verbe plein –, et renvoie ici au sujet de ces prédicats. Nous aborderons ensuite deux autres emplois de dōu, où l’on a quelque difficulté à reconnaître un « tout »: 1) son emploi dans lián X dōu (avec lián « inclure, inclus » > « même ») et X dōu (sans lián), et 2) un emploi dit « modal » (« énonciatif » serait préférable), où dōu est, à la différence de tous ces autres emplois, inaccentué, type de phénomènes auxquels des auteurs pourtant déjà anciens comme Chao et Alleton portaient souvent meilleure attention que les linguistes d’aujourd’hui: dōu fonctionne ici comme un « c’est tout » prédiqué de l’énonciation. Nous traiterons ces deux emplois en termes de « constructions compactées ». En appendice, nous reviendrons sur l’origine de dōu: un verbe « (se) rassembler » qui passe à une valeur « pris dans son ensemble, tout » moyennant un changement de structures syntaxique et énonciative. | ||||
| 503–511 | Guillaume JACQUES | Le passage de la prénasalisation à la préaspiration en algonquien | Résumé | |
| Cet article discute du destin des groupes internes du proto-algonquien ayant une nasale homorganique comme premier élément en cri et en menomini, où ils deviennent préaspirés. Il est suggéré que la préaspiration provient d’un stade intermédiaire comme consonne géminée, et non d’une nasale sourde comme l’avait proposé Hockett. | ||||
| 513–514 | Peter NAHON | Un mot de Renan sur la linguistique française | Indisponible | |
| vii–xxxiv | Procès-verbaux des séances de l'année 2019 |
| xxxv–xxxviii | Nécrologie Jean-Philippe Dalbera (1947-2019) Michèle OLIVIÉRI et Elisabetta CARPITELLI |
| 1–59 | Universaux du langage ou universaux linguistiques Le bilan de 60 ans de débat Ivaylo BUROV Résumé |
| L’idée que toutes les langues sont construites sur les mêmes principes généraux et ont une base commune est très ancienne et remonte à la tradition des grammaires philosophiques ou générales, formulant des principes censés être valables pour toutes les langues, et s’inspirant largement des grammaires spéculatives médiévales (XIIe-XIIIe siècles). C’est ce même courant de pensée qui aboutira lentement à travers les siècles à l’hypothèse universaliste de la Grammaire générative. Or, la conception chomskyenne de la Grammaire universelle ne se cristallise que dans la seconde moitié des années 1960 comme une réaction contre l’approche typologique des universaux du langage, défendue par les participants au colloque de Dobbs Ferry (1961). En effet, le débat actuel autour de la question des universaux, dans toute son ampleur et avec tous ses enjeux épistémologiques, tire son essor essentiellement de ce colloque interdisciplinaire ayant rassemblé linguistes, anthropologues et psychologues, ainsi que des progrès de la typologie linguistique non holistique à partir des travaux de Joseph Greenberg. Le présent article fait un aperçu historique des idées et des philosophies qui ont préparé les deux approches diamétralement opposées, tout en essayant de montrer la supériorité de l’approche typologique et de faire le point sur l’état actuel des recherches sur les universaux. | |
| 61–102 | Une lecture de Gustave Guillaume L'aphasiologie de Gisèle Gelbert Anne-Gaëlle TOUTAIN Résumé |
| Cet article s’attache à une analyse épistémologique de l’aphasiologie de Gisèle Gelbert, qui présente l’intérêt, pour le linguiste, de faire figure de mise en oeuvre clinique de l’autonomie de la linguistique, et s’articule au postulat neurolinguistique de l’existence d’un « espace linguistique » à la matérialité neurologiquement attestable. Cette analyse fait apparaître l’inconsistance d’une telle autonomie, liée à l’absence de définition et de construction théorique du langage. Elle montre ensuite qu’en conséquence, la théorie gelbertienne des troubles de type aphasique se caractérise par son empirisme et sa problématique religieuse, en quoi elle rejoint la neurobiologie contemporaine du langage, à laquelle elle se réfère dans une circularité caractéristique de toute neurolinguistique élaborée sans rupture avec la définition commune du langage. | |
| 103–140 | Qu'est-ce qu'une construction? Un état de la question Leïla BEN HAMAD Résumé |
| Par un fait d’histoire aussi remarquable que singulier, la notion de construction renvoie à une grande diversité de perspectives dont il est souvent délicat de démêler les filiations. L’objectif du présent article est de faire le point sur cette notion, qui reste énigmatique malgré les fortunes diverses qu’elle a connues, et ainsi de renseigner sur l’état présent des connaissances en la matière. On revient d’abord sur la tradition grammaticale issue de l’Antiquité. On observe ensuite un ensemble de réflexions sur la notion dans le cadre de la grammaticalisation. Puis, on évoque le débat autour du concept forgé par les Grammaires de construction ainsi que les problématiques qui en découlent. Suit enfin une présentation de l’apport des Grammaires de Construction diachronique, et notamment de la théorie dite de la constructionalisation. | |
| 141–166 | La transcription du linguiste au miroir de l'intelligence artificielle Réflexions à partir de la transcription phonémique automatique Alexis MICHAUD, Oliver ADAMS, Christopher COX, Séverine GUILLAUME, Guillaume WISNIEWSKI et Benjamin GALLIOT Résumé |
| Les systèmes de reconnaissance automatique de la parole atteignent désormais des degrés de précision élevés sur la base d’un corpus d’entraînement limité à deux ou trois heures d’enregistrements transcrits (pour un système mono-locuteur), au lieu de dizaines d’heures pour les outils antérieurs. Au-delà de l’intérêt pratique que présentent ces avancées technologiques pour les tâches de documentation linguistique, se pose la question de leur apport pour la réflexion du linguiste. En effet, le logiciel réalise son entraînement sur la base de transcriptions fournies en entrée par le linguiste, transcriptions qui reposent sur un ensemble d’hypothèses plus ou moins élaborées, et plus ou moins explicites. Le modèle acoustique, décalqué (par des méthodes statistiques) de l’écrit du linguiste, peut-il être interrogé par ce dernier, en un jeu de miroir? Que peut nous apprendre la confrontation ainsi renouvelée avec le signal acoustique? La présente étude s’appuie sur des exemples de langue na (famille sino-tibétaine) pour illustrer la façon dont l’analyse d’erreurs permet une confrontation renouvelée avec les données. Quelques réflexions au sujet d’expériences de transcription automatique de la langue tsuut’ina (famille dene) sont également présentées. | |
| 167–190 | Le nombre recadré « Pluriel lexical », « pluriel interne » ou ... « contre-pluriel »? Paulo DE CARVALHO Résumé |
| Critique et réfutation du concept de « pluriel lexical » (P. Acquaviva), qui vise à rendre compte des emplois non canoniques, autrement dit « a-numériques », ou « non dénombrables », du pluriel grammatical – p. ex. fr. épinards ∞ rillettes ∞ nouilles, présenter ses amitiés ∞ hommages ∞ condoléances, notre Père qui es aux cieux, angl. My little brother is the brains of the family ∞ he is in his eighties, ptg. meus pais « mes père et mère, mes parents », lat. ntr. pl. fata « le cours fatal des choses » – en les soustrayant à la grammaire pour les livrer à l’arbitraire de la « compétence lexicale » du locuteur. À l’encontre de cette solution de facilité on montrera: (I). qu’à l’encontre d’une tradition jamais remise en cause le concept logique de « nombre » n’est pas le principe fondateur de l’existence, dans un très grand nombre de langues, de l’opposition grammaticale « singulier » vs « pluriel »; il en serait plutôt la conséquence; (II). que ce principe n’est pas davantage dans la réalité des choses, soit dans le contraste, censément naturel, « entités massives, continues » (mass nouns) vs « entités dénombrables, comptables » (count nouns); (III). que ledit principe est proprement linguistique, et qu’il réside dans le rapport entre la « Personne locutive », principe et premier moteur de l’activité langagière, et son univers d’expérience, où elle est habile à discerner, à construire et à nommer, en fonction de ce qu’elle se voit être elle-même, des « personnes délocutées », (IV). et enfin, par voie de conséquence, que le concept de « pluriel lexical » est rigoureusement sans objet, les divers emplois du « pluriel » grammatical dont il cherche à rendre compte se laissant aisément expliquer comme des cas d’emploi, aussi banals que n’importe quel emploi « numérique », d’une « grammaire du nombre », dûment reconfigurée, avec Damourette et Pichon, en « grammaire de la quantitude ». | |
| 191–239 | Les constructions à verbe εἶναι « être » et participe présent Status quaestionis et nouvelles propositions Felicia LOGOZZO et Liana TRONCI Résumé |
| Cet article porte sur les constructions en grec ancien formées de deux verbes, à savoir le verbe εἶναι « être » et le participe présent d’un autre verbe. Ces tournures sont généralement analysées comme périphrases verbales à valeur progressive, au même titre que l’anglais be going to, le français être en train de, etc. De ce point de vue morpho-syntaxique, les deux éléments se réduisent à une même unité verbale. Dans cette étude, en revanche, nous les considérons comme des marqueurs de certains types de constructions syntaxiques, à savoir les constructions thétiques ou clivées. L’analyse s’appuie sur le corpus constitué de toutes les occurrences de ces constructions dans le Nouveau Testament. | |
| 241–251 | Quand un mot grec est révélé par le latin et le syriaque κατάδρομον Dominique BRIQUEL et Françoise BRIQUEL-CHATONNET Résumé |
| Un substantif grec κατάδρομος semble avoir existé, mais il n’est jamais attesté dans la littérature grecque, classique ou tardive. Son seul emploi mentionné dans les dictionnaires est en latin, dans la Vie de Néron de Suétone, où il semble désigner une corde de funambule. Il s’avère que le mot est également attesté en syriaque, également dans un contexte de jeux dans des textes historiographiques (Chronique du Pseudo-Dioclès et Chronique de Malalas) et avec un sens différent dans la Caverne des Trésors, à propos de l’expulsion d’Adam et Eve du paradis. | |
| 253–297 | Le projet LGPN-Ling Analyse étymologique et sémantique des anthroponymes grecs antiques Sophie MINON Résumé |
| Est ici présenté le projet collaboratif LGPN-Ling d’analyse étymologique et sémantique des anthroponymes grecs antiques adossé au projet du Lexicon of Greek Personal Names d’Oxford qui consiste lui-même en l’élaboration, depuis les années 1980, du répertoire prosopographique de tous les individus porteurs de noms grecs, connus (principalement) par les inscriptions de l’ensemble du monde grec, du début de l’époque alphabétique à l’époque byzantine: environ 400000 individus identifiés, porteurs d’environ 35000 noms, aujourd’hui réunis dans huit dictionnaires organisés géographiquement (1987-2018). Notre objectif est d’offrir dans LGPN-Ling l’analyse la plus complète possible du sémantisme de chacun des anthroponymes de ce très large corpus, en allant jusqu’à reconstituer, le cas échéant, pour l’individu, les motivations qui ont pu le faire ainsi dénommer. D’une manière générale, trois raisons principales, parfois plus ou moins corrélées – sans qu’il soit possible à ce stade d’en préjuger les proportions respectives –, fondent le choix de l’idionyme: sens étymologique, d’une part, et représentations culturelles et idéologiques véhiculées par les noms propres de tous les champs de l’onomastique, d’autre part, qui sont elles-mêmes fonction des différents cercles d’appartenance de l’individu, du plus éloigné, au plus proche, le cercle familial – qui pouvait, quant à lui, le lui imposer au motif de la transmission patrimoniale. Il s’agit, dans ce cadre, d’explorer, à partir du lexique, avec lequel l’anthroponymie est en relation d’imbrication, la part plus nettement dénotative de la signification du nom et, en corrélation avec les données disponibles au-delà du seul champ linguistique, qu’elles soient prosopographiques ou relevant des autres champs de l’onomastique, c’est-à-dire géo-historiques et socioculturelles, la part plus proprement connotative de son sémantisme. Plusieurs études de cas viennent illustrer le propos: celle du nom de femme Arsinoè, qui illustre la mutabilité des significations en fonction des porteurs du nom; celle des noms Akestokypros, Lysainetè, Pheidippidès et Euarchippos, qui est l’occasion d’une réflexion critique sur les prétendus ‘composés irrationnels’ – en fait, des ‘recombinaisons’ –, et sur le recours parfois abusif au classement dans cette catégorie. Est présenté pour finir le protocole d’analyse du projet LGPN-Ling à partir de l’exemple du surcomposé Theudagoras. | |
| 299–320 | Conjectures à propos du vieux prussien < grēiwakaulin > Entre philologie et linguistique Pietro Umberto DINI Résumé |
| Dans cet article on propose une interprétation nouvelle du mot v. pr. < grē̆iwakaulin > correspondant à l’allemand Rippe « côte », qui se rencontre deux fois dans l’Enchiridion vieux prussien et précisément dans une citation de la Genèse (2.21-23). L’analyse développée se fonde sur une comparaison philologique, linguistique et herméneutique qui considère non seulement les données du vieux prussien et des autres langues baltiques, mais aussi celles des autres langues anciennes et modernes. S’éloignant de ce qui est traditionnellement accepté, l’auteur rapproche le mot en question du v. pr. grauwus « côté; latus corporis » et évalue la possibilité qu’il s’agisse d’un calque de l’allemand. | |
| 321–390 | De quelques formations d'infinitifs en indo-européen Romain GARNIER et Georges-Jean PINAULT Résumé |
| La présente contribution se propose de revenir sur la genèse du type de véd. -dhyai (av. -diiāi), que la communis opinio se figure comme un cognat du morphème d’infinitif médio-passif gr. -σθαι, bien que tout le détail en diffère et que la phonétique s’y oppose absolument. Le type d’hom. φέρεσθαι « pour emporter » (chez soi) ou « pour être emporté » (par les vents) représente l’adaptation d’un plus ancien *φέρεσ-θι « pour emporter », recaractérisé par la finale adverbiale -αι du type χαμαί « à terre » qui est l’avatar d’un ancien directif/allatif *dʰgʰ-m-éh2 « en direction de la terre » recaractérisé par la désinence *-i de locatif. La grammaticalisation en médio-passif s’est opérée par focalisation sur l’objet (« ceci est à faire » = « à être fait ») ou sur le causataire (« je te confie ceci à faire »). C’est de façon circulaire qu’on admet un étymon *-dʰieh2-ei [dat. sg.] pour rendre compte de véd. -dhyai, dont le parèdre *-dʰieh2-i [loc. sg.] n’est mécaniquement posé qu’afin de conserver l’équation impossible avec gr. -σθαι. L’abandon de cette comparaison ruineuse permet de voir dans le véd. -dhyai (av. -diiāi) le reflet d’indo-ir. *-dʰiā (< *-dʰieh1) recaractérisé par une finale de datif *-ai empruntée aux autres types d’infinitifs. Le type d’osque sakrafír requiert aussi une finale *-dʰieh1, dont le tokharien commun *-tsi offre une variante remaniée en pseudo-datif (post-i.-e. *-dʰiei). L’examen des faits védiques conduit à la conclusion que la formation du type śayádhyai « pour gésir » repose sur l’univerbation d’un ancien injonctif volitif ou déontique *kei-h2e « je dois gésir », *kei-o « qu’il gise » suivi d’un morphème *dʰieh1 avec univerbation. Les faits italiques s’accordent avec cette reconstruction, ainsi que les données tokhariennes. Le tour hitt. uualḫuuanzi dāi- « il se dispose à attaquer » (formé sur dāi- « (se) placer » < *dʰéh1-i-, présent de la conjugaison en -ḫi) fournit la clef de ce morphème agglutiné, qui est en propre l’instrumental du néo-nom-racine *dʰíh1- formé sur le degré zéro du thème de présent *dʰéh1-i-, et qui se prolonge dans le véd. dhī- [fém.] « dessein, projet ». Par permutation des catégories nominales et verbales, le morphème véd. -dhyai, avec ses comparanda en sabellique et tokharien, offre le contrepoint du tour hittite. | |
| 391–465 | Les particules verbales du wolof et leur combinatoire syntaxique et topologique Olivier BONDÉELLE et Sylvain KAHANE Résumé |
| Dans cet article, nous abordons l’étude des particules verbales du wolof en nous plaçant résolument dans une approche distributionnelle basée sur l’étude exhaustive d’un corpus annoté en syntaxe de dépendance par Dione. Ceci nous permet de réviser les travaux antérieurs en distinguant nettement, parmi les particules verbales, un groupe de 6 particules (a, la, na, da, -u, ngi), que nous appellerons les particules assertives. Les constructions dans lesquelles entrent ces particules se caractérisent par une distribution commune (impossibilité d’être dans les subordonnées relatives et obligation d’être dans certaines complétives) et par une structure topologique commune caractérisée par la position de la particule assertive, des clitiques compléments et de l’auxiliaire imperfectif di. Nous proposons une description complète de la combinatoire de l’ensemble des particules verbales, ainsi que l’ensemble des schémas topologiques des constructions prédicatives du wolof. | |
| 467–501 | Chinois dōu Alain LEMARÉCHAL et Lin XIAO Résumé |
| Le chinois dōu « tout » a, dans les dernières décennies, fait couler beaucoup d’encre; on a voulu y voir un « quantificateur flottant », assez curieusement puisque dōu n’en a aucune des caractéristiques, et qu’entre autres, il occupe une position strictement fixe dans la séquence, à condition de calculer celle-ci à partir du prédicat. Par ailleurs, dōu est presque invariablement considéré comme un adverbe modifiant le prédicat qui le suit. Nous proposons d’en faire un pronom. Une des caractéristiques de dōu qui ont le plus attiré l’attention est que l’entité ou l’ensemble d’entités dont il exprime la quantification ne puissent être mentionnés qu’avant lui, dōu ne porte jamais sur ce qui le suit. Il peut renvoyer au sujet, ou à l’objet à condition que celui-ci soit topicalisé. Il y a de bonnes raisons de penser que le constituant auquel renvoie dōu et qui lui est antéposé dans la même phrase est toujours un élément topicalisé quelle que soit la fonction de cet élément, sujet, objet ou circonstant. Nous proposons de faire de dōu un « pronom de rappel » (« résomptif ») qui reprend, dans la partie focale du noyau propositionnel, un constituant détaché dans la partie topicale de la phrase. L’apparente « déplaçabilité » de dōu dans les phrases mettant en oeuvre la « construction de l’objet antéposé avec bă » (< S + bă + O + V >) ou bien « le passif périphrastique en bèi » (< Patient + bèi + Agent + V >) est un leurre. Pour peu qu’on adopte les analyses que nous avons proposées dans le BSL 112/1 (2017), qui font de bă et de bèi des verbes qui, bien que grammaticalisés, ont gardé une partie de leur statut de verbes, on rendra compte, sans détours inutiles, de la position de dōu, avant vs après bă, avant vs après bèi: dōu occupe la même position que dans ses autres emplois: devant le prédicat – en l’occurrence devant bă, devant bèi, ou devant le verbe plein –, et renvoie ici au sujet de ces prédicats. Nous aborderons ensuite deux autres emplois de dōu, où l’on a quelque difficulté à reconnaître un « tout »: 1) son emploi dans lián X dōu (avec lián « inclure, inclus » > « même ») et X dōu (sans lián), et 2) un emploi dit « modal » (« énonciatif » serait préférable), où dōu est, à la différence de tous ces autres emplois, inaccentué, type de phénomènes auxquels des auteurs pourtant déjà anciens comme Chao et Alleton portaient souvent meilleure attention que les linguistes d’aujourd’hui: dōu fonctionne ici comme un « c’est tout » prédiqué de l’énonciation. Nous traiterons ces deux emplois en termes de « constructions compactées ». En appendice, nous reviendrons sur l’origine de dōu: un verbe « (se) rassembler » qui passe à une valeur « pris dans son ensemble, tout » moyennant un changement de structures syntaxique et énonciative. | |
| 503–511 | Le passage de la prénasalisation à la préaspiration en algonquien Guillaume JACQUES Résumé |
| Cet article discute du destin des groupes internes du proto-algonquien ayant une nasale homorganique comme premier élément en cri et en menomini, où ils deviennent préaspirés. Il est suggéré que la préaspiration provient d’un stade intermédiaire comme consonne géminée, et non d’une nasale sourde comme l’avait proposé Hockett. | |
| 513–514 | Un mot de Renan sur la linguistique française Peter NAHON |