| Pages | Auteurs | Titre | Lien | Résumé |
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| vii–xxv | Procès-verbaux des séances de l'année 2017 | Indisponible | ||
| 1–26 | Jacques FRANÇOIS | Quelque chose d'indéfini La catégorisation en chantier |
Résumé | |
| La catégorisation est l’opération qui permet à l’espèce humaine de donner sens au monde environnant. Selon la phénoménologie de Husserl et Merleau-Ponty, la conscience « catégorielle » s’organise sur le substrat de la conscience « antéprédicative ». Si l’activité de catégorisation profite de l’organisation sémantique du lexique (les opérations prédicatives) et de la syntaxe (les opérations discursives et énonciatives), elle est cependant déjà présente à l’état embryonnaire dans la conscience prélinguistique de l’infant (le futur locuteur) et elle conditionne la survie des espèces animales supérieures. L’omniprésence de la construction quelque chose de ADJ | ||||
| 27–78 | Ivaylo BUROV | Combien les traits distinctifs sont-ils binaires? Vers une théorie de la binarité relative |
Résumé | |
| Cet article se propose d’exposer les principes de base de la Théorie de la binarité relative des traits distinctifs (TBR), modèle phonologique élaboré par Burov en réaction contre le présupposé que les primitives phonologiques seraient strictement binaires ou monovalentes (Théories des éléments). Plus concrètement, ce modèle pose qu’en fonction de ses aspects phonétiques et de ses oppositions phonologiques avec les termes les plus proches du système, un segment peut contenir un nombre différent de valeurs + et/ou - pour un seul et même trait, dont chacune peut agir de manière relativement indépendante des autres. Cela donne l’impression que certaines oppositions, considérées traditionnellement comme strictement binaires, sont en réalité graduelles (ou scalaires). La TBR est dotée d’un dispositif intégré pour formaliser les notions de classe naturelle, de marque, de similarité ou divers processus phonologiques (assimilation, harmonie, vocalisation, lénition, etc.), ce qui sera illustré par des exemples de nombreuses langues, ainsi que par l’analyse de six paramètres articulatoires susceptibles d’être représentés sous la forme de traits polyvalents: relèvement et rétraction du dos de la langue, degré de rétrécissement du tractus oropharyngé, sonorité, nasalité et arrondissement des lèvres. | ||||
| 79–102 | Thomas PELLARD, Laurent SAGART et Guillaume JACQUES | L'indo-européen n'est pas un mythe | Résumé | |
| Le livre à succès de l’archéologue Jean-Paul Demoule Mais où sont passés les Indo-Européens? Le mythe d’origine de l’Occident (Seuil, 2014) met en doute l’existence d’une langue ancestrale à la famille indo-européenne sur la base de critiques portées à la linguistique indo-européenne et à la linguistique historique en général. Nous montrons ici que ces critiques reposent sur une documentation biaisée, et qu’elles comportent de nombreuses erreurs et contresens, dont nous présentons une sélection. Nous examinons les alternatives potentielles à l’idée d’une langue ancestrale: pidginisation, créolisation, interactions dans le cadre d’un Sprachbund, formation de langues mixtes par contact mutuel prolongé, et montrons que toutes échouent à rendre compte des flexions verbales, nominales et pronominales communes aux diverses branches de la famille. Enfin, nous rejetons l’équation entre la linguistique indo-européenne et les idéologies racistes. Nous réaffirmons, s’il en était besoin, le caractère scientifique et non idéologique de la linguistique historique indo-européenne. | ||||
| 103–143 | Danh Thành DO-HURINVILLE et Huy Linh DAO | Juste un nouvel emploi de juste C'est juste génialissime! |
Résumé | |
| Juste fait partie des mots (justement, limite, grave, côté, question, niveau…) dont on ne peut se passer, de nos jours, aussi bien dans la conversation quotidienne que dans les médias! Cet article, composé de deux grandes parties, a pour objectif d’étudier le dernier emploi adverbial de juste (C’est juste génial!), qui a vu le jour au début des années 2000. Cet emploi, considéré comme non standard, est vilipendé par plusieurs blogs et notes de presse rédigés par des défenseurs de la langue française: certains d’entre eux sont allés jusqu’à le considérer comme une « pustule syntaxique », inutile, risquant de détériorer la langue française. En revanche, cet emploi est reconnu par certains dictionnaires: le Wiki dictionnaire et le Reverso Dictionnaire. Le Petit Robert de la Langue française, quant à lui, l’a officiellement enregistré dans son édition de 2014 en précisant qu’il s’agit d’un anglicisme signifiant « vraiment, franchement ». La première grande partie de l’article intitulée « À la recherche d’une identité sémantique de juste » comporte trois points, dont le premier retrace l’étymologie et la transcatégorialité de juste. D’après les dictionnaires, ce mot est issu, au milieu du XIIe siècle, du latin justus, formé par jus « (le) droit » et le suffixe nominatif -tus, qui peut avoir trois acceptions: « (le) droit, équité », « légal, conforme au droit », « normal, convenable, régulier ». Fonctionnant respectivement comme adjectif (Une juste cause), nom (Le juste et l’injuste), adverbe (Il chante juste. Je venais juste vous demander un petit renseignement. C’est juste génial!), juste est une unité transcatégorielle par excellence. Le deuxième point présente ses trois acceptions adjectivales: l’« idée de justice » (milieu XIIe siècle), l’« idée de justesse » (fin XIIIe siècle), l’« idée d’étroitesse, d’insuffisance » (XVIIe siècle). Le troisième et dernier point traite de cinq principaux emplois adverbiaux de juste (a, b, c, d, e). Tandis que ses deux premiers emplois (a, b) peuvent être interprétés avec une lecture exacte, ses deux emplois suivants (c, d) peuvent être vus avec une lecture minorante. La seconde grande partie ayant pour titre « Le nouvel emploi de juste, un adverbe à double modalisation », pourvu également de trois points, se penche sur son dernier emploi (e). Le premier point, consacré à juste et aux syntagmes adjectivaux non modifiés, analyse successivement les six sous-points suivants: (1) juste, très, vraiment avec les adjectifs gradables et intensifs; (2) juste antéposé aux adjectifs intensifs; (3) juste antéposé aux adjectifs au suffixe -issime; (4) juste antéposé aux adjectifs au préfixe privatif in-; (5) juste antéposé à deux ou à plusieurs adjectifs; (6) juste entre deux adjectifs. Quant au deuxième point, dédié à juste et aux syntagmes adjectivaux modifiés, il examine les cinq cas suivants: (1) juste antéposé à [pas Adj]; (2) juste antéposé à [très/trop Adj]; (3) juste antéposé à [super/ hyper/ ultra/ supra/ méga/ giga Adj]; (4) juste antéposé à [Adv-ment Adj]; (5) juste antéposé à [tout Adj]. Quant au troisième et dernier point, il se penche sur juste avec les syntagmes nominaux, verbaux, prépositionnels. À la différence des quatre premiers emplois adverbiaux de juste (a, b, c, d), reconnus dans l’usage depuis longtemps, le cinquième et dernier emploi (e), apparu certes récemment, est pourtant très plébicité par la plupart des locuteurs en raison de sa stratégie communicative. En effet, juste antéposé aux adjectifs intensifs (Ce film est juste génial!) fonctionne comme un adverbe à double modalisation, de l’énoncé et de l’énonciation comme suit: (i) modalisation sur l’adjectif intensif de l’énoncé (juste met en relief l’intensité inhérente à cet adjectif intensif. Il s’agit donc d’un effet hyperbolique sur celui-ci; (ii) modalisation sur l’énonciation: le locuteur souligne la justesse de la sélection de l’adjectif intensif en question, et fait savoir qu’il n’exagère pas (car il pense être dans la juste mesure), et qu’il n’y a pas d’autre choix plus juste, plus judicieux, plus pertinent que celui de l’adjectif qu’il a sélectionné. En un mot, c’est un emploi métalinguistique, permettant au locuteur de transmettre un message subliminal à l’allocutaire. | ||||
| 145–177 | Hannah ROSÉN | Les délocutifs en revue | Résumé | |
| La présente étude des délocutifs, une classe de dérivés qui accéda à la conscience linguistique dans les années 1950 (et fit surface sporadiquement bien avant), traite de la portée de ce phénomène pour toutes les parties du discours. Alors qu’à l’origine ce sont les dérivés verbaux qui étaient au centre d’intérêt de la recherche — et en effet, les verbes et les nominaux constituent le gros des troupes de ces dérivés — il ressort de mon étude, qui puise dans nombre de langues modernes et anciennes, indo-européennes et sémitiques, que ce processus plutôt marginal de dérivation — et lexicalisation — génère des mots appartenant à toutes les parties du discours, mots fonctionnels compris. Une synopsis morphologique et syntaxique démontre l’infinie étendue d’énoncés susceptibles de donner lieu à des délocutifs, depuis les bases les moins autonomes et syn-sémantiques aux plus développées, à la fois syntaxiquement et sémantiquement — les phrases comme bases de dérivation. Un délocutif commence souvent comme une création ad hoc. C’est pourquoi, pour saisir la genèse du dérivé et évaluer correctement l’étendue que couvre sa signification, on doit — partout et surtout lorsqu’on traite de langues mortes et lacunaires — s’enquérir de la forme de base et son contexte. Ci-devant sont présentés de nombreux cas étudiés en détail qui soulignent de telles évolutions, fréquemment complexes. Nonobstant, je tiens à insister ici sur le fait que la motivation pragmatique souvent évoquée pour le processus est surfaite: le conditionnement contextuel initial est dans beaucoup de cas injustement généralisé à l’ensemble de l’usage. Le volume de composants de base mis à profit dans le processus dans une langue donnée et la nature des outils employés font partie, tous deux, du profile typologique de cette langue. Des préférences linguistiques divergentes lors de la traduction de délocutifs (bibliques) indiquent elles aussi une prédisposition ou une aversion typologique vis-à-vis de la délocutivité. Des distinctions typologiques émergent aussi de la régularité de ces dérivés et leur ratio d’occurrence, sur lequel, on le sait, la parenté généalogique n’a pas de prise. D’un autre côté, les exemples apportés ici réaffirment le penchant généralement valide, partagé par de nombreuses langues, pour certains registres, notamment pour le registre éminemment familier, et inversement, celui qui est éminemment élevé. D’autres sujets abordés sont: la disparité entre délocutifs comportant des mots fonctionnels flous, passe-partout, par opposition à des lexèmes comportant des éléments explicitement citatifs; des délocutifs partiels (verbaux, fonctionnant dans une partie du paradigme) vis-à-vis de délocutifs pleinement développés; ainsi que le problème — peut-être non totalement résolu — de la ligne de partage entre d’une part la dérivation issue de l’imitation phonique et d’autre part la délocutivité afférente à la langue et morphologiquement motivée se rapportant au signe en tant que tel. | ||||
| 179–214 | Colette BODELOT | L'évolution de lat. facere + proposition complétive Deux voies de grammaticalisation? |
Résumé | |
| L’objectif de cette étude est de retracer, à la lumière du modèle de grammaticalisation défini par Heine, Lehmann, Ramat, Traugott et al., l’évolution susceptible de conduire en latin de la séquence facere + proposition complétive aux deux constructions suivantes: 1) l’emploi quasi figé en particule de l’impératif de facere + proposition à force illocutoire directive, comme aboutissant d’une proposition avec noyau prédicatif (facere) régissant au départ une proposition complétive au subjonctif, avec sujet ou prime actant coréférentiel avec celui de facere; 2) la construction causative facere + infinitif, comme aboutissant de facere + proposition subordonnée, figurant d’abord, la plupart du temps, au subjonctif, puis à l’A.c.I., avec un agent qui reste indéterminé en cas de construction passive, mais se présente comme distinct de celui de facere à l’actif. À partir d’exemples tirés d’un corpus s’échelonnant de Plaute à Grégoire de Tours, nous tâcherons de voir si les deux mouvements s’accomplissent parallèlement et progressivement, ou si l’un connaît, par suite d’un achèvement précoce, une évolution bloquée en contraste avec l’autre. Les résultats de l’évolution latine sont susceptibles de vérification en roman. | ||||
| 215–265 | Alain ROUVERET | Sur la construction latine ab urbe condita | Résumé | |
| "Le présent article propose une analyse de la construction latine Ab urbe condita, également désignée, depuis les années soixante-dix, sous l’étiquette de construction à « participe dominant ». Cette dernière notion, faiblement opératoire, ne joue aucun rôle dans l’approche qui est proposée ici. On montre par contre qu’une caractérisation syntaxique précise des participes passés passifs, une fois qu’on la combine avec l’idée que le groupe nominal sujet est à l’origine l’argument direct du participe, explique pourquoi le latin, langue sans article, autorise l’intégration d’une structure prédicative dans une construction typiquement nominale. Les constructions à « adjectif verbal dominant », le complément participial des verbes de perception et de représentation, les structures ablatives absolues sont également considérées. Il apparaît que si les premières admettent le même type d’analyse que les constructions à participe dominant, les secondes et les troisièmes doivent en être nettement distinguées." | ||||
| 267–287 | Emmanuel DUPRAZ | Démonstratif + génitif en latin classique Un tour équivalent à celui de en français contemporain? |
Résumé | |
| Le présent article examine une construction latine qui a pu être analysée comme l’équivalent de 'celui de' + groupe nominal en français, à savoir l’emploi d’un démonstratif pronominal et d’un GEN à l’intérieur d’un seul et même groupe nominal qui ne comprend aucune tête substantivale. Nous comparons ce tour à la construction française et aussi à la construction allemande 'derjenige' + GEN. La construction latine implique un double mode de donation du référent, de manière indépendante, par l’intermédiaire du démonstratif d’une part, du GEN d’autre part. Son fonctionnement très peu économique est donc fort différent de celui des constructions française et allemande. | ||||
| 289–327 | Richard FAURE | La prolepse en grec ancien et la théorie des phases | Résumé | |
| Cet article revient sur le curieux phénomène en grec ancien d’anticipation du sujet d’une complétive dans la principale avec adaptation casuelle (le terme est porteur du cas assigné par le verbe de la principale à son objet) et que l’on appelle « prolepse ». La question est ici traitée sous l’angle syntaxique dans une approche doublement nouvelle. Tout d’abord, on montre qu’elle est le produit d’une dérivation qui se fait par étapes: le syntagme nominal (SN) occupe successivement les positions de sujet du verbe de la subordonnée, topique de la subordonnée et topique de la principale. Ensuite, on aborde la question négativement: la prolepse est absente avec les verbes qui n’assignent pas de cas à leur objet comme erōtáō « demander ». Nous proposons enfin de lier les deux aspects à l’aide de la théorie des phases, qui propose qu’un énoncé est construit en suivant des étapes qui sont très contraintes: les phases. Un SN proleptique est extrait de la subordonnée pour occuper une position de discours dans la principale. Cette position de discours n’est accessible qu’à travers deux phases intermédiaires, qui sont celles dont la tête est la position Topique de la subordonnée et, crucialement, une position supplémentaire qu’il faut postuler pour des raisons indépendantes, celle dont la tête est la position « Accord de l’objet » dans le syntagme verbal de la principale. Cette dernière position n’existant pas avec les verbes qui n’assignent pas de cas à leur objet, la prolepse est bloquée avec ces prédicats. | ||||
| 329–369 | Georges-Jean PINAULT | Formation des composés de rection verbale du type védique bharádvāja-, grec Φερέπτολις | Résumé | |
| Les langues indo-européennes anciennes ont différents types formels de composés de rection verbale à premier membre régissant. Un des plus problématiques est représenté par le type indo-iranien à premier membre en °at- (védique °át-): véd. bharádvāja- « emportant le prix de victoire », av. vanat.pəṣ̌ana- « remportant la bataille ». Sur le plan purement formel, cette séquence a été interprétée à partir d’une forme verbale fléchie (*°e-t), ou bien mise en relation avec *-nt-, l’allomorphe du suffixe *-e/ont- de participe actif ou d’adjectif verbal. Ces hypothèses reposent sur des théories différentes relatives à l’origine de ces composés et de leur syntaxe sous-jacente. L’analyse de la distribution des premiers membres de composés en °at- en védique ancien, avestique et vieux-perse montre que le type de composé, soit possessif (bahuvrīhi), soit composé de rection verbale, dépend entièrement de la valence du verbe sous-jacent au dérivé en °at-. Il est proposé de tirer ce type de composé de rection verbale de composés doublement possessifs, avec un abstrait en premier membre, ce qui permet d’expliquer l’interprétation factitive qui est souvent constatée, comme pour les composés à premier membre en *-ti- (types véd. dāti-vāra-, gr. βωτιάνειρα et τερψίμβροτος), qui repose aussi sur un nom d’action. Le premier membre indo-iranien en °at- (véd. °át-) est expliqué à partir d’abstraits en *-t- dérivés d’adjectifs verbaux thématiques (type véd. sravát- « flot »), ce qui permet de rendre compte du déplacement d’accent sur la dernière syllabe du premier membre en regard des formes verbales associées, cf. véd. bharát- (< *bher-é-t-) vs. injonctif présent 3e sg. act. bhárat et participe présent act. bhárat-, thème faible de bhárant-. En proto-grec, cette formation fut identifiée à l’injonctif présent, qui est conservé dans les formes du type gr. φερέπτολις < *φερέτ-πολις. Le nom propre véd. Jamád-agni- est analysé selon le même schéma, comme reflétant un composé factitif qui signifiait originellement « faisant venir le feu (sur terre) ». | ||||
| 371–407 | Julie MARSAULT | Le préfixe instrumental « ga » en omaha Sémantique et syntaxe |
Résumé | |
| Sur tout l’ouest du continent nord américain, l’on retrouve des affixes verbaux aux fonctions et sens similaires, attestés parmi un grand nombre de langues amérindiennes non apparentées, qui sont appelés des affixes « instrumentaux ». Ils ont la particularité de posséder chacun un ou plusieurs sens lexicaux qui précisent quel mouvement, quelle partie du corps ou quelle force naturelle est impliqué(e) dans un procès. Les langues siouanes, dont l’omaha fait partie, disposent d’une série de neuf préfixes instrumentaux, mais ceux-ci n’ont fait l’objet à ce jour d’aucune étude détaillée de leur fonctionnement. Dans cet article, nous étudions les propriétés sémantiques et syntaxiques d’un préfixe instrumental omaha, le préfixe ga-, généralement traduit « en frappant » ou « avec force » ('by striking'; 'by force'). Adoptant une approche constructionnelle, nous décrivons les propriétés sémantiques de chacune des parties (préfixe et base) des verbes à préfixe instrumental. Nous étudions également les propriétés syntaxiques du préfixe. Nous voyons ainsi que les divers sens du préfixe ga- se divisent en deux grands ensembles, ayant chacun des propriétés syntaxiques propres. Cette corrélation semble être valable pour l’ensemble des préfixes instrumentaux omahas. | ||||
| 409–415 | Alain LEMARÉCHAL | La déixis et l'anaphore comme prédicats de position | Indisponible | |
| 417–426 | Alain LEMARÉCHAL | Du temps que le pré-PIE était encore une langue ergative... Spéculations sur les origines de l'accusatif |
Indisponible | |
| vii–xxv | Procès-verbaux des séances de l'année 2017 |
| 1–26 | Quelque chose d'indéfini La catégorisation en chantier Jacques FRANÇOIS Résumé |
| La catégorisation est l’opération qui permet à l’espèce humaine de donner sens au monde environnant. Selon la phénoménologie de Husserl et Merleau-Ponty, la conscience « catégorielle » s’organise sur le substrat de la conscience « antéprédicative ». Si l’activité de catégorisation profite de l’organisation sémantique du lexique (les opérations prédicatives) et de la syntaxe (les opérations discursives et énonciatives), elle est cependant déjà présente à l’état embryonnaire dans la conscience prélinguistique de l’infant (le futur locuteur) et elle conditionne la survie des espèces animales supérieures. L’omniprésence de la construction quelque chose de ADJ | |
| 27–78 | Combien les traits distinctifs sont-ils binaires? Vers une théorie de la binarité relative Ivaylo BUROV Résumé |
| Cet article se propose d’exposer les principes de base de la Théorie de la binarité relative des traits distinctifs (TBR), modèle phonologique élaboré par Burov en réaction contre le présupposé que les primitives phonologiques seraient strictement binaires ou monovalentes (Théories des éléments). Plus concrètement, ce modèle pose qu’en fonction de ses aspects phonétiques et de ses oppositions phonologiques avec les termes les plus proches du système, un segment peut contenir un nombre différent de valeurs + et/ou - pour un seul et même trait, dont chacune peut agir de manière relativement indépendante des autres. Cela donne l’impression que certaines oppositions, considérées traditionnellement comme strictement binaires, sont en réalité graduelles (ou scalaires). La TBR est dotée d’un dispositif intégré pour formaliser les notions de classe naturelle, de marque, de similarité ou divers processus phonologiques (assimilation, harmonie, vocalisation, lénition, etc.), ce qui sera illustré par des exemples de nombreuses langues, ainsi que par l’analyse de six paramètres articulatoires susceptibles d’être représentés sous la forme de traits polyvalents: relèvement et rétraction du dos de la langue, degré de rétrécissement du tractus oropharyngé, sonorité, nasalité et arrondissement des lèvres. | |
| 79–102 | L'indo-européen n'est pas un mythe Thomas PELLARD, Laurent SAGART et Guillaume JACQUES Résumé |
| Le livre à succès de l’archéologue Jean-Paul Demoule Mais où sont passés les Indo-Européens? Le mythe d’origine de l’Occident (Seuil, 2014) met en doute l’existence d’une langue ancestrale à la famille indo-européenne sur la base de critiques portées à la linguistique indo-européenne et à la linguistique historique en général. Nous montrons ici que ces critiques reposent sur une documentation biaisée, et qu’elles comportent de nombreuses erreurs et contresens, dont nous présentons une sélection. Nous examinons les alternatives potentielles à l’idée d’une langue ancestrale: pidginisation, créolisation, interactions dans le cadre d’un Sprachbund, formation de langues mixtes par contact mutuel prolongé, et montrons que toutes échouent à rendre compte des flexions verbales, nominales et pronominales communes aux diverses branches de la famille. Enfin, nous rejetons l’équation entre la linguistique indo-européenne et les idéologies racistes. Nous réaffirmons, s’il en était besoin, le caractère scientifique et non idéologique de la linguistique historique indo-européenne. | |
| 103–143 | Juste un nouvel emploi de juste C'est juste génialissime! Danh Thành DO-HURINVILLE et Huy Linh DAO Résumé |
| Juste fait partie des mots (justement, limite, grave, côté, question, niveau…) dont on ne peut se passer, de nos jours, aussi bien dans la conversation quotidienne que dans les médias! Cet article, composé de deux grandes parties, a pour objectif d’étudier le dernier emploi adverbial de juste (C’est juste génial!), qui a vu le jour au début des années 2000. Cet emploi, considéré comme non standard, est vilipendé par plusieurs blogs et notes de presse rédigés par des défenseurs de la langue française: certains d’entre eux sont allés jusqu’à le considérer comme une « pustule syntaxique », inutile, risquant de détériorer la langue française. En revanche, cet emploi est reconnu par certains dictionnaires: le Wiki dictionnaire et le Reverso Dictionnaire. Le Petit Robert de la Langue française, quant à lui, l’a officiellement enregistré dans son édition de 2014 en précisant qu’il s’agit d’un anglicisme signifiant « vraiment, franchement ». La première grande partie de l’article intitulée « À la recherche d’une identité sémantique de juste » comporte trois points, dont le premier retrace l’étymologie et la transcatégorialité de juste. D’après les dictionnaires, ce mot est issu, au milieu du XIIe siècle, du latin justus, formé par jus « (le) droit » et le suffixe nominatif -tus, qui peut avoir trois acceptions: « (le) droit, équité », « légal, conforme au droit », « normal, convenable, régulier ». Fonctionnant respectivement comme adjectif (Une juste cause), nom (Le juste et l’injuste), adverbe (Il chante juste. Je venais juste vous demander un petit renseignement. C’est juste génial!), juste est une unité transcatégorielle par excellence. Le deuxième point présente ses trois acceptions adjectivales: l’« idée de justice » (milieu XIIe siècle), l’« idée de justesse » (fin XIIIe siècle), l’« idée d’étroitesse, d’insuffisance » (XVIIe siècle). Le troisième et dernier point traite de cinq principaux emplois adverbiaux de juste (a, b, c, d, e). Tandis que ses deux premiers emplois (a, b) peuvent être interprétés avec une lecture exacte, ses deux emplois suivants (c, d) peuvent être vus avec une lecture minorante. La seconde grande partie ayant pour titre « Le nouvel emploi de juste, un adverbe à double modalisation », pourvu également de trois points, se penche sur son dernier emploi (e). Le premier point, consacré à juste et aux syntagmes adjectivaux non modifiés, analyse successivement les six sous-points suivants: (1) juste, très, vraiment avec les adjectifs gradables et intensifs; (2) juste antéposé aux adjectifs intensifs; (3) juste antéposé aux adjectifs au suffixe -issime; (4) juste antéposé aux adjectifs au préfixe privatif in-; (5) juste antéposé à deux ou à plusieurs adjectifs; (6) juste entre deux adjectifs. Quant au deuxième point, dédié à juste et aux syntagmes adjectivaux modifiés, il examine les cinq cas suivants: (1) juste antéposé à [pas Adj]; (2) juste antéposé à [très/trop Adj]; (3) juste antéposé à [super/ hyper/ ultra/ supra/ méga/ giga Adj]; (4) juste antéposé à [Adv-ment Adj]; (5) juste antéposé à [tout Adj]. Quant au troisième et dernier point, il se penche sur juste avec les syntagmes nominaux, verbaux, prépositionnels. À la différence des quatre premiers emplois adverbiaux de juste (a, b, c, d), reconnus dans l’usage depuis longtemps, le cinquième et dernier emploi (e), apparu certes récemment, est pourtant très plébicité par la plupart des locuteurs en raison de sa stratégie communicative. En effet, juste antéposé aux adjectifs intensifs (Ce film est juste génial!) fonctionne comme un adverbe à double modalisation, de l’énoncé et de l’énonciation comme suit: (i) modalisation sur l’adjectif intensif de l’énoncé (juste met en relief l’intensité inhérente à cet adjectif intensif. Il s’agit donc d’un effet hyperbolique sur celui-ci; (ii) modalisation sur l’énonciation: le locuteur souligne la justesse de la sélection de l’adjectif intensif en question, et fait savoir qu’il n’exagère pas (car il pense être dans la juste mesure), et qu’il n’y a pas d’autre choix plus juste, plus judicieux, plus pertinent que celui de l’adjectif qu’il a sélectionné. En un mot, c’est un emploi métalinguistique, permettant au locuteur de transmettre un message subliminal à l’allocutaire. | |
| 145–177 | Les délocutifs en revue Hannah ROSÉN Résumé |
| La présente étude des délocutifs, une classe de dérivés qui accéda à la conscience linguistique dans les années 1950 (et fit surface sporadiquement bien avant), traite de la portée de ce phénomène pour toutes les parties du discours. Alors qu’à l’origine ce sont les dérivés verbaux qui étaient au centre d’intérêt de la recherche — et en effet, les verbes et les nominaux constituent le gros des troupes de ces dérivés — il ressort de mon étude, qui puise dans nombre de langues modernes et anciennes, indo-européennes et sémitiques, que ce processus plutôt marginal de dérivation — et lexicalisation — génère des mots appartenant à toutes les parties du discours, mots fonctionnels compris. Une synopsis morphologique et syntaxique démontre l’infinie étendue d’énoncés susceptibles de donner lieu à des délocutifs, depuis les bases les moins autonomes et syn-sémantiques aux plus développées, à la fois syntaxiquement et sémantiquement — les phrases comme bases de dérivation. Un délocutif commence souvent comme une création ad hoc. C’est pourquoi, pour saisir la genèse du dérivé et évaluer correctement l’étendue que couvre sa signification, on doit — partout et surtout lorsqu’on traite de langues mortes et lacunaires — s’enquérir de la forme de base et son contexte. Ci-devant sont présentés de nombreux cas étudiés en détail qui soulignent de telles évolutions, fréquemment complexes. Nonobstant, je tiens à insister ici sur le fait que la motivation pragmatique souvent évoquée pour le processus est surfaite: le conditionnement contextuel initial est dans beaucoup de cas injustement généralisé à l’ensemble de l’usage. Le volume de composants de base mis à profit dans le processus dans une langue donnée et la nature des outils employés font partie, tous deux, du profile typologique de cette langue. Des préférences linguistiques divergentes lors de la traduction de délocutifs (bibliques) indiquent elles aussi une prédisposition ou une aversion typologique vis-à-vis de la délocutivité. Des distinctions typologiques émergent aussi de la régularité de ces dérivés et leur ratio d’occurrence, sur lequel, on le sait, la parenté généalogique n’a pas de prise. D’un autre côté, les exemples apportés ici réaffirment le penchant généralement valide, partagé par de nombreuses langues, pour certains registres, notamment pour le registre éminemment familier, et inversement, celui qui est éminemment élevé. D’autres sujets abordés sont: la disparité entre délocutifs comportant des mots fonctionnels flous, passe-partout, par opposition à des lexèmes comportant des éléments explicitement citatifs; des délocutifs partiels (verbaux, fonctionnant dans une partie du paradigme) vis-à-vis de délocutifs pleinement développés; ainsi que le problème — peut-être non totalement résolu — de la ligne de partage entre d’une part la dérivation issue de l’imitation phonique et d’autre part la délocutivité afférente à la langue et morphologiquement motivée se rapportant au signe en tant que tel. | |
| 179–214 | L'évolution de lat. facere + proposition complétive Deux voies de grammaticalisation? Colette BODELOT Résumé |
| L’objectif de cette étude est de retracer, à la lumière du modèle de grammaticalisation défini par Heine, Lehmann, Ramat, Traugott et al., l’évolution susceptible de conduire en latin de la séquence facere + proposition complétive aux deux constructions suivantes: 1) l’emploi quasi figé en particule de l’impératif de facere + proposition à force illocutoire directive, comme aboutissant d’une proposition avec noyau prédicatif (facere) régissant au départ une proposition complétive au subjonctif, avec sujet ou prime actant coréférentiel avec celui de facere; 2) la construction causative facere + infinitif, comme aboutissant de facere + proposition subordonnée, figurant d’abord, la plupart du temps, au subjonctif, puis à l’A.c.I., avec un agent qui reste indéterminé en cas de construction passive, mais se présente comme distinct de celui de facere à l’actif. À partir d’exemples tirés d’un corpus s’échelonnant de Plaute à Grégoire de Tours, nous tâcherons de voir si les deux mouvements s’accomplissent parallèlement et progressivement, ou si l’un connaît, par suite d’un achèvement précoce, une évolution bloquée en contraste avec l’autre. Les résultats de l’évolution latine sont susceptibles de vérification en roman. | |
| 215–265 | Sur la construction latine ab urbe condita Alain ROUVERET Résumé |
| "Le présent article propose une analyse de la construction latine Ab urbe condita, également désignée, depuis les années soixante-dix, sous l’étiquette de construction à « participe dominant ». Cette dernière notion, faiblement opératoire, ne joue aucun rôle dans l’approche qui est proposée ici. On montre par contre qu’une caractérisation syntaxique précise des participes passés passifs, une fois qu’on la combine avec l’idée que le groupe nominal sujet est à l’origine l’argument direct du participe, explique pourquoi le latin, langue sans article, autorise l’intégration d’une structure prédicative dans une construction typiquement nominale. Les constructions à « adjectif verbal dominant », le complément participial des verbes de perception et de représentation, les structures ablatives absolues sont également considérées. Il apparaît que si les premières admettent le même type d’analyse que les constructions à participe dominant, les secondes et les troisièmes doivent en être nettement distinguées." | |
| 267–287 | Démonstratif + génitif en latin classique Un tour équivalent à celui de en français contemporain? Emmanuel DUPRAZ Résumé |
| Le présent article examine une construction latine qui a pu être analysée comme l’équivalent de 'celui de' + groupe nominal en français, à savoir l’emploi d’un démonstratif pronominal et d’un GEN à l’intérieur d’un seul et même groupe nominal qui ne comprend aucune tête substantivale. Nous comparons ce tour à la construction française et aussi à la construction allemande 'derjenige' + GEN. La construction latine implique un double mode de donation du référent, de manière indépendante, par l’intermédiaire du démonstratif d’une part, du GEN d’autre part. Son fonctionnement très peu économique est donc fort différent de celui des constructions française et allemande. | |
| 289–327 | La prolepse en grec ancien et la théorie des phases Richard FAURE Résumé |
| Cet article revient sur le curieux phénomène en grec ancien d’anticipation du sujet d’une complétive dans la principale avec adaptation casuelle (le terme est porteur du cas assigné par le verbe de la principale à son objet) et que l’on appelle « prolepse ». La question est ici traitée sous l’angle syntaxique dans une approche doublement nouvelle. Tout d’abord, on montre qu’elle est le produit d’une dérivation qui se fait par étapes: le syntagme nominal (SN) occupe successivement les positions de sujet du verbe de la subordonnée, topique de la subordonnée et topique de la principale. Ensuite, on aborde la question négativement: la prolepse est absente avec les verbes qui n’assignent pas de cas à leur objet comme erōtáō « demander ». Nous proposons enfin de lier les deux aspects à l’aide de la théorie des phases, qui propose qu’un énoncé est construit en suivant des étapes qui sont très contraintes: les phases. Un SN proleptique est extrait de la subordonnée pour occuper une position de discours dans la principale. Cette position de discours n’est accessible qu’à travers deux phases intermédiaires, qui sont celles dont la tête est la position Topique de la subordonnée et, crucialement, une position supplémentaire qu’il faut postuler pour des raisons indépendantes, celle dont la tête est la position « Accord de l’objet » dans le syntagme verbal de la principale. Cette dernière position n’existant pas avec les verbes qui n’assignent pas de cas à leur objet, la prolepse est bloquée avec ces prédicats. | |
| 329–369 | Formation des composés de rection verbale du type védique bharádvāja-, grec Φερέπτολις Georges-Jean PINAULT Résumé |
| Les langues indo-européennes anciennes ont différents types formels de composés de rection verbale à premier membre régissant. Un des plus problématiques est représenté par le type indo-iranien à premier membre en °at- (védique °át-): véd. bharádvāja- « emportant le prix de victoire », av. vanat.pəṣ̌ana- « remportant la bataille ». Sur le plan purement formel, cette séquence a été interprétée à partir d’une forme verbale fléchie (*°e-t), ou bien mise en relation avec *-nt-, l’allomorphe du suffixe *-e/ont- de participe actif ou d’adjectif verbal. Ces hypothèses reposent sur des théories différentes relatives à l’origine de ces composés et de leur syntaxe sous-jacente. L’analyse de la distribution des premiers membres de composés en °at- en védique ancien, avestique et vieux-perse montre que le type de composé, soit possessif (bahuvrīhi), soit composé de rection verbale, dépend entièrement de la valence du verbe sous-jacent au dérivé en °at-. Il est proposé de tirer ce type de composé de rection verbale de composés doublement possessifs, avec un abstrait en premier membre, ce qui permet d’expliquer l’interprétation factitive qui est souvent constatée, comme pour les composés à premier membre en *-ti- (types véd. dāti-vāra-, gr. βωτιάνειρα et τερψίμβροτος), qui repose aussi sur un nom d’action. Le premier membre indo-iranien en °at- (véd. °át-) est expliqué à partir d’abstraits en *-t- dérivés d’adjectifs verbaux thématiques (type véd. sravát- « flot »), ce qui permet de rendre compte du déplacement d’accent sur la dernière syllabe du premier membre en regard des formes verbales associées, cf. véd. bharát- (< *bher-é-t-) vs. injonctif présent 3e sg. act. bhárat et participe présent act. bhárat-, thème faible de bhárant-. En proto-grec, cette formation fut identifiée à l’injonctif présent, qui est conservé dans les formes du type gr. φερέπτολις < *φερέτ-πολις. Le nom propre véd. Jamád-agni- est analysé selon le même schéma, comme reflétant un composé factitif qui signifiait originellement « faisant venir le feu (sur terre) ». | |
| 371–407 | Le préfixe instrumental « ga » en omaha Sémantique et syntaxe Julie MARSAULT Résumé |
| Sur tout l’ouest du continent nord américain, l’on retrouve des affixes verbaux aux fonctions et sens similaires, attestés parmi un grand nombre de langues amérindiennes non apparentées, qui sont appelés des affixes « instrumentaux ». Ils ont la particularité de posséder chacun un ou plusieurs sens lexicaux qui précisent quel mouvement, quelle partie du corps ou quelle force naturelle est impliqué(e) dans un procès. Les langues siouanes, dont l’omaha fait partie, disposent d’une série de neuf préfixes instrumentaux, mais ceux-ci n’ont fait l’objet à ce jour d’aucune étude détaillée de leur fonctionnement. Dans cet article, nous étudions les propriétés sémantiques et syntaxiques d’un préfixe instrumental omaha, le préfixe ga-, généralement traduit « en frappant » ou « avec force » ('by striking'; 'by force'). Adoptant une approche constructionnelle, nous décrivons les propriétés sémantiques de chacune des parties (préfixe et base) des verbes à préfixe instrumental. Nous étudions également les propriétés syntaxiques du préfixe. Nous voyons ainsi que les divers sens du préfixe ga- se divisent en deux grands ensembles, ayant chacun des propriétés syntaxiques propres. Cette corrélation semble être valable pour l’ensemble des préfixes instrumentaux omahas. | |
| 409–415 | La déixis et l'anaphore comme prédicats de position Alain LEMARÉCHAL |
| 417–426 | Du temps que le pré-PIE était encore une langue ergative... Spéculations sur les origines de l'accusatif Alain LEMARÉCHAL |