| Pages | Auteurs | Titre | Lien | Résumé |
|---|---|---|---|---|
| vii–xxi | procès-verbaux des séances de l'année 2004 | Indisponible | ||
| 5–8 | Alain LEMARÉCHAL | Avant-propos | Indisponible | |
| 9–15 | Charles DE LAMBERTERIE | Note sur l'agencement des Mémoires et du Bulletin de la Société de Linguistique de Paris | Indisponible | |
| 17–44 | Charles DE LAMBERTERIE | La grammaire comparée des langues indo-européennes dans les MSL et le BSL Des origines au règne d'Antoine Mellet |
Résumé | |
| La grammaire comparée des langues indo-européennes a toujours occupé une place importante dans les Mémoires et le Bulletin de la Société de linguistique de Paris, du fait que jusqu’à une date récente la fonction de secrétaire ou de secrétaire-adjoint de la Société de linguistique a été occupée par des spécialistes de cette discipline (M. Bréal, F. de Saussure, A. Meillet, J. Vendryes, É. Benveniste, Michel LEJEUNE). Le présent article passe en revue les travaux les plus importants, parfois oubliés aujourd’hui, publiés dans les MSL et le BSL jusqu’à la première guerre mondiale, période où Meillet régnait en maître sur les études de linguistique en France. | ||||
| 45–85 | Georges-Jean PINAULT | Présence des langues indo-iraniennes et d'Asie Centrale dans les MSL et BSL | Résumé | |
| Le contenu des MSL et du BSL montre que les langues indo-iraniennes et d’Asie Centrale ont toujours été présentes dans les livraisons du périodique, qui a été concurrencé, et en partie supplanté, par des périodiques spécialisés dans ces langues ou dans l’étude historico-comparative des langues indo-européennes. On propose de distinguer, depuis la première livraison jusqu’à nos jours, cinq grandes périodes dans l’histoire du périodique, qui correspondent à différentes phases dans l’étude de la documentation tirée de ces langues. Ces phases ont été marquées par l’activité de personnalités scientifiques qui ont donné au périodique son caractère propre, notamment par la reprise de certains thèmes par divers auteurs au fil du temps. | ||||
| 87–112 | Alain BLANC | Le grec dans le BSL | Indisponible | |
| 113–120 | Marc BARATIN | Le latin Des origines du BSL à la fin des années 70 |
Résumé | |
| Langue de référence au départ, le latin occupe dans le BSL une place qui va en décroissant, depuis la période initiale, dominée par Bréal et Havet, jusqu’au milieu du 20e s. Tandis qu’une tradition se maintient, avec Meillet puis Ernout et André, et ouvre elle-même de nouvelles pistes, notamment vers les langues italiques, une renaissance s’observe à partir du milieu du 20e s., en raison de nouvelles analyses du comparatisme et des perspectives ouvertes par la linguistique. | ||||
| 121–181 | Martin-D. GLEßGEN | La place de la linguistique romane dans le BSL | Résumé | |
| "La part de linguistique romane dans le BSL est très réduite parmi les articles mais bien présente dans les comptes rendus (15 % des comptes rendus). Une analyse globale des thèmes traités par les ouvrages recensés dans 60 numéros du BSL (1912-1951; 1984-2003, cf. annexe) permet de définir la physionomie romaniste véhiculée par cette revue: parmi les langues romanes, le BSL tient essentiellement compte du français (60 % des comptes rendus) et seulement dans une mesure beaucoup plus faible de l’espagnol, de l’italien, du roumain, de l’occitan et des langues créoles à base lexicale romane; les autres langues romanes (portugais, romanche, catalan, sarde, latin médiéval, etc.) sont presque absentes. D’un point de vue thématique, le BSL favorise les études de grammaire sur les langues standard actuelles; la lexicologie et la lexicographie, traditionnellement très développées en romanistique sont beaucoup moins présentes, de même que les études historiques; les différents domaines variationnels (dialectologie, langues régionales, variations diastratique et diaphasique) sont peu équilibrés. Par ailleurs, les ouvrages publiés par des chercheurs français reçoivent une attention plus grande que ceux des linguistes étrangers. Les derniers numéros du BSL montrent néanmoins une ouverture très prometteuse par l’accueil d’articles de romanistique en plus grand nombre." | ||||
| 183–223 | Claire BLANCHE-BENVENISTE | La place de la langue française dans les Mémoires et le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris | Résumé | |
| À ses débuts, entre 1868 et 1905, la Société de Linguistique de Paris a consacré peu de place à la langue française, en ne lui réservant que des études traditionnelles sur les étymologies et les régionalismes. Tout change pendant les années 1905-1935, lorsque les acquis de la linguistique historique et de la linguistique générale commencent à être appliqués au français. Dans ses nombreux comptes rendus consacrés aux publications sur la grammaire française, Antoine Meillet a souvent réclamé encore plus de renouvellement dans les données, dans les méthodes et dans l’utilisation de la sociologie et de l’histoire, de sorte que ses observations paraissent encore novatrices de nos jours. Pendant les années 1946-1968, à travers les compte rendus de R.L. Wagner, le Bulletin suit de près l’influence du structuralisme et la diffusion des idées de G. Guillaume. Dans la dernière époque considérée, de 1968 aux années 80, Jean Stéfanini continue l’examen des nouvelles théories et des œuvres de vulgarisation. Il y ajoute un intérêt nouveau pour l’histoire des idées grammaticales. Vue par ces trois linguistes, la langue française a gagné sa légitimité dans les publications de la Société. | ||||
| 225–244 | Jean BREUILLARD | La slavistique dans le BSL | Résumé | |
| Présente dès la naissance de la SLP (1866), la linguistique slave ne prend son essor en France, et donc dans le BSL, qu’avec l’arrivée d’Antoine Meillet (1889). Avant et après la Première Guerre mondiale, le BSL s’ouvre largement aux slavistes slaves (L. Scerba, A. Belić, N. Troubetzkoy, etc.). La création (1891) d’une chaire de russe à l’Institut des langues orientales (Paul Boyer) et à la Sorbonne (1902), la fondation de l’Institut d’études slaves (1919) et de la Revue des études slaves (1924) et, d’autre part, la création d’une direction d’études des langues et littératures slaves du Moyen Âge à l’ÉPHÉ(1932) dotent la slavistique française de supports institutionnels. L’école française de philologie slave, avec Meillet et André Vaillant, acquiert une audience internationale. Après la Seconde Guerre mondiale, le paysage de la slavistique française est profondément modifié. En face de la Revue des études slaves, qui s’isole dans son opposition au structuralisme, le BSL se caractérise par son ouverture. Une pléiade de grands linguistes uniquement ou non uniquement slavistes y publient: Marc Vey, Roger Bernard, Lucien Tesnière, Boris Unbegaun, Aleksandr Isacenko, etc. Au début des années soixante, le BSL commence à accueillir une brillante génération de jeunes slavistes français (Paul Garde, Jacques Veyrenc, Jacques Lépissier, René L’Hermitte, Yves Gentilhomme, José Johannet, Yves Millet, Étienne Decaux et Roger Bernard bientôt suivi par Jack Feuillet) et étrangers (Igor’ Mel’čuk). À partir du début des années quatre-vingt, le BSL s’ouvre à de nouveaux domaines de la linguistique slave: prosodie, syntaxe, ordre des mots et articulation communicative, particules, opérations discursives (Christine Bonnot, Irina Fougeron, Zlatka Guentcheva-Desclés, Anna Khaldoyanidi, Jean Breuillard, R. Camus). La phonologie et la morphologie restent bien représentées (Claude Vincenot, Marcel Ferrand), de même que la dialectologie (G. Drettas). La philologie slave reçoit l’apport de jeunes chercheurs (Sylvain Patri, Claire Le Feuvre), de même que l’histoire des idées linguistiques (P. Sériot, I. Ivanova). Aujourd’hui, la place de la slavistique au sein du BSL accuse un fléchissement sensible, en regard des années soixante. Il faut constater une moindre visibilité du BSL dans les pays slaves, conjuguée à sa moindre représentativité pour la linguistique slave française (maints slavistes français contemporains n’y ont pas publié) et à une baisse de la veille bibliographique. Il y a lieu, cependant, de penser que les relations désormais plus faciles avec les linguistes russes et l’entrée de plusieurs pays slaves dans l’Union européenne favoriseront un nouvel essor de la linguistique slave en France et redonneront au BSL le lustre qui, dans ce domaine, fut le sien. | ||||
| 245–267 | Jean PERROT | La présence des langues ouraliennes dans l'histoire du BSL | Résumé | |
| L’enquête historique ici présentée prend en compte à la fois le Bulletin et les Mémoires de la Société de Linguistique de Paris pour suivre sur plus d’un siècle tout ce qui manifeste la présence des langues ouraliennes∞∞∞: articles ou simples résumés des communications, interventions dans les discussions, comptes rendus. Cette présence a été conditionnée à la fois par la rare émergence de linguistes se spécialisant dans l’étude de ce domaine et par les lentes avancées institutionnelles qui lui ont fourni un support pour l’enseignement et la recherche. Deux personnalités ont marqué cette histoire: Robert Gauthiot pour quelques années du XXème siècle et Aurélien Sauvageot ensuite pendant plus d’un demi-siècle. L’article tente de dresser un bilan de ce parcours. | ||||
| 269–302 | Alain LEMARÉCHAL | Les 'autres langues' dans le Bulletin et les publications de la SLP | Résumé | |
| Par « autres langues », il faut entendre, comme on l’a fait dans certains tomes du BSL, les langues autres qu’indo-européennes, chamito-sémitiques, finno-ougriennes, qui, elles, étaient largement abordées; les « autres langues »l’ont été très irrégulièrement selon les époques aussi bien dans les articles qu’à travers les comptes rendus: on sera surpris d’apprendre que c’est dans les décennies 1970 et 1980 qu’elles y ont été le plus défavorisées. Certes, il est difficile pour une revue généraliste de tout couvrir, et la présence de comptes rendus et d’articles relevant des différents domaines disciplinaires dépend de celle de linguistes spécialistes de ces domaines dans les institutions d’enseignement et de recherche, mais elle reflète avant tout l’orientation du Bulletin et de la Société ainsi que l’image qu’elle a voulu donner d’elle-même et qu’on a eu d’elle. Des leçons pour l’avenir sont certainement à en tirer. | ||||
| 303–314 | Claude HAGÈGE | Le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris comme lieu de contributions à la recherche en linguistique générale et en typologie des langues Des années 1960 à l'année 2000 |
Résumé | |
| Dans les quarante dernières années du XXème siècle, le BSL a apporté une contribution importante au développement spectaculaire des recherches en linguistique qui a marqué cette période. Les articles qui y ont été publiés pendant ces années reflètent la diversité des problèmes qui ont intéressé les linguistes. La syntaxe et la sémantique ont été les domaines les plus étudiés, et les langues les plus variées ont fourni des matériaux précieux. Tout en restant un périodique où paraissent surtout des travaux de structuralistes européens, le BSL a également accueilli des articles utilisant des cadres théoriques différents de ce dernier, ce qui contribue à son rayonnement. | ||||
| 315–358 | Dan SAVATOVSKY | Sémantique et philosophie du langage dans le Bulletin et les Mémoires de la Société de Linguistique de Paris | Résumé | |
| Sémantique et philosophie du langage dans le Bulletin et les Mémoires de la Société de Linguistique de Paris: A partir du dépouillement des comptes rendus d’ouvrages parus dans le BSL, on analyse les conditions et les formes dans lesquelles la SLP a exclu la philosophie du langage du domaine de ses préoccupations et a tardé à accorder à la sémantique le statut de savoir linguistique de plein exercice. Au delà des interdits figurant dans les statuts de la SLP, qui portent sur les thèmes philosophiques de l’origine du langage et de la langue universelle, on examine la distinction opérée par Meillet entre philosophie de la linguistique (identifiée à la linguistique générale) et philosophie linguistique. Puis on envisage les deux principales vertus épistémologiques que Meillet reconnaît à cette dernière (à propos de Cassirer): élargir l’horizon, classer les théories. S’agissant de la sémantique, on traite successivement de l’échec de la sémantique de Bréal, des limites que l’empirisme comparatiste, puis structural, longtemps en vigueur à la SLP, ont assigné au développement d’une sémantique autonome, des malentendus qui ont marqué la réception des ouvrages de Marty ou de Trier. Puis, on traite de la réflexion menée par Benveniste sur le sens et sur la distinction sémiotique/sémantique, la place faite dans le BSL aux travaux de P. Guiraud et B. Pottier dans les années 50-60, et enfin de la reconnaissance récente des différentes théories sémantiques, signalée notamment par l’admission de sémanticiens en plus grand nombre au sein de la SLP à partir des années 1980. | ||||
| 359–390 | Gabriel BERGOUNIOUX | La Société de Linguistique de Paris dans son histoire (1863-1970) | Résumé | |
| L’histoire de la Société de Linguistique de Paris est présentée durant un siècle (1860-1970) à travers les différentes étapes de son développement. D’abord sa fondation et le processus d’institutionnalisation avec Michel Bréal (1866-1906); ensuite, face aux travaux allemands, la relance par Saussure d’une activité scientifique (1881-1891) qui aboutit à une organisation centralisée sous la direction de Meillet (1906-1936). Au terme d’une transition accrue par la guerre, à partir de 1945, la SLP, confrontée à la concurrence des chercheurs américains, s’ouvre progressivement au structuralisme dans un débat qui oppose les deux représentants les plus éminents de la discipline∞∞∞: André Martinet et Emile Benveniste. L’article se conclut sur un bilan concernant la situation de la SLP dans la linguistique en France en 1970. | ||||
| 391–404 | Jean-Claude CHEVALIER | Le BSL et les revues françaises | Résumé | |
| Dans un premier temps (1871-1890), le Bulletin de la Société trouve sa place au milieu des nombreuses revues d’étude du langage qui sont créées à cette époque. Dans une deuxième époque (1890-1939), la revue des revues lui permet de souligner quelques points fondamentaux de son action. Enfin, de 1945 à nos jours, la prolifération des revues devient débordante et conduit à l’édition de Bibliographies d’ensemble; la Société en profite pour privilégier les revues qui semblent particulièrement utiles aux responsables de la Société. | ||||
| 405–424 | E.F.K. KOERNER | Le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris parmi les principales revues de linguistique de son temps | Résumé | |
| Le thème de cette contribution autorisait bien des interprétations et des réponses. Il ne pouvait être question, dans le temps imparti, de comparer le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris avec les périodiques publiés à l’étranger durant cent trente-cinq ans, ou même seulement durant les dix premières années, 1869-1879, de sa longue existence. Il s’agit de la période la plus importante, durant laquelle le BSL eut à se définir et à s’imposer comme le principal organe d’expression de la linguistique en France. A partir de 1876, les exigences scientifiques (en un temps où la définition des objets de recherche de la S.L.P. est fixée par un décret ministériel) font franchir une étape décisive à la linguistique qui se ressemble désormais (cf. Koerner 1976). Cette année voit la publication de la loi de Verner en avril alors qu’en octobre Saussure arrive à Leipzig, et que paraissent les livres de Leskien, Sievers et Winteler ou les contributions de Brugmann, Osthoff et d’autres. Cette année-là, Saussure soumet à la S.L.P. une première esquisse du Mémoire. Notre article, après quelques remarques préalables sur l’importance des périodiques pour la discipline, propose une fois encore (cf. Meillet 1930, Vendryes 1955, Benveniste 1971, Bergounioux 1996, 1997) un historique – qui, pour une fois, n’est pas rédigé par un secrétaire ou un administrateur de la S.L.P. – concernant les premières années du BSL et ses relations avec les autres revues, françaises et surtout étrangères. En conclusion, nous présentons une liste choisie de périodiques philologiques et linguistiques publiés entre 1841 et 1891. | ||||
| vii–xxi | procès-verbaux des séances de l'année 2004 |
| 5–8 | Avant-propos Alain LEMARÉCHAL |
| 9–15 | Note sur l'agencement des Mémoires et du Bulletin de la Société de Linguistique de Paris Charles DE LAMBERTERIE |
| 17–44 | La grammaire comparée des langues indo-européennes dans les MSL et le BSL Des origines au règne d'Antoine Mellet Charles DE LAMBERTERIE Résumé |
| La grammaire comparée des langues indo-européennes a toujours occupé une place importante dans les Mémoires et le Bulletin de la Société de linguistique de Paris, du fait que jusqu’à une date récente la fonction de secrétaire ou de secrétaire-adjoint de la Société de linguistique a été occupée par des spécialistes de cette discipline (M. Bréal, F. de Saussure, A. Meillet, J. Vendryes, É. Benveniste, Michel LEJEUNE). Le présent article passe en revue les travaux les plus importants, parfois oubliés aujourd’hui, publiés dans les MSL et le BSL jusqu’à la première guerre mondiale, période où Meillet régnait en maître sur les études de linguistique en France. | |
| 45–85 | Présence des langues indo-iraniennes et d'Asie Centrale dans les MSL et BSL Georges-Jean PINAULT Résumé |
| Le contenu des MSL et du BSL montre que les langues indo-iraniennes et d’Asie Centrale ont toujours été présentes dans les livraisons du périodique, qui a été concurrencé, et en partie supplanté, par des périodiques spécialisés dans ces langues ou dans l’étude historico-comparative des langues indo-européennes. On propose de distinguer, depuis la première livraison jusqu’à nos jours, cinq grandes périodes dans l’histoire du périodique, qui correspondent à différentes phases dans l’étude de la documentation tirée de ces langues. Ces phases ont été marquées par l’activité de personnalités scientifiques qui ont donné au périodique son caractère propre, notamment par la reprise de certains thèmes par divers auteurs au fil du temps. | |
| 87–112 | Le grec dans le BSL Alain BLANC |
| 113–120 | Le latin Des origines du BSL à la fin des années 70 Marc BARATIN Résumé |
| Langue de référence au départ, le latin occupe dans le BSL une place qui va en décroissant, depuis la période initiale, dominée par Bréal et Havet, jusqu’au milieu du 20e s. Tandis qu’une tradition se maintient, avec Meillet puis Ernout et André, et ouvre elle-même de nouvelles pistes, notamment vers les langues italiques, une renaissance s’observe à partir du milieu du 20e s., en raison de nouvelles analyses du comparatisme et des perspectives ouvertes par la linguistique. | |
| 121–181 | La place de la linguistique romane dans le BSL Martin-D. GLEßGEN Résumé |
| "La part de linguistique romane dans le BSL est très réduite parmi les articles mais bien présente dans les comptes rendus (15 % des comptes rendus). Une analyse globale des thèmes traités par les ouvrages recensés dans 60 numéros du BSL (1912-1951; 1984-2003, cf. annexe) permet de définir la physionomie romaniste véhiculée par cette revue: parmi les langues romanes, le BSL tient essentiellement compte du français (60 % des comptes rendus) et seulement dans une mesure beaucoup plus faible de l’espagnol, de l’italien, du roumain, de l’occitan et des langues créoles à base lexicale romane; les autres langues romanes (portugais, romanche, catalan, sarde, latin médiéval, etc.) sont presque absentes. D’un point de vue thématique, le BSL favorise les études de grammaire sur les langues standard actuelles; la lexicologie et la lexicographie, traditionnellement très développées en romanistique sont beaucoup moins présentes, de même que les études historiques; les différents domaines variationnels (dialectologie, langues régionales, variations diastratique et diaphasique) sont peu équilibrés. Par ailleurs, les ouvrages publiés par des chercheurs français reçoivent une attention plus grande que ceux des linguistes étrangers. Les derniers numéros du BSL montrent néanmoins une ouverture très prometteuse par l’accueil d’articles de romanistique en plus grand nombre." | |
| 183–223 | La place de la langue française dans les Mémoires et le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris Claire BLANCHE-BENVENISTE Résumé |
| À ses débuts, entre 1868 et 1905, la Société de Linguistique de Paris a consacré peu de place à la langue française, en ne lui réservant que des études traditionnelles sur les étymologies et les régionalismes. Tout change pendant les années 1905-1935, lorsque les acquis de la linguistique historique et de la linguistique générale commencent à être appliqués au français. Dans ses nombreux comptes rendus consacrés aux publications sur la grammaire française, Antoine Meillet a souvent réclamé encore plus de renouvellement dans les données, dans les méthodes et dans l’utilisation de la sociologie et de l’histoire, de sorte que ses observations paraissent encore novatrices de nos jours. Pendant les années 1946-1968, à travers les compte rendus de R.L. Wagner, le Bulletin suit de près l’influence du structuralisme et la diffusion des idées de G. Guillaume. Dans la dernière époque considérée, de 1968 aux années 80, Jean Stéfanini continue l’examen des nouvelles théories et des œuvres de vulgarisation. Il y ajoute un intérêt nouveau pour l’histoire des idées grammaticales. Vue par ces trois linguistes, la langue française a gagné sa légitimité dans les publications de la Société. | |
| 225–244 | La slavistique dans le BSL Jean BREUILLARD Résumé |
| Présente dès la naissance de la SLP (1866), la linguistique slave ne prend son essor en France, et donc dans le BSL, qu’avec l’arrivée d’Antoine Meillet (1889). Avant et après la Première Guerre mondiale, le BSL s’ouvre largement aux slavistes slaves (L. Scerba, A. Belić, N. Troubetzkoy, etc.). La création (1891) d’une chaire de russe à l’Institut des langues orientales (Paul Boyer) et à la Sorbonne (1902), la fondation de l’Institut d’études slaves (1919) et de la Revue des études slaves (1924) et, d’autre part, la création d’une direction d’études des langues et littératures slaves du Moyen Âge à l’ÉPHÉ(1932) dotent la slavistique française de supports institutionnels. L’école française de philologie slave, avec Meillet et André Vaillant, acquiert une audience internationale. Après la Seconde Guerre mondiale, le paysage de la slavistique française est profondément modifié. En face de la Revue des études slaves, qui s’isole dans son opposition au structuralisme, le BSL se caractérise par son ouverture. Une pléiade de grands linguistes uniquement ou non uniquement slavistes y publient: Marc Vey, Roger Bernard, Lucien Tesnière, Boris Unbegaun, Aleksandr Isacenko, etc. Au début des années soixante, le BSL commence à accueillir une brillante génération de jeunes slavistes français (Paul Garde, Jacques Veyrenc, Jacques Lépissier, René L’Hermitte, Yves Gentilhomme, José Johannet, Yves Millet, Étienne Decaux et Roger Bernard bientôt suivi par Jack Feuillet) et étrangers (Igor’ Mel’čuk). À partir du début des années quatre-vingt, le BSL s’ouvre à de nouveaux domaines de la linguistique slave: prosodie, syntaxe, ordre des mots et articulation communicative, particules, opérations discursives (Christine Bonnot, Irina Fougeron, Zlatka Guentcheva-Desclés, Anna Khaldoyanidi, Jean Breuillard, R. Camus). La phonologie et la morphologie restent bien représentées (Claude Vincenot, Marcel Ferrand), de même que la dialectologie (G. Drettas). La philologie slave reçoit l’apport de jeunes chercheurs (Sylvain Patri, Claire Le Feuvre), de même que l’histoire des idées linguistiques (P. Sériot, I. Ivanova). Aujourd’hui, la place de la slavistique au sein du BSL accuse un fléchissement sensible, en regard des années soixante. Il faut constater une moindre visibilité du BSL dans les pays slaves, conjuguée à sa moindre représentativité pour la linguistique slave française (maints slavistes français contemporains n’y ont pas publié) et à une baisse de la veille bibliographique. Il y a lieu, cependant, de penser que les relations désormais plus faciles avec les linguistes russes et l’entrée de plusieurs pays slaves dans l’Union européenne favoriseront un nouvel essor de la linguistique slave en France et redonneront au BSL le lustre qui, dans ce domaine, fut le sien. | |
| 245–267 | La présence des langues ouraliennes dans l'histoire du BSL Jean PERROT Résumé |
| L’enquête historique ici présentée prend en compte à la fois le Bulletin et les Mémoires de la Société de Linguistique de Paris pour suivre sur plus d’un siècle tout ce qui manifeste la présence des langues ouraliennes∞∞∞: articles ou simples résumés des communications, interventions dans les discussions, comptes rendus. Cette présence a été conditionnée à la fois par la rare émergence de linguistes se spécialisant dans l’étude de ce domaine et par les lentes avancées institutionnelles qui lui ont fourni un support pour l’enseignement et la recherche. Deux personnalités ont marqué cette histoire: Robert Gauthiot pour quelques années du XXème siècle et Aurélien Sauvageot ensuite pendant plus d’un demi-siècle. L’article tente de dresser un bilan de ce parcours. | |
| 269–302 | Les 'autres langues' dans le Bulletin et les publications de la SLP Alain LEMARÉCHAL Résumé |
| Par « autres langues », il faut entendre, comme on l’a fait dans certains tomes du BSL, les langues autres qu’indo-européennes, chamito-sémitiques, finno-ougriennes, qui, elles, étaient largement abordées; les « autres langues »l’ont été très irrégulièrement selon les époques aussi bien dans les articles qu’à travers les comptes rendus: on sera surpris d’apprendre que c’est dans les décennies 1970 et 1980 qu’elles y ont été le plus défavorisées. Certes, il est difficile pour une revue généraliste de tout couvrir, et la présence de comptes rendus et d’articles relevant des différents domaines disciplinaires dépend de celle de linguistes spécialistes de ces domaines dans les institutions d’enseignement et de recherche, mais elle reflète avant tout l’orientation du Bulletin et de la Société ainsi que l’image qu’elle a voulu donner d’elle-même et qu’on a eu d’elle. Des leçons pour l’avenir sont certainement à en tirer. | |
| 303–314 | Le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris comme lieu de contributions à la recherche en linguistique générale et en typologie des langues Des années 1960 à l'année 2000 Claude HAGÈGE Résumé |
| Dans les quarante dernières années du XXème siècle, le BSL a apporté une contribution importante au développement spectaculaire des recherches en linguistique qui a marqué cette période. Les articles qui y ont été publiés pendant ces années reflètent la diversité des problèmes qui ont intéressé les linguistes. La syntaxe et la sémantique ont été les domaines les plus étudiés, et les langues les plus variées ont fourni des matériaux précieux. Tout en restant un périodique où paraissent surtout des travaux de structuralistes européens, le BSL a également accueilli des articles utilisant des cadres théoriques différents de ce dernier, ce qui contribue à son rayonnement. | |
| 315–358 | Sémantique et philosophie du langage dans le Bulletin et les Mémoires de la Société de Linguistique de Paris Dan SAVATOVSKY Résumé |
| Sémantique et philosophie du langage dans le Bulletin et les Mémoires de la Société de Linguistique de Paris: A partir du dépouillement des comptes rendus d’ouvrages parus dans le BSL, on analyse les conditions et les formes dans lesquelles la SLP a exclu la philosophie du langage du domaine de ses préoccupations et a tardé à accorder à la sémantique le statut de savoir linguistique de plein exercice. Au delà des interdits figurant dans les statuts de la SLP, qui portent sur les thèmes philosophiques de l’origine du langage et de la langue universelle, on examine la distinction opérée par Meillet entre philosophie de la linguistique (identifiée à la linguistique générale) et philosophie linguistique. Puis on envisage les deux principales vertus épistémologiques que Meillet reconnaît à cette dernière (à propos de Cassirer): élargir l’horizon, classer les théories. S’agissant de la sémantique, on traite successivement de l’échec de la sémantique de Bréal, des limites que l’empirisme comparatiste, puis structural, longtemps en vigueur à la SLP, ont assigné au développement d’une sémantique autonome, des malentendus qui ont marqué la réception des ouvrages de Marty ou de Trier. Puis, on traite de la réflexion menée par Benveniste sur le sens et sur la distinction sémiotique/sémantique, la place faite dans le BSL aux travaux de P. Guiraud et B. Pottier dans les années 50-60, et enfin de la reconnaissance récente des différentes théories sémantiques, signalée notamment par l’admission de sémanticiens en plus grand nombre au sein de la SLP à partir des années 1980. | |
| 359–390 | La Société de Linguistique de Paris dans son histoire (1863-1970) Gabriel BERGOUNIOUX Résumé |
| L’histoire de la Société de Linguistique de Paris est présentée durant un siècle (1860-1970) à travers les différentes étapes de son développement. D’abord sa fondation et le processus d’institutionnalisation avec Michel Bréal (1866-1906); ensuite, face aux travaux allemands, la relance par Saussure d’une activité scientifique (1881-1891) qui aboutit à une organisation centralisée sous la direction de Meillet (1906-1936). Au terme d’une transition accrue par la guerre, à partir de 1945, la SLP, confrontée à la concurrence des chercheurs américains, s’ouvre progressivement au structuralisme dans un débat qui oppose les deux représentants les plus éminents de la discipline∞∞∞: André Martinet et Emile Benveniste. L’article se conclut sur un bilan concernant la situation de la SLP dans la linguistique en France en 1970. | |
| 391–404 | Le BSL et les revues françaises Jean-Claude CHEVALIER Résumé |
| Dans un premier temps (1871-1890), le Bulletin de la Société trouve sa place au milieu des nombreuses revues d’étude du langage qui sont créées à cette époque. Dans une deuxième époque (1890-1939), la revue des revues lui permet de souligner quelques points fondamentaux de son action. Enfin, de 1945 à nos jours, la prolifération des revues devient débordante et conduit à l’édition de Bibliographies d’ensemble; la Société en profite pour privilégier les revues qui semblent particulièrement utiles aux responsables de la Société. | |
| 405–424 | Le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris parmi les principales revues de linguistique de son temps E.F.K. KOERNER Résumé |
| Le thème de cette contribution autorisait bien des interprétations et des réponses. Il ne pouvait être question, dans le temps imparti, de comparer le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris avec les périodiques publiés à l’étranger durant cent trente-cinq ans, ou même seulement durant les dix premières années, 1869-1879, de sa longue existence. Il s’agit de la période la plus importante, durant laquelle le BSL eut à se définir et à s’imposer comme le principal organe d’expression de la linguistique en France. A partir de 1876, les exigences scientifiques (en un temps où la définition des objets de recherche de la S.L.P. est fixée par un décret ministériel) font franchir une étape décisive à la linguistique qui se ressemble désormais (cf. Koerner 1976). Cette année voit la publication de la loi de Verner en avril alors qu’en octobre Saussure arrive à Leipzig, et que paraissent les livres de Leskien, Sievers et Winteler ou les contributions de Brugmann, Osthoff et d’autres. Cette année-là, Saussure soumet à la S.L.P. une première esquisse du Mémoire. Notre article, après quelques remarques préalables sur l’importance des périodiques pour la discipline, propose une fois encore (cf. Meillet 1930, Vendryes 1955, Benveniste 1971, Bergounioux 1996, 1997) un historique – qui, pour une fois, n’est pas rédigé par un secrétaire ou un administrateur de la S.L.P. – concernant les premières années du BSL et ses relations avec les autres revues, françaises et surtout étrangères. En conclusion, nous présentons une liste choisie de périodiques philologiques et linguistiques publiés entre 1841 et 1891. | |