| Pages | Auteurs | Titre | Lien | Résumé |
|---|---|---|---|---|
| vii–xx | Procès-verbaux des séances de l'année 2012 | Indisponible | ||
| xxi–xxvii | André ROUSSEAU | Nécrologie André Crépin (1928-2013) |
Indisponible | |
| 1–27 | Anne-Gaëlle TOUTAIN | Pour une rupture saussurienne | Résumé | |
| Cet article s’efforce de prendre position dans le débat relatif à la nature de l’épistémologie (donc de l’histoire) qui convient aux sciences du langage, et plus généralement aux sciences humaines, en argumentant en faveur de la nécessité pour la linguistique de l’épistémologie bachelardienne, qui seule nous paraît permettre de rendre compte des enjeux de la théorie saussurienne de la langue. Nous voudrions ainsi déplacer le débat de la question de la nature de l’épistémologie vers celle de l’objet de la linguistique. | ||||
| 29–81 | Daniel PETIT | Autour du vieux lituanien idant Les origines de la subordination |
Résumé | |
| L’origine de la conjonction finale idant « pour que, afin que » du vieux lituanien est généralement considérée comme obscure, même si l’on s’accorde à y retrouver le représentant d’un thème démonstratif indo-européen *(h1)i-. Dans cet article, je m’efforce d’élucider l’origine de cette conjonction en la tirant d’un ancien adverbe démonstratif *(h1)i-dān « alors » suivi d’un datif éthique *-toi « pour toi ». Cette analyse nécessite, d’une part, de rendre compte de l’évolution d’un adverbe « alors » en une conjonction finale « pour que, afin que » et, d’autre part, d’expliquer l’ajout d’un datif éthique de deuxième personne. | ||||
| 83–129 | Sauvane AGNÈS | L'« inverse » en tupologie Un problème d'histoire de la linguistique |
Résumé | |
| Cet article entend présenter et questionner le phénomène de l’« inverse » tel qu’il est décrit et analysé par certains linguistes spécialistes des langues amérindiennes, inspirés notamment d’une tradition héritée des premières descriptions algonquiennes. La première partie de l’article introduit le concept d’« inverse » et les notions qui lui sont liées à travers une langue algonquienne, le cree des Plaines, considérée comme un « classique » de la littérature sur ce sujet. La seconde partie présente les divers élargissements et interprétations de ce concept par des auteurs tels que Givón, Zúñiga et Klaiman, qui cherchent à lui donner une place dans la typologie contemporaine. L’article suggère en revanche que les problématiques soulevées par le phénomène de l’« inverse » seraient davantage à mettre en rapport avec l’histoire de la linguistique, qui voit naitre et se perpétuer certaines traditions de description linguistique dans l’ignorance des développements d’une typologie plus générale. L’« inverse » pourrait notamment être revisité à la lumière des travaux plus récents sur l’ergativité et les différents types d’alignement. | ||||
| 131–160 | Iva NOVAKOVA et Elena MELNIKOVA | Vers un modèle fonctionnel pour l'analyse du lexique des émotions | Résumé | |
| Cette étude a été réalisée dans le cadre du projet franco-allemand ANR/DFG EMOLEX. Elle a pour objectif d’analyser les lexies des émotions appartenant à trois champs sémantiques surprise, déception et respect dans cinq langues européennes (français, anglais, allemand, espagnol et russe). Le travail s’appuie sur deux approches complémentaires: l’étude du lexique à travers sa combinatoire lexico-syntaxique combinée à une approche lexico-statistique des associations lexicales spécifiques. L’étude est fondée sur de vastes corpus comparables multilingues, syntaxiquement annotés, composés de textes journalistiques et littéraires de 130 millions de mots par langue. Nous analysons d’abord quelques dimensions sémantiques spécifiques, véhiculées par les collocations de ces trois champs (par ex. l’intensité crushing disappointement, grosse déception, más sorprendente, eine massive Enttaüschung, ou la manifestation de l’émotion larmes de dépit, Ausruf des Erstaunens), analyse qui aboutit à l’élaboration des profils combinatoires contrastifs des lexies. Nous montrons, par la suite, la façon dont s’articule l’analyse sémantique avec les relations syntaxiques des éléments constitutifs des associations lexicales (collocations). Nous faisons l’hypothèse que les associations entre le mot pivot et le collocatif qui expriment différentes dimensions sémantiques (intensité, polarité, aspect, causativité, manifestation, contrôle de l’émotion) ont des préférences pour des positions et, de là, pour des fonctions syntaxiques spécifiques. Nous comparons enfin les structures actancielles des verbes des champs de surprise et de respect, à travers le changement des diathèses (active, passive, moyenne) dans le but d’identifier les dynamiques informationnelles au sein de la phrase (les différentes stratégies de centrage sur les différents participants à l’affect) afin de dresser les profils discursifs des verbes émotionnels étudiés. Cette approche, à la fois globale et fine, qui articule les trois niveaux (sémantique, syntaxique et discursif) aboutit à l’élaboration d’un modèle fonctionnel pour l’analyse du lexique émotionnel qui pourrait être appliqué à l’analyse d’autres types de lexique également. | ||||
| 161–195 | Camille DENIZOT | Des indéfinis négatifs au pluriel L'exemple du grec et du latin |
Résumé | |
| Le grec ancien et le latin ont des pronoms-adjectifs indéfinis négatifs qui peuvent être employés au pluriel (οὐδένες / οὐδαμοί et nulli), bien que ces grammèmes soient formés sur le numéral « un » et que l’indéfini négatif en général construise sémantiquement une quantité nulle. À partir d’une étude sur corpus sont décrits les principaux emplois de ces grammèmes dans les deux langues; cette description révèle des contraintes d’emploi plus importantes en grec ancien qu’en latin, qui correspondent à une fréquence d’apparition moindre du phénomène en grec. Pour rendre compte de ce contraste dans les deux langues, il faut replacer les indéfinis négatifs au pluriel dans le système propre à chaque langue, particulièrement dans le système des indéfinis pour le latin, et dans la question plus vaste du renouvellement des grammèmes négatifs en grec ancien. | ||||
| 197–222 | Alain BLANC | La troncation présuffixale en grec ancien Les dérivés du type de ἀλήθειᾰ et ἀμαθίᾱ |
Résumé | |
| "Le grec ancien a deux groupes de substantifs abstraits dérivés d’adjectifs sigmatiques: un groupe où la syllabe finale de l’adjectif sigmatique est conservée (attique ἀλήθεια < *ἀλᾱθεσίᾱ) et un groupe où cette syllabe finale a été supprimée (attique ἀμαθίᾱ < *ἀμαθ[εσ]ίᾱ). Jusqu’ici, cette dualité n’a pas reçu d’explication satisfaisante. Nous démontrons que le second groupe a été affecté par le phénomène morphologique de la troncation présuffixale. Liée au phénomène phonétique qu’est la disparition de la sifflante intervocalique, la troncation présuffixale agit ou n’agit pas dans des conditions qu’il s’agit de déterminer. On établit qu’elle a commencée à être mise en oeuvre dès le second millénaire et qu’elle s’est appliquée ou non suivant deux facteurs: l’ancienneté du dérivé et sa forme rythmique." | ||||
| 223–241 | Michèle FRUYT | Les conditions des ré-analyses Le témoignage du latin |
Indisponible | |
| 243–271 | Paulo DE CARVALHO | Au croisement du genre et du nombre De « neutre » latin au « féminin » roman |
Indisponible | |
| 273–282 | Jean-Pierre CHAMBON | Notes sur un problème de la reconstruction phonétique et phonologique du protoroman Le groupe */gn/ |
Résumé | |
| On se propose de reconstruire méthodiquement, à partir des correspondances phoniques entre variétés romanes, le groupe consonantique intervocalique que les dictionnaires étymologiques romans écrivent | ||||
| 283–343 | Jean Léo LÉONARD et Lilianne JAGUENEAU | Disparition, apparition et réapparition des langues d'oïl De l'invisibilisation au nouveau regard |
Résumé | |
| Le projet LLV (Les Langues et Vous), 2010-11 a permis d’étudier auprès des membres fondateurs du mouvement de défense et de promotion des langues d’oïl l’émergence d’un paradigme de recherche-action centré sur ces langues, en particulier sur le bourguignon-morvandiau, le gallo et le poitevin-saintongeais. Plus de 50 heures d’enregistrement de variétés dialectales rurales et urbaines ont été recueillies et en grande partie transcrites — notamment les entretiens avec les aménageurs d’oïl, entièrement réalisés dans ces langues. Ce corpus est ici analysé à l’aide de deux grilles analytiques, revisitées en fonction de l’enjeu que représente cette expérience d’innovation socioculturelle et glottopolitique: le modèle de stigmatisation et de contre-stigmatisation, à partir de l’essai classique d’Erving Goffman, et les théories de la déterritorialisation et des littératures mineures de Deleuze & Guattari. Cette lecture des entretiens permet de révéler une trame complexe de motivations et d’hypothèses mises en action et en pratique par les aménageurs d’oïl, qui semblent prendre source dans des formes de résilience face à l’assimilation, le sentiment éthique de la relation au milieu d’origine, et une expérimentation stylistique et stylisée de la relation au politique et aux questions sociétales. | ||||
| 345–380 | Jérémie DELORME | L'enquêteur architecte de ses enquêtés Modélisation graphique d'un complexe d'informations |
Indisponible | |
| 381–417 | Françoise ROSE | Le genre du locuteur et de l'allocutaire dans les systèmes pronominaux Genre grammatical et indexicalité du genre |
Résumé | |
| Cet article s’intéresse au genre du locuteur et de l’allocutaire dans les systèmes pronominaux des langues du monde, un thème bien traité dans la littérature. L’originalité de la perspective adoptée ici est de prendre en compte, outre le genre grammatical, l’indexicalité obligatoire du genre du locuteur ou de l’allocutaire, une facette rare de l’indexicalité pragmatique des caractéristiques sociales des participants à la situation de communication (comme l’âge, le statut social, le genre social, etc). Un petit nombre de langues indicialisent en effet le genre du locuteur et/ou de l’allocutaire dans leur système pronominal, même lorsque le pronom ne renvoie pas à ce participant du discours. L’indexicalité du genre se distingue alors parfaitement des cas peu communs de genre grammatical à la première ou deuxième personne. A la lumière de cette distinction entre genre grammatical et genre indexical, l’article évalue les universaux et hiérarchies postulés autour de la distribution du genre au sein des systèmes pronominaux, selon les personnes, notamment la hiérarchie 2,3>1 tirée de l’Universel 44 de Greenberg. Le principal résultat de cet article est que les configurations rejetées comme impossibles par l’Universel 44 sont en réalité attestées, bien que rarement, et qu’elles illustrent l’indexicalité du genre du locuteur ou de l’allocutaire plutôt que le genre grammatical. | ||||
| 419–440 | Pierric SANS | Un alignement « quadripartite » en bésiro? Quatre arguments nucléaires dans la langue des Chiquitanos de Bolivie |
Résumé | |
| "L’objectif de cet article est de décrire le système d’indexation de la personne dans les verbes du bésiro, une langue non classée et peu connue, parlée en Bolivie par environ 5000 locuteurs de l’ethnie Chiquitano. En bésiro, l’indexation de la personne suit un modèle très peu courant dans les langues du monde, basé sur quatre arguments nucléaires. Après avoir décrit ce système, cet article pose la question du type d’alignement morphosyntaxique et de l’origine de cette distinction « quadripartite »." | ||||
| 441–471 | Benjamin TOUATI | Étude des suffixes démonstratifs et de la déixis en sakao, dialecte du Wanohé (nord-est Santo, Vanuatu) | Résumé | |
| Cet article consiste en l’étude des suffixes démonstratifs du sakao. Le sakao présente la particularité de posséder sept démonstratifs. La plupart de ces démonstratifs ont à la fois des valeurs déictiques et non déictiques (essentiellement anaphoriques ou discursives). Dans une première partie, après avoir étudié les différentes valeurs de chaque démonstratif, nous nous attachons à identifier les sens prototypiques de chacun en faisant le lien entre valeurs déictiques et non-déictiques. Si, pour certains, ce sens prototypique est assez facile à dégager, il est plus difficile d’unifier les sens d’autres démonstratifs. Certains démonstratifs semblent, en effet, avoir des valeurs déictiques et non-déictiques contradictoires. Dans une seconde partie, nous nous demandons si le démonstratif ne se limite qu’à porter une indication déictique, anaphorique ou discursive ou si, au contraire, il a un rôle syntaxique particulier. Se pose notamment la question de savoir pourquoi ces démonstratifs sont quasi systématiques dans des textes de littérature orale, alors que, dans des conversations ou des textes à valeur explicative, leur présence est moindre. | ||||
| vii–xx | Procès-verbaux des séances de l'année 2012 |
| xxi–xxvii | Nécrologie André Crépin (1928-2013) André ROUSSEAU |
| 1–27 | Pour une rupture saussurienne Anne-Gaëlle TOUTAIN Résumé |
| Cet article s’efforce de prendre position dans le débat relatif à la nature de l’épistémologie (donc de l’histoire) qui convient aux sciences du langage, et plus généralement aux sciences humaines, en argumentant en faveur de la nécessité pour la linguistique de l’épistémologie bachelardienne, qui seule nous paraît permettre de rendre compte des enjeux de la théorie saussurienne de la langue. Nous voudrions ainsi déplacer le débat de la question de la nature de l’épistémologie vers celle de l’objet de la linguistique. | |
| 29–81 | Autour du vieux lituanien idant Les origines de la subordination Daniel PETIT Résumé |
| L’origine de la conjonction finale idant « pour que, afin que » du vieux lituanien est généralement considérée comme obscure, même si l’on s’accorde à y retrouver le représentant d’un thème démonstratif indo-européen *(h1)i-. Dans cet article, je m’efforce d’élucider l’origine de cette conjonction en la tirant d’un ancien adverbe démonstratif *(h1)i-dān « alors » suivi d’un datif éthique *-toi « pour toi ». Cette analyse nécessite, d’une part, de rendre compte de l’évolution d’un adverbe « alors » en une conjonction finale « pour que, afin que » et, d’autre part, d’expliquer l’ajout d’un datif éthique de deuxième personne. | |
| 83–129 | L'« inverse » en tupologie Un problème d'histoire de la linguistique Sauvane AGNÈS Résumé |
| Cet article entend présenter et questionner le phénomène de l’« inverse » tel qu’il est décrit et analysé par certains linguistes spécialistes des langues amérindiennes, inspirés notamment d’une tradition héritée des premières descriptions algonquiennes. La première partie de l’article introduit le concept d’« inverse » et les notions qui lui sont liées à travers une langue algonquienne, le cree des Plaines, considérée comme un « classique » de la littérature sur ce sujet. La seconde partie présente les divers élargissements et interprétations de ce concept par des auteurs tels que Givón, Zúñiga et Klaiman, qui cherchent à lui donner une place dans la typologie contemporaine. L’article suggère en revanche que les problématiques soulevées par le phénomène de l’« inverse » seraient davantage à mettre en rapport avec l’histoire de la linguistique, qui voit naitre et se perpétuer certaines traditions de description linguistique dans l’ignorance des développements d’une typologie plus générale. L’« inverse » pourrait notamment être revisité à la lumière des travaux plus récents sur l’ergativité et les différents types d’alignement. | |
| 131–160 | Vers un modèle fonctionnel pour l'analyse du lexique des émotions Iva NOVAKOVA et Elena MELNIKOVA Résumé |
| Cette étude a été réalisée dans le cadre du projet franco-allemand ANR/DFG EMOLEX. Elle a pour objectif d’analyser les lexies des émotions appartenant à trois champs sémantiques surprise, déception et respect dans cinq langues européennes (français, anglais, allemand, espagnol et russe). Le travail s’appuie sur deux approches complémentaires: l’étude du lexique à travers sa combinatoire lexico-syntaxique combinée à une approche lexico-statistique des associations lexicales spécifiques. L’étude est fondée sur de vastes corpus comparables multilingues, syntaxiquement annotés, composés de textes journalistiques et littéraires de 130 millions de mots par langue. Nous analysons d’abord quelques dimensions sémantiques spécifiques, véhiculées par les collocations de ces trois champs (par ex. l’intensité crushing disappointement, grosse déception, más sorprendente, eine massive Enttaüschung, ou la manifestation de l’émotion larmes de dépit, Ausruf des Erstaunens), analyse qui aboutit à l’élaboration des profils combinatoires contrastifs des lexies. Nous montrons, par la suite, la façon dont s’articule l’analyse sémantique avec les relations syntaxiques des éléments constitutifs des associations lexicales (collocations). Nous faisons l’hypothèse que les associations entre le mot pivot et le collocatif qui expriment différentes dimensions sémantiques (intensité, polarité, aspect, causativité, manifestation, contrôle de l’émotion) ont des préférences pour des positions et, de là, pour des fonctions syntaxiques spécifiques. Nous comparons enfin les structures actancielles des verbes des champs de surprise et de respect, à travers le changement des diathèses (active, passive, moyenne) dans le but d’identifier les dynamiques informationnelles au sein de la phrase (les différentes stratégies de centrage sur les différents participants à l’affect) afin de dresser les profils discursifs des verbes émotionnels étudiés. Cette approche, à la fois globale et fine, qui articule les trois niveaux (sémantique, syntaxique et discursif) aboutit à l’élaboration d’un modèle fonctionnel pour l’analyse du lexique émotionnel qui pourrait être appliqué à l’analyse d’autres types de lexique également. | |
| 161–195 | Des indéfinis négatifs au pluriel L'exemple du grec et du latin Camille DENIZOT Résumé |
| Le grec ancien et le latin ont des pronoms-adjectifs indéfinis négatifs qui peuvent être employés au pluriel (οὐδένες / οὐδαμοί et nulli), bien que ces grammèmes soient formés sur le numéral « un » et que l’indéfini négatif en général construise sémantiquement une quantité nulle. À partir d’une étude sur corpus sont décrits les principaux emplois de ces grammèmes dans les deux langues; cette description révèle des contraintes d’emploi plus importantes en grec ancien qu’en latin, qui correspondent à une fréquence d’apparition moindre du phénomène en grec. Pour rendre compte de ce contraste dans les deux langues, il faut replacer les indéfinis négatifs au pluriel dans le système propre à chaque langue, particulièrement dans le système des indéfinis pour le latin, et dans la question plus vaste du renouvellement des grammèmes négatifs en grec ancien. | |
| 197–222 | La troncation présuffixale en grec ancien Les dérivés du type de ἀλήθειᾰ et ἀμαθίᾱ Alain BLANC Résumé |
| "Le grec ancien a deux groupes de substantifs abstraits dérivés d’adjectifs sigmatiques: un groupe où la syllabe finale de l’adjectif sigmatique est conservée (attique ἀλήθεια < *ἀλᾱθεσίᾱ) et un groupe où cette syllabe finale a été supprimée (attique ἀμαθίᾱ < *ἀμαθ[εσ]ίᾱ). Jusqu’ici, cette dualité n’a pas reçu d’explication satisfaisante. Nous démontrons que le second groupe a été affecté par le phénomène morphologique de la troncation présuffixale. Liée au phénomène phonétique qu’est la disparition de la sifflante intervocalique, la troncation présuffixale agit ou n’agit pas dans des conditions qu’il s’agit de déterminer. On établit qu’elle a commencée à être mise en oeuvre dès le second millénaire et qu’elle s’est appliquée ou non suivant deux facteurs: l’ancienneté du dérivé et sa forme rythmique." | |
| 223–241 | Les conditions des ré-analyses Le témoignage du latin Michèle FRUYT |
| 243–271 | Au croisement du genre et du nombre De « neutre » latin au « féminin » roman Paulo DE CARVALHO |
| 273–282 | Notes sur un problème de la reconstruction phonétique et phonologique du protoroman Le groupe */gn/ Jean-Pierre CHAMBON Résumé |
| On se propose de reconstruire méthodiquement, à partir des correspondances phoniques entre variétés romanes, le groupe consonantique intervocalique que les dictionnaires étymologiques romans écrivent | |
| 283–343 | Disparition, apparition et réapparition des langues d'oïl De l'invisibilisation au nouveau regard Jean Léo LÉONARD et Lilianne JAGUENEAU Résumé |
| Le projet LLV (Les Langues et Vous), 2010-11 a permis d’étudier auprès des membres fondateurs du mouvement de défense et de promotion des langues d’oïl l’émergence d’un paradigme de recherche-action centré sur ces langues, en particulier sur le bourguignon-morvandiau, le gallo et le poitevin-saintongeais. Plus de 50 heures d’enregistrement de variétés dialectales rurales et urbaines ont été recueillies et en grande partie transcrites — notamment les entretiens avec les aménageurs d’oïl, entièrement réalisés dans ces langues. Ce corpus est ici analysé à l’aide de deux grilles analytiques, revisitées en fonction de l’enjeu que représente cette expérience d’innovation socioculturelle et glottopolitique: le modèle de stigmatisation et de contre-stigmatisation, à partir de l’essai classique d’Erving Goffman, et les théories de la déterritorialisation et des littératures mineures de Deleuze & Guattari. Cette lecture des entretiens permet de révéler une trame complexe de motivations et d’hypothèses mises en action et en pratique par les aménageurs d’oïl, qui semblent prendre source dans des formes de résilience face à l’assimilation, le sentiment éthique de la relation au milieu d’origine, et une expérimentation stylistique et stylisée de la relation au politique et aux questions sociétales. | |
| 345–380 | L'enquêteur architecte de ses enquêtés Modélisation graphique d'un complexe d'informations Jérémie DELORME |
| 381–417 | Le genre du locuteur et de l'allocutaire dans les systèmes pronominaux Genre grammatical et indexicalité du genre Françoise ROSE Résumé |
| Cet article s’intéresse au genre du locuteur et de l’allocutaire dans les systèmes pronominaux des langues du monde, un thème bien traité dans la littérature. L’originalité de la perspective adoptée ici est de prendre en compte, outre le genre grammatical, l’indexicalité obligatoire du genre du locuteur ou de l’allocutaire, une facette rare de l’indexicalité pragmatique des caractéristiques sociales des participants à la situation de communication (comme l’âge, le statut social, le genre social, etc). Un petit nombre de langues indicialisent en effet le genre du locuteur et/ou de l’allocutaire dans leur système pronominal, même lorsque le pronom ne renvoie pas à ce participant du discours. L’indexicalité du genre se distingue alors parfaitement des cas peu communs de genre grammatical à la première ou deuxième personne. A la lumière de cette distinction entre genre grammatical et genre indexical, l’article évalue les universaux et hiérarchies postulés autour de la distribution du genre au sein des systèmes pronominaux, selon les personnes, notamment la hiérarchie 2,3>1 tirée de l’Universel 44 de Greenberg. Le principal résultat de cet article est que les configurations rejetées comme impossibles par l’Universel 44 sont en réalité attestées, bien que rarement, et qu’elles illustrent l’indexicalité du genre du locuteur ou de l’allocutaire plutôt que le genre grammatical. | |
| 419–440 | Un alignement « quadripartite » en bésiro? Quatre arguments nucléaires dans la langue des Chiquitanos de Bolivie Pierric SANS Résumé |
| "L’objectif de cet article est de décrire le système d’indexation de la personne dans les verbes du bésiro, une langue non classée et peu connue, parlée en Bolivie par environ 5000 locuteurs de l’ethnie Chiquitano. En bésiro, l’indexation de la personne suit un modèle très peu courant dans les langues du monde, basé sur quatre arguments nucléaires. Après avoir décrit ce système, cet article pose la question du type d’alignement morphosyntaxique et de l’origine de cette distinction « quadripartite »." | |
| 441–471 | Étude des suffixes démonstratifs et de la déixis en sakao, dialecte du Wanohé (nord-est Santo, Vanuatu) Benjamin TOUATI Résumé |
| Cet article consiste en l’étude des suffixes démonstratifs du sakao. Le sakao présente la particularité de posséder sept démonstratifs. La plupart de ces démonstratifs ont à la fois des valeurs déictiques et non déictiques (essentiellement anaphoriques ou discursives). Dans une première partie, après avoir étudié les différentes valeurs de chaque démonstratif, nous nous attachons à identifier les sens prototypiques de chacun en faisant le lien entre valeurs déictiques et non-déictiques. Si, pour certains, ce sens prototypique est assez facile à dégager, il est plus difficile d’unifier les sens d’autres démonstratifs. Certains démonstratifs semblent, en effet, avoir des valeurs déictiques et non-déictiques contradictoires. Dans une seconde partie, nous nous demandons si le démonstratif ne se limite qu’à porter une indication déictique, anaphorique ou discursive ou si, au contraire, il a un rôle syntaxique particulier. Se pose notamment la question de savoir pourquoi ces démonstratifs sont quasi systématiques dans des textes de littérature orale, alors que, dans des conversations ou des textes à valeur explicative, leur présence est moindre. | |