| Pages | Auteurs | Titre | Lien | Résumé |
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| vii–xxx | Procès-verbaux des séances de l'année 2007 | Indisponible | ||
| 1–5 | Nécrologie | Indisponible | ||
| 7–62 | Loïc DEPECKER | Pour une généalogie de la pensée de Saussure | Résumé | |
| Nous avons exposé dans un précédent article (BSL 2002) la nécessité qu’il y a aujourd’hui de relire Saussure au plus près en raison des besoins théoriques nouveaux apparus en linguistique ces dernières années. Nous proposions en réponse à cette nécessité (BSL 2003) une reconstitution logique de la pensée de Saussure telle que la donnent à lire les manuscrits récemment retrouvés et publiés sous le titre Écrits de linguistique générale (2002). La consultation de nouveaux manuscrits de Saussure, leur publication (notamment L’Herne 2003), leur datation plus fine permettent désormais d’aller plus loin. Elles autorisent une reconstitution de l’évolution de sa pensée, depuis l’Essai pour réduire les mots du grec, du latin & de l’allemand à un petit nombre de racines (1872), jusqu’aux dernières notes préparatoires aux cours des années 1907-1911. Au point que l’analyse des manuscrits permet d’envisager une généalogie de la pensée de Saussure. L’évolution des idées que dessine cette méthode jette une lumière neuve sur sa pensée en la serrant au plus près et en la déliant du Cours de linguistique générale (1916), dont Saussure n’a pas écrit une ligne. Lecture surprenante par l’étonnante logique chronologique qu’elle offre de l’évolution de Saussure. Lecture vivifiante aussi, car elle remet en cause bien des idées toutes faites, particulièrement celle de croire que les grands concepts de la théorie de Saussure pourraient être sortis tout armés de sa pensée, toute géniale soit-elle. Cette lecture a l’avantage de mettre en perspective les grands concepts de sa théorie et de les comprendre dans leur évolution. Ainsi, l’approche généalogique effectuée ici, essentiellement pour la période 1891-1894, assortie d’une courte esquisse pour la suite, contribue à montrer ce point de méthode fondamental que la démarche structuraliste tend à laisser de côté: observer la manière dont les concepts ont été construits dans le temps détermine aussi leur compréhension. | ||||
| 63–116 | Anne-Gaëlle TOUTAIN | Empirisme, évidence et idéologie Quelques enjeux du « dépassement » jakobsonien de l'opposition saussurienne synchronie/diachronie |
Résumé | |
| Cet article propose, dans une perspective épistémologique héritée des travaux de Gaston Bachelard et de Georges Canguilhem, une analyse du « dépassement » jakobsonien de la distinction saussurienne synchronie/diachronie. Nous soutenons la thèse de la « coupure saussurienne », et lisons la distinction saussurienne synchronie/diachronie comme une distinction de portée à la fois épistémologique et théorique: elle permet la constitution du concept de langue, sous le double aspect d’une définition radicalement nouvelle de la langue comme fonctionnement, qui inaugure une problématique véritablement linguistique, et de l’élaboration d’un objet scientifique permettant de rompre avec l’empirisme, l’historicisme et l’organicisme de la linguistique antérieure. En regard, la distinction jakobsonienne synchronie/diachronie nous semble symptomatique d’un retour à l’empirisme — d’une part avec la notion d’état de langue et la construction de la langue comme support d’intégration structurale de la diversité empirique, d’autre part avec la définition de la langue comme instrument de communication, restant dans la problématique traditionnelle des rapports son/sens — et à des conceptions que la coupure saussurienne a périmées comme idéologiques: organicisme et problématique de l’origine. Il nous semble dès lors possible de poser que le « dépassement » jakobsonien de la distinction saussurienne synchronie/diachronie équivaut, par rapport à la théorie saussurienne, à un recul sur le plan scientifique, puisque d’une part il fait fond sur une non-théorisation de la langue, et que d’autre part il se situe du côté de l’idéologie plutôt que de la rationalité. | ||||
| 117–128 | Gilbert LAZARD | Nouvelles remarques au sujet du sujet | Résumé | |
| Cet article fait suite à un autre intitulé « Le sujet en perspective interlinguistique » (2003). On soutient qu’il est impossible de donner une définition universelle d’un terme dit sujet. En revanche, on peut en toute langue, sur une base sémantique, identifier une « construction biactancielle majeure » et en définir rigoureusement les termes. On peut d’autre part rechercher en toute langue un ensemble (variable) de propriétés morphosyntaxiques dit « configuration subjectale ». L’association des deux perspectives permet de rendre compte des phénomènes complexes que couvre confusément la notion traditionnelle de sujet et de bâtir des typologies. | ||||
| 129–150 | Jean-Louis DUCHET, Olivier KRAIF et Manuel TORRELLAS CASTILLO | Corpus massifs et corpus bilingues alignés Leur impact sur la recherche linguistique |
Résumé | |
| La linguistique de corpus offre un renouvellement complet de la méthodologie de la recherche en linguistique. Le caractère massif des corpus utilisés actuellement permet d’avoir une nouvelle approche du concept de fréquence d’occurrence et révèle des régularités que les méthodes traditionnelles ne permettaient pas d’atteindre. Le corpus donne aussi à voir le discours d’une communauté notamment dans la langue spécialisée au sein de laquelle les formes, les sens et les constructions apparaissent et évoluent et sont particulièrement accessibles au linguiste qui dispose des corpus bilingues alignés. Les versions française, espagnole et anglaise du corpus de l’acquis communautaire ont été utilisées pour illustrer le propos. | ||||
| 151–180 | Emmanuel DUPRAZ | Exophoriques et endophoriques en sabellique | Résumé | |
| Les langues sabelliques de l’Italie ancienne sont des langues d’attestation fragmentaire, qui présentent toutefois des corpus suffisamment longs et suffisamment divers pour qu’une étude des démonstratifs dans ces langues soit possible. Ces trois langues, l’ombrien, le sud-picénien et l’osque, présentent cinq grammèmes démonstratifs, *ekso-, *esto-/*esmo-, *ollo-, *oro- et *i-/*eo-/*eso-. A en juger par les données de l’ombrien, la mieux documentée des trois, mais aussi par les données moins riches de l’osque et du sud-picénien, il existe une distinction nette entre emplois exophoriques et emplois anaphoriques: les deux premiers grammèmes ont des emplois exophoriques et pas d’emplois anaphoriques, les deux derniers ont des emplois anaphoriques et pas d’emplois exophoriques. Les emplois déictiques discursifs, qui sont des emplois endophoriques pour pointer vers l’ensemble d’une proposition ou de plusieurs propositions, sont distribués entre les grammèmes exophoriques et les grammèmes anaphoriques. Le grammème *ollo- ne s’intègre pas dans cette opposition pragmatique entre exophoriques et anaphoriques. Il renvoie en effet à une opposition sémantique: les autres grammèmes peuvent être interprétés comme proximaux, alors qu’*ollo- est nettement marqué comme distal, et susceptible apparemment d’emplois exophoriques aussi bien qu’anaphoriques, à condition qu’un sémantisme distal doive être indiqué. | ||||
| 181–200 | Frédérique FLECK | Négation incorporée et type de négation Le cas des interrogatifs et subordonnants négatifs du latin |
Résumé | |
| Partant du constat que les deux adverbes interrogatifs du latin qui présentent une négation agglutinée (quin, quidni) connaissent un emploi marqué par rapport à celui des adverbes interrogatifs suivis d’une négation autonome, cet article montre que la négation agglutinée aux termes interrogatifs est toujours externe, ce qui a pour conséquence que les questions produites sont systématiquement des interrogations rhétoriques induisant une inversion de polarité. On peut vérifier, à propos des subordonnants comportant une négation agglutinée (quin, quominus) ou amalgamée (ne), que la négation incorporée est également externe. Il semble qu’il existe entre le caractère externe de la négation et son rapprochement sur l’axe syntagmatique avec le morphème exprimant l’interrogation ou la subordination un rapport qui se retrouverait, sous des modalités légèrement différentes, en français. | ||||
| 201–236 | Michel AURNAGUE et Marc PLÉNAT | Sémantique de l'espace et morphologie Le cas de la préfixation en é- |
Résumé | |
| Ce travail porte sur les verbes du français formés à l’aide du préfixe é- (écourter, épépiner, émietter, étirer, etc.). Une caractérisation globale de ces éléments lexicaux est tout d’abord effectuée. Elle met en lumière le schéma général auquel ils répondent, schéma qui les différencie d’autres modes de formation réputés proches. Le reste de l’étude est consacré, pour l’essentiel, à la mise en évidence des contraintes sémantiques bien particulières qui régissent ce type de dérivation. On montre notamment que les procès décrits font appel à une relation d’« attachement habituel » entre entités naturelles et qu’ils dénotent la dissociation par un agent intentionnel d’un élément de cette configuration. | ||||
| 237–253 | Isabelle GAUDY-CAMPBELL | Ain't, métaopérateur de l'anglais oral | Résumé | |
| Dans le cadre de l’anglais oral, nous concevons ain’t comme un métaopérateur et proposons une argumentation nuancée agencée à plusieurs niveaux. Remarques prosodiques et analyses contextuelles sont ici convoquées. Par sa présence récurrente dans les question tags, ain’t a la capacité d’apporter un commentaire sur la relation prédicative présente dans la base de l’énoncé. Grâce à sa position syntaxique, il vient entériner la dimension positive de la prédication de la base, que celle-ci soit explicite ou élidée. Au delà de la relation prédicative, il a également la capacité de se substituer à toute marque de ponctuation ou d’agencement syntaxique. Il vient alors coder l’ensemble d’un énoncé, en indiquant la teneur orale du propos. Ce codage peut rester neutre, mais également signaler une prise de distance voire une non adhésion de l’énonciateur aux propos rapportés. | ||||
| 255–282 | Éric DIEU | L'étymologie du comparatif vieux-slave boljii | Résumé | |
| Le comparatif vieux-slave boljii « plus grand » est rattaché traditionnellement à une racine indo-européenne *bel- dont serait issue notamment la famille du substantif sanskrit bála- « force ». On examine ici les problèmes d’ordre formel et sémantique que pose cette étymologie (notamment la question d’un *b indo-européen phonologique, et non simplement phonétique, dont cette racine serait le seul exemple probant), et l’on propose un nouveau rapprochement avec les formes grecques et arméniennes issues de la racine *h3bhel- « augmenter, accroître », à savoir la famille de gr. ὀφέλλω « augmenter, accroître, faire grossir, faire prospérer » et celle des formes arméniennes aweli « plus, davantage », yawelowm « ajouter, augmenter, faire grandir », et aṙawel « plus », aṙawelowm « augmenter, accroître »; on étudie en outre la possibilité de l’existence d’autres mots issus de cette racine en slave. | ||||
| 283–309 | Irina FOUGERON | L'autre et moi (Ja et sam en russe contemporain) |
Résumé | |
| Cette étude comporte deux parties: a) quelques remarques sur le pronom personnel ja de 1ère personne du singulier, b) l’analyse de l’emploi du lexème sam dans l’une de ses fonctions: déterminant de ja. Les indices qui déterminent l’emploi du pronom ja peuvent être regroupés sur deux axes: a) la présence de « l’autre » et b) le « plan discursif ». Les indices dégagés pour le fonctionnement de ja auprès du verbe au présent se révèlent valables avec le verbe au passé. De plus, la présence de ja auprès du verbe au passé peut s’expliquer par la création d’une « rétrospective temporelle ». Le lexème sam/sama/sami ne s’emploie qu’avec les noms animés ou avec les pronoms personnels. Les grammaires traditionnelles russes le considèrent comme un « pronom ». Parmi les multiples significations de sam/sama/sami nous nous intéresserons à « sans l’aide d’autrui ». Comme l’emploi de ja, celui de sam/sama/sami est conditionné par la relation à « l’autre ». L’expression de ce lexème dans le thème est lié à un appel à « l’autre », alors que noyau du rhème, il sert à exclure « l’autre » de l’action. La relation à « l’autre » du sujet déterminé par sam peut également se manifester dans l’expression d’une similitude de sentiments. Ce lexème joue un rôle important dans le maintien de la cohérence du texte. | ||||
| 311–331 | Petya ASSENOVA et Zlatka GUENTCHÉVA | Réflichi et moyen dans les langues balkaniques | Résumé | |
| Cet article propose une analyse comparée des propriétés syntaxiques et sémantiques des formes verbales du moyen (grec et albanais) et des formes verbales avec un clitique réflexif (bulgare et roumain) encodant les valeurs réfléchie, moyenne et médio-passive. Cette analyse montre que l’interprétation d’une construction dépend de plusieurs facteurs: les propriétés sémantiques du verbe qui donne naissance au verbe dérivé, la façon dont le marqueur moyen ou le clitique réflexif s’intègre dans les propriétés sémantiques du verbe, la relation qui s’établit entre la signification verbal et les propriétés des termes nominaux. A la différence du pronom réfléchi fort qui situe le procès par rapport à « soi » et qui a pour fonction de mettre à « égalité » l’agent avec les autres participants, la fonction principale du morphème moyen ou du clitique réflexif consiste à ne pas différencier l’agent et d’autre participant (patient, bénéficiaire ou destinataire) impliqué dans la relation prédicative. Dans le passage d’une construction transitive à une construction intransitive, la signification du verbe dérivé peut être fortement modifiée et la délimitation entre les différentes valeurs d’une construction est parfois très délicate et fortement tributaire du contexte. Sur le plan diachronique, ces constructions font apparaître deux étapes dans l’évolution des langues balkaniques: une formation verbale complètement morphologisée (grec et albanais) et une formation verbale morphologique (bulgare et roumain). | ||||
| 333–361 | Pollet SAMVELIAN | La conjugaison objective en erzya (mordve) Une approche réalisationelle |
Résumé | |
| La conjugaison objective des langues mordves (erzya et moksha) se caractérise par un phénomène de syncrétismes massifs, touchant en premier lieu les formes du pluriel d’une part et celles de la 1ère et de la 2e personnes de l’objet d’autre part. La conjonction de ces deux propriétés produit un effet maximal dans les formes du paradigme réalisant à la fois la 1ère ou la 2e personnes de l’objet et un sujet au pluriel, réduisant ainsi drastiquement le nombre des formes effectives par rapport au nombre des formes attendues. Dans cet article, je montrerai qu’une analyse morphologique des formes de la conjugaison objective mordve en synchronie doit tenir compte de deux conséquences majeures de ces syncrétismes. La première concerne la neutralisation de l’expression du sujet dans une grande partie des formes de la 1ère et de la 2e personne de l’objet. A cet égard, on peut affirmer qu’une partie du paradigme de la conjugaison objective mordve est devenue objective au sens littéral du terme, dans la mesure où la morphologie verbale y est déterminée par les propriétés objectales seules. La seconde conséquence est visible dans la généralisation des morphèmes portemanteaux, encodant simultanément des propriétés subjectales et objectales dans les formes épargnées par le phénomène de la neutralisation du sujet. Ces deux observations vont à l’encontre de certaines analyses morphologiques qui, sur la base essentiellement de considérations diachroniques, voudraient que l’on puisse délimiter deux (voire trois) segments distincts renvoyant au sujet et à l’objet. Les propriétés dégagées privilégient en outre une approche réalisationnelle pour rendre compte du paradigme de la conjugaison objective mordve. | ||||
| 363–400 | Jean-Léo LÉONARD | Simplicité de la flexion mordve? | Résumé | |
| Les langues mordves, erzya et mokša, sont réputées parmi les spécialistes de langues ouraliennes pour la complexité de leurs paradigmes flexionnels, notamment la conjugaison objective définie. Le présent article tente de montrer qu’il est possible de réduire la complexité apparente de la flexion nominale et verbale mordve en répartissant les marques morphologiques entre les domaines lexicaux, ou thématiques, et les domaines affixaux, d’ordre proprement désinentiel. Après une application à la morphologie nominale et casuelle de cette segmentation redistribuée entre domaines flexionnels, la conjugaison objective définie est analysée à partir de deux jeux de formants morphologiques: d’une part des augments thématiques objectaux (-sama-, -ta-, -sa-/-si-, -sami-, -tadi-,-si- en erzya; -sama-, -t'ä-, -sa-/-si-, -sama-, -tad'ä-, -saj-/-si- en mokša), d’autre part des désinences subjectales ou d’agent, issues de multiples sources: désinences d’impératif (-k), possessives (-ńk, ńek, etc.), de la conjugaison subjective (-tadV-), ou d’anciens participes (-ja, -ź). A ces classes et sousclasses de thèmes et de désinences s’ajoute la tendance au syncrétisme, liée à la catégorie du pluriel, qui se distribue de manière hautement prévisible dans les paradigmes des personnes « locales » (premières et deuxièmes personnes), tandis que les troisièmes personnes présentent le plus haut degré de marquage flexionnel. Ce redécoupage en domaines flexionnels objectaux et subjectaux rend mieux compte de l’ergonomie du système flexionnel des langues mordves que l’explication fondée sur la reconstruction diachronique (Serebrennikov, Bubrih), qui postule un état initial agglutinant et purement concaténatif de séquences Objet-Temps-Nombre-Sujet, alors qu’une analyse redistribuée des formants en synchronie incite à douter que le système soit passé d’un état hautement incrémentiel, ou agglutinant, à l’état flexionnel qui caractérise aujourd’hui aussi bien les langues mordves littéraires que les dialectes, dont les paradigmes ont été décrits de manière exhaustive par Lázló Keresztes (1999). En s’appuyant sur les données réunies par cet auteur et sur une réanalyse des domaines flexionnels de ce paradigme, un modèle alternatif de reconstruction du proto-mordve est proposé, qui tient davantage compte de l’ergonomie de la conjugaison et des stratégies de marquage morphologique, dans une perspective unitariste entre synchronie et diachronie. | ||||
| 401–422 | Daniel LEBAUD et Sylvain VOGEL | Sémantique de ba n en khmer contemporain | Résumé | |
| Le présent article traite des différents emplois du terme ba n en khmer contemporain et des valeurs interprétatives qui en découlent dans les énoncés. Les auteurs ont rassemblé, en prenant en compte de façon aussi exhautive que possible la distribution de ba n, un corpus riche et varié qui sert de base à l’établissement d’une hypothèse abstraite sur son fonctionnement. | ||||
| 423–442 | Alain LEMARÉCHAL | De quelques dangers des modèles « Word and processes » Les 21 règles « morphophonologiques » de The Verb morphology of Mori de Barsel (1994) |
Résumé | |
| En l’absence d’une morphématique rigoureusement saussurienne et « jusqu’au-bout-iste », pistant la distribution du sens dans la forme jusque dans les « plus petits » atomes de sens et de forme, les morphologies se réclamant ouvertement ou non d’un modèle ou d’un autre de style « Word and processes » font courir de grands dangers aux systèmes des langues, particulièrement aux langues peu ou non décrites de type plus ou moins « exotique », et aux langues agglutinantes caractérisées précisément par leur « transparence » (Dressler, Gleason). Entre autres, tout paradigme A vs B peut être décrit, sans faute, par des règles A > B /telles ou telles conditions…, mais, outre que de telles règles escamotent le plus souvent le problème du choix de A ou de B comme forme de base (Hagège), elles ont pour effet de désarticuler le paradigme et d’occulter la structuration des signifiés: non seulement elles ne constituent par elles-mêmes en rien une « interprétation », mais elles risquent de bloquer tout rapprochement de langue à langue et de masquer la parenté de marques et de systèmes même proches. Cela n’implique nullement que les modèles « Word and processes » n’aient rien à nous apprendre sur l’acquisition et apprentissage de la morphologie, sur le renouvellement des systèmes en diachronie, ni sur le fonctionnement en synchronie des systèmes caractéristiques des langues de type flexionnel, dont des morphologies « agglutinocentriques » comme celles de Martinet ou de Pike ne peuvent rendre compte de manière réaliste. | ||||
| 443–446 | Gilbert LAZARD | À propos de polysémie et de la communication de J.-P. Desclès | Indisponible | |
| 447–456 | Jean-Pierre DESCLÈS | Réponse de Jean-Pierre Desclès à l'intervention de Gilbert Lazard | Indisponible | |
| 457–460 | Françoise DAVIET-TAYLOR | À propos de Non et Non ou Non? Entretiens entre un philosophe, un grammarien et un logicien Le legs de Jean-Marie Zemb |
Indisponible | |
| vii–xxx | Procès-verbaux des séances de l'année 2007 |
| 1–5 | Nécrologie |
| 7–62 | Pour une généalogie de la pensée de Saussure Loïc DEPECKER Résumé |
| Nous avons exposé dans un précédent article (BSL 2002) la nécessité qu’il y a aujourd’hui de relire Saussure au plus près en raison des besoins théoriques nouveaux apparus en linguistique ces dernières années. Nous proposions en réponse à cette nécessité (BSL 2003) une reconstitution logique de la pensée de Saussure telle que la donnent à lire les manuscrits récemment retrouvés et publiés sous le titre Écrits de linguistique générale (2002). La consultation de nouveaux manuscrits de Saussure, leur publication (notamment L’Herne 2003), leur datation plus fine permettent désormais d’aller plus loin. Elles autorisent une reconstitution de l’évolution de sa pensée, depuis l’Essai pour réduire les mots du grec, du latin & de l’allemand à un petit nombre de racines (1872), jusqu’aux dernières notes préparatoires aux cours des années 1907-1911. Au point que l’analyse des manuscrits permet d’envisager une généalogie de la pensée de Saussure. L’évolution des idées que dessine cette méthode jette une lumière neuve sur sa pensée en la serrant au plus près et en la déliant du Cours de linguistique générale (1916), dont Saussure n’a pas écrit une ligne. Lecture surprenante par l’étonnante logique chronologique qu’elle offre de l’évolution de Saussure. Lecture vivifiante aussi, car elle remet en cause bien des idées toutes faites, particulièrement celle de croire que les grands concepts de la théorie de Saussure pourraient être sortis tout armés de sa pensée, toute géniale soit-elle. Cette lecture a l’avantage de mettre en perspective les grands concepts de sa théorie et de les comprendre dans leur évolution. Ainsi, l’approche généalogique effectuée ici, essentiellement pour la période 1891-1894, assortie d’une courte esquisse pour la suite, contribue à montrer ce point de méthode fondamental que la démarche structuraliste tend à laisser de côté: observer la manière dont les concepts ont été construits dans le temps détermine aussi leur compréhension. | |
| 63–116 | Empirisme, évidence et idéologie Quelques enjeux du « dépassement » jakobsonien de l'opposition saussurienne synchronie/diachronie Anne-Gaëlle TOUTAIN Résumé |
| Cet article propose, dans une perspective épistémologique héritée des travaux de Gaston Bachelard et de Georges Canguilhem, une analyse du « dépassement » jakobsonien de la distinction saussurienne synchronie/diachronie. Nous soutenons la thèse de la « coupure saussurienne », et lisons la distinction saussurienne synchronie/diachronie comme une distinction de portée à la fois épistémologique et théorique: elle permet la constitution du concept de langue, sous le double aspect d’une définition radicalement nouvelle de la langue comme fonctionnement, qui inaugure une problématique véritablement linguistique, et de l’élaboration d’un objet scientifique permettant de rompre avec l’empirisme, l’historicisme et l’organicisme de la linguistique antérieure. En regard, la distinction jakobsonienne synchronie/diachronie nous semble symptomatique d’un retour à l’empirisme — d’une part avec la notion d’état de langue et la construction de la langue comme support d’intégration structurale de la diversité empirique, d’autre part avec la définition de la langue comme instrument de communication, restant dans la problématique traditionnelle des rapports son/sens — et à des conceptions que la coupure saussurienne a périmées comme idéologiques: organicisme et problématique de l’origine. Il nous semble dès lors possible de poser que le « dépassement » jakobsonien de la distinction saussurienne synchronie/diachronie équivaut, par rapport à la théorie saussurienne, à un recul sur le plan scientifique, puisque d’une part il fait fond sur une non-théorisation de la langue, et que d’autre part il se situe du côté de l’idéologie plutôt que de la rationalité. | |
| 117–128 | Nouvelles remarques au sujet du sujet Gilbert LAZARD Résumé |
| Cet article fait suite à un autre intitulé « Le sujet en perspective interlinguistique » (2003). On soutient qu’il est impossible de donner une définition universelle d’un terme dit sujet. En revanche, on peut en toute langue, sur une base sémantique, identifier une « construction biactancielle majeure » et en définir rigoureusement les termes. On peut d’autre part rechercher en toute langue un ensemble (variable) de propriétés morphosyntaxiques dit « configuration subjectale ». L’association des deux perspectives permet de rendre compte des phénomènes complexes que couvre confusément la notion traditionnelle de sujet et de bâtir des typologies. | |
| 129–150 | Corpus massifs et corpus bilingues alignés Leur impact sur la recherche linguistique Jean-Louis DUCHET, Olivier KRAIF et Manuel TORRELLAS CASTILLO Résumé |
| La linguistique de corpus offre un renouvellement complet de la méthodologie de la recherche en linguistique. Le caractère massif des corpus utilisés actuellement permet d’avoir une nouvelle approche du concept de fréquence d’occurrence et révèle des régularités que les méthodes traditionnelles ne permettaient pas d’atteindre. Le corpus donne aussi à voir le discours d’une communauté notamment dans la langue spécialisée au sein de laquelle les formes, les sens et les constructions apparaissent et évoluent et sont particulièrement accessibles au linguiste qui dispose des corpus bilingues alignés. Les versions française, espagnole et anglaise du corpus de l’acquis communautaire ont été utilisées pour illustrer le propos. | |
| 151–180 | Exophoriques et endophoriques en sabellique Emmanuel DUPRAZ Résumé |
| Les langues sabelliques de l’Italie ancienne sont des langues d’attestation fragmentaire, qui présentent toutefois des corpus suffisamment longs et suffisamment divers pour qu’une étude des démonstratifs dans ces langues soit possible. Ces trois langues, l’ombrien, le sud-picénien et l’osque, présentent cinq grammèmes démonstratifs, *ekso-, *esto-/*esmo-, *ollo-, *oro- et *i-/*eo-/*eso-. A en juger par les données de l’ombrien, la mieux documentée des trois, mais aussi par les données moins riches de l’osque et du sud-picénien, il existe une distinction nette entre emplois exophoriques et emplois anaphoriques: les deux premiers grammèmes ont des emplois exophoriques et pas d’emplois anaphoriques, les deux derniers ont des emplois anaphoriques et pas d’emplois exophoriques. Les emplois déictiques discursifs, qui sont des emplois endophoriques pour pointer vers l’ensemble d’une proposition ou de plusieurs propositions, sont distribués entre les grammèmes exophoriques et les grammèmes anaphoriques. Le grammème *ollo- ne s’intègre pas dans cette opposition pragmatique entre exophoriques et anaphoriques. Il renvoie en effet à une opposition sémantique: les autres grammèmes peuvent être interprétés comme proximaux, alors qu’*ollo- est nettement marqué comme distal, et susceptible apparemment d’emplois exophoriques aussi bien qu’anaphoriques, à condition qu’un sémantisme distal doive être indiqué. | |
| 181–200 | Négation incorporée et type de négation Le cas des interrogatifs et subordonnants négatifs du latin Frédérique FLECK Résumé |
| Partant du constat que les deux adverbes interrogatifs du latin qui présentent une négation agglutinée (quin, quidni) connaissent un emploi marqué par rapport à celui des adverbes interrogatifs suivis d’une négation autonome, cet article montre que la négation agglutinée aux termes interrogatifs est toujours externe, ce qui a pour conséquence que les questions produites sont systématiquement des interrogations rhétoriques induisant une inversion de polarité. On peut vérifier, à propos des subordonnants comportant une négation agglutinée (quin, quominus) ou amalgamée (ne), que la négation incorporée est également externe. Il semble qu’il existe entre le caractère externe de la négation et son rapprochement sur l’axe syntagmatique avec le morphème exprimant l’interrogation ou la subordination un rapport qui se retrouverait, sous des modalités légèrement différentes, en français. | |
| 201–236 | Sémantique de l'espace et morphologie Le cas de la préfixation en é- Michel AURNAGUE et Marc PLÉNAT Résumé |
| Ce travail porte sur les verbes du français formés à l’aide du préfixe é- (écourter, épépiner, émietter, étirer, etc.). Une caractérisation globale de ces éléments lexicaux est tout d’abord effectuée. Elle met en lumière le schéma général auquel ils répondent, schéma qui les différencie d’autres modes de formation réputés proches. Le reste de l’étude est consacré, pour l’essentiel, à la mise en évidence des contraintes sémantiques bien particulières qui régissent ce type de dérivation. On montre notamment que les procès décrits font appel à une relation d’« attachement habituel » entre entités naturelles et qu’ils dénotent la dissociation par un agent intentionnel d’un élément de cette configuration. | |
| 237–253 | Ain't, métaopérateur de l'anglais oral Isabelle GAUDY-CAMPBELL Résumé |
| Dans le cadre de l’anglais oral, nous concevons ain’t comme un métaopérateur et proposons une argumentation nuancée agencée à plusieurs niveaux. Remarques prosodiques et analyses contextuelles sont ici convoquées. Par sa présence récurrente dans les question tags, ain’t a la capacité d’apporter un commentaire sur la relation prédicative présente dans la base de l’énoncé. Grâce à sa position syntaxique, il vient entériner la dimension positive de la prédication de la base, que celle-ci soit explicite ou élidée. Au delà de la relation prédicative, il a également la capacité de se substituer à toute marque de ponctuation ou d’agencement syntaxique. Il vient alors coder l’ensemble d’un énoncé, en indiquant la teneur orale du propos. Ce codage peut rester neutre, mais également signaler une prise de distance voire une non adhésion de l’énonciateur aux propos rapportés. | |
| 255–282 | L'étymologie du comparatif vieux-slave boljii Éric DIEU Résumé |
| Le comparatif vieux-slave boljii « plus grand » est rattaché traditionnellement à une racine indo-européenne *bel- dont serait issue notamment la famille du substantif sanskrit bála- « force ». On examine ici les problèmes d’ordre formel et sémantique que pose cette étymologie (notamment la question d’un *b indo-européen phonologique, et non simplement phonétique, dont cette racine serait le seul exemple probant), et l’on propose un nouveau rapprochement avec les formes grecques et arméniennes issues de la racine *h3bhel- « augmenter, accroître », à savoir la famille de gr. ὀφέλλω « augmenter, accroître, faire grossir, faire prospérer » et celle des formes arméniennes aweli « plus, davantage », yawelowm « ajouter, augmenter, faire grandir », et aṙawel « plus », aṙawelowm « augmenter, accroître »; on étudie en outre la possibilité de l’existence d’autres mots issus de cette racine en slave. | |
| 283–309 | L'autre et moi (Ja et sam en russe contemporain) Irina FOUGERON Résumé |
| Cette étude comporte deux parties: a) quelques remarques sur le pronom personnel ja de 1ère personne du singulier, b) l’analyse de l’emploi du lexème sam dans l’une de ses fonctions: déterminant de ja. Les indices qui déterminent l’emploi du pronom ja peuvent être regroupés sur deux axes: a) la présence de « l’autre » et b) le « plan discursif ». Les indices dégagés pour le fonctionnement de ja auprès du verbe au présent se révèlent valables avec le verbe au passé. De plus, la présence de ja auprès du verbe au passé peut s’expliquer par la création d’une « rétrospective temporelle ». Le lexème sam/sama/sami ne s’emploie qu’avec les noms animés ou avec les pronoms personnels. Les grammaires traditionnelles russes le considèrent comme un « pronom ». Parmi les multiples significations de sam/sama/sami nous nous intéresserons à « sans l’aide d’autrui ». Comme l’emploi de ja, celui de sam/sama/sami est conditionné par la relation à « l’autre ». L’expression de ce lexème dans le thème est lié à un appel à « l’autre », alors que noyau du rhème, il sert à exclure « l’autre » de l’action. La relation à « l’autre » du sujet déterminé par sam peut également se manifester dans l’expression d’une similitude de sentiments. Ce lexème joue un rôle important dans le maintien de la cohérence du texte. | |
| 311–331 | Réflichi et moyen dans les langues balkaniques Petya ASSENOVA et Zlatka GUENTCHÉVA Résumé |
| Cet article propose une analyse comparée des propriétés syntaxiques et sémantiques des formes verbales du moyen (grec et albanais) et des formes verbales avec un clitique réflexif (bulgare et roumain) encodant les valeurs réfléchie, moyenne et médio-passive. Cette analyse montre que l’interprétation d’une construction dépend de plusieurs facteurs: les propriétés sémantiques du verbe qui donne naissance au verbe dérivé, la façon dont le marqueur moyen ou le clitique réflexif s’intègre dans les propriétés sémantiques du verbe, la relation qui s’établit entre la signification verbal et les propriétés des termes nominaux. A la différence du pronom réfléchi fort qui situe le procès par rapport à « soi » et qui a pour fonction de mettre à « égalité » l’agent avec les autres participants, la fonction principale du morphème moyen ou du clitique réflexif consiste à ne pas différencier l’agent et d’autre participant (patient, bénéficiaire ou destinataire) impliqué dans la relation prédicative. Dans le passage d’une construction transitive à une construction intransitive, la signification du verbe dérivé peut être fortement modifiée et la délimitation entre les différentes valeurs d’une construction est parfois très délicate et fortement tributaire du contexte. Sur le plan diachronique, ces constructions font apparaître deux étapes dans l’évolution des langues balkaniques: une formation verbale complètement morphologisée (grec et albanais) et une formation verbale morphologique (bulgare et roumain). | |
| 333–361 | La conjugaison objective en erzya (mordve) Une approche réalisationelle Pollet SAMVELIAN Résumé |
| La conjugaison objective des langues mordves (erzya et moksha) se caractérise par un phénomène de syncrétismes massifs, touchant en premier lieu les formes du pluriel d’une part et celles de la 1ère et de la 2e personnes de l’objet d’autre part. La conjonction de ces deux propriétés produit un effet maximal dans les formes du paradigme réalisant à la fois la 1ère ou la 2e personnes de l’objet et un sujet au pluriel, réduisant ainsi drastiquement le nombre des formes effectives par rapport au nombre des formes attendues. Dans cet article, je montrerai qu’une analyse morphologique des formes de la conjugaison objective mordve en synchronie doit tenir compte de deux conséquences majeures de ces syncrétismes. La première concerne la neutralisation de l’expression du sujet dans une grande partie des formes de la 1ère et de la 2e personne de l’objet. A cet égard, on peut affirmer qu’une partie du paradigme de la conjugaison objective mordve est devenue objective au sens littéral du terme, dans la mesure où la morphologie verbale y est déterminée par les propriétés objectales seules. La seconde conséquence est visible dans la généralisation des morphèmes portemanteaux, encodant simultanément des propriétés subjectales et objectales dans les formes épargnées par le phénomène de la neutralisation du sujet. Ces deux observations vont à l’encontre de certaines analyses morphologiques qui, sur la base essentiellement de considérations diachroniques, voudraient que l’on puisse délimiter deux (voire trois) segments distincts renvoyant au sujet et à l’objet. Les propriétés dégagées privilégient en outre une approche réalisationnelle pour rendre compte du paradigme de la conjugaison objective mordve. | |
| 363–400 | Simplicité de la flexion mordve? Jean-Léo LÉONARD Résumé |
| Les langues mordves, erzya et mokša, sont réputées parmi les spécialistes de langues ouraliennes pour la complexité de leurs paradigmes flexionnels, notamment la conjugaison objective définie. Le présent article tente de montrer qu’il est possible de réduire la complexité apparente de la flexion nominale et verbale mordve en répartissant les marques morphologiques entre les domaines lexicaux, ou thématiques, et les domaines affixaux, d’ordre proprement désinentiel. Après une application à la morphologie nominale et casuelle de cette segmentation redistribuée entre domaines flexionnels, la conjugaison objective définie est analysée à partir de deux jeux de formants morphologiques: d’une part des augments thématiques objectaux (-sama-, -ta-, -sa-/-si-, -sami-, -tadi-,-si- en erzya; -sama-, -t'ä-, -sa-/-si-, -sama-, -tad'ä-, -saj-/-si- en mokša), d’autre part des désinences subjectales ou d’agent, issues de multiples sources: désinences d’impératif (-k), possessives (-ńk, ńek, etc.), de la conjugaison subjective (-tadV-), ou d’anciens participes (-ja, -ź). A ces classes et sousclasses de thèmes et de désinences s’ajoute la tendance au syncrétisme, liée à la catégorie du pluriel, qui se distribue de manière hautement prévisible dans les paradigmes des personnes « locales » (premières et deuxièmes personnes), tandis que les troisièmes personnes présentent le plus haut degré de marquage flexionnel. Ce redécoupage en domaines flexionnels objectaux et subjectaux rend mieux compte de l’ergonomie du système flexionnel des langues mordves que l’explication fondée sur la reconstruction diachronique (Serebrennikov, Bubrih), qui postule un état initial agglutinant et purement concaténatif de séquences Objet-Temps-Nombre-Sujet, alors qu’une analyse redistribuée des formants en synchronie incite à douter que le système soit passé d’un état hautement incrémentiel, ou agglutinant, à l’état flexionnel qui caractérise aujourd’hui aussi bien les langues mordves littéraires que les dialectes, dont les paradigmes ont été décrits de manière exhaustive par Lázló Keresztes (1999). En s’appuyant sur les données réunies par cet auteur et sur une réanalyse des domaines flexionnels de ce paradigme, un modèle alternatif de reconstruction du proto-mordve est proposé, qui tient davantage compte de l’ergonomie de la conjugaison et des stratégies de marquage morphologique, dans une perspective unitariste entre synchronie et diachronie. | |
| 401–422 | Sémantique de ba n en khmer contemporain Daniel LEBAUD et Sylvain VOGEL Résumé |
| Le présent article traite des différents emplois du terme ba n en khmer contemporain et des valeurs interprétatives qui en découlent dans les énoncés. Les auteurs ont rassemblé, en prenant en compte de façon aussi exhautive que possible la distribution de ba n, un corpus riche et varié qui sert de base à l’établissement d’une hypothèse abstraite sur son fonctionnement. | |
| 423–442 | De quelques dangers des modèles « Word and processes » Les 21 règles « morphophonologiques » de The Verb morphology of Mori de Barsel (1994) Alain LEMARÉCHAL Résumé |
| En l’absence d’une morphématique rigoureusement saussurienne et « jusqu’au-bout-iste », pistant la distribution du sens dans la forme jusque dans les « plus petits » atomes de sens et de forme, les morphologies se réclamant ouvertement ou non d’un modèle ou d’un autre de style « Word and processes » font courir de grands dangers aux systèmes des langues, particulièrement aux langues peu ou non décrites de type plus ou moins « exotique », et aux langues agglutinantes caractérisées précisément par leur « transparence » (Dressler, Gleason). Entre autres, tout paradigme A vs B peut être décrit, sans faute, par des règles A > B /telles ou telles conditions…, mais, outre que de telles règles escamotent le plus souvent le problème du choix de A ou de B comme forme de base (Hagège), elles ont pour effet de désarticuler le paradigme et d’occulter la structuration des signifiés: non seulement elles ne constituent par elles-mêmes en rien une « interprétation », mais elles risquent de bloquer tout rapprochement de langue à langue et de masquer la parenté de marques et de systèmes même proches. Cela n’implique nullement que les modèles « Word and processes » n’aient rien à nous apprendre sur l’acquisition et apprentissage de la morphologie, sur le renouvellement des systèmes en diachronie, ni sur le fonctionnement en synchronie des systèmes caractéristiques des langues de type flexionnel, dont des morphologies « agglutinocentriques » comme celles de Martinet ou de Pike ne peuvent rendre compte de manière réaliste. | |
| 443–446 | À propos de polysémie et de la communication de J.-P. Desclès Gilbert LAZARD |
| 447–456 | Réponse de Jean-Pierre Desclès à l'intervention de Gilbert Lazard Jean-Pierre DESCLÈS |
| 457–460 | À propos de Non et Non ou Non? Entretiens entre un philosophe, un grammarien et un logicien Le legs de Jean-Marie Zemb Françoise DAVIET-TAYLOR |