Sommaires du BSL

Retour

Numéro 96/1 (2001)

PagesAuteursTitreLienRésumé
i–xx Procès-verbaux des séances de l'année 2000 Indisponible
1–7 Nécrologies Indisponible
9–22 Gilbert LAZARD De l'objectivité en linguistique Résumé
La question de l'objectivité des résultats que peut obtenir la recherche en linguistique est posée par un récent ouvrage de D. Piotrowski. A la suite de J.-C. Milner, cet auteur soutient que, à la différence des sciences de la nature, la linguistique ne peut s'appuyer sur une discipline connexe pour fonder son objectivité. On montre ici qu'il existe bel et bien une telle discipline, à savoir l'étude de la communication. C'est justement cette connexion qui justifie la perspective fonctionaliste. On présente en conclusion quelques réflexions sur les rapports entre langue et parole.
23–60 Georges REBUSCHI Coordination et subordination
Première partie: la co-jonction restreinte
Résumé
Le but de ce travail est de réévaluer la partition usuelle entre coordination et subordination et leurs rapports. Dans cette première partie, une nouvelle typologie des relations entre propositions est proposée, qui met en valeur les similarités entre coordination — nominale ou propositionnelle — et subordination sans enchâssement (cas des phrases complexes articulant une protase, par ex. corrélative ou conditionnante, et une apodose). Les principaux résultats obtenus sont les suivants: (a) tout montre que la « tête » du syntagme ou de la phrase complexe (en syntaxe de constituants) ou le « nœud des nœuds » (en syntaxe de dépendance) est la conjonction elle-même, i.e. un connecteur; (b) les cas de co-jonction asymétrique indiquent clairement que le constituant complexe obtenu peut hériter des propriétés du premier élément conjoint, ou du second, si bien que la coordination symétrique usuelle se ramène à un héritage des propriétés pertinentes des deux conjoints. Dans la seconde partie, à paraître dans le volume suivant du BSL, une généralisation de la notion de co-jonction sera proposée.
61–77 Robert FOREST Polarité verbo-nominale et statut actanciatif Résumé
A partir de l’exemple du mandan, une langue sioux, on veut montrer que la polarité verbo-nominale, qui présente dans cette langue des caractéristiques originales, est liée à une catégorie énonciative, le statut du référent. Cette catégorie se manifeste dans des phénomènes syntaxiques de nombreuses langues, comme le marquage de l’individuation, de la possessivation, de la déterminitude, de l’affinité avec des rôles sémantiques ou de hiérarchies liées à l’interlocutivité.
79–106 Margarita ALONSO RAMOS Constructions à verbe support dans les langues SOV Résumé
Ce travail porte sur des expressions formées par un verbe vide sémantiquement et un nom prédicatif dans des langues SOV comme le persan, le basque et le japonais. Il s’agit d’expressions très similaires à ce qu’on appelle dans la littérature française « constructions à verbe support » ou dans l’anglaise « light verb construction » comme faire mention de, prendre conscience, mettre en ordre, etc. En ce qui concerne les constructions à verbe support (CVS) espagnoles, certains auteurs ont proposé de les traiter comme un cas d’incorporation syntaxique: l’incorporation du nom au verbe fait en sorte que toute la construction fonctionne comme une sorte de verbe complexe. Étant donné le grand nombre d’expressions similaires à nos CVS dans ces langues SOV, nous avons voulu examiner quelles ont été leurs descriptions afin d’appuyer ou de réfuter la thèse de l’incorporation syntaxique. Après un survol des données en persan, en japonais et en basque, nous allons soutenir la thèse que même si les CVS constituent un tout sémantiquement, elles sont des syntagmes au niveau syntaxique, c’est-à-dire des séquences formées par un verbe et un nom liés syntaxiquement. Notre but est de montrer que le concept d’incorporation syntaxique n’est pas nécessaire si, d’un côté, l’on sépare adéquatement le niveau sémantique et le niveau syntaxique, et d’un autre côté, on est conscient d’être en face d’un phénomène phraséologique et, donc, non régulier.
107–152 Tobias SCHEER et Philippe SEGERAL La coda-miroir Résumé
De façon régulière dans un grand nombre de langues sans lien génétique, une consonne située après une consonne (hétérosyllabique) ou à l'initiale se maintient voire se renforce tandis qu'elle est, à l'intervocalique et en Coda, typiquement exposée à des lénitions diverses. La position « forte » {C, #}__ est le symétrique de la Coda __{C, #}, d'où la dénomination « Coda-Miroir » employée pour la désigner. Le modèle syllabique « CVCV » qui ne fait appel qu'à une alternance monotone de deux constituants non-branchants, l'Attaque et le Noyau, permet, contrairement à la constituance classique (Attaque, Noyau, Rime, Coda), de capturer la Coda-Miroir comme un objet phonologique unique (non-disjonctif). Ce résultat obtenu, les propriétés de « force » et de « faiblesse » respectives des trois contextes possibles pour une consonne (Coda-miroir, intervocalique, coda) sont directement dérivables à partir des deux types de relations syntagmatiques classiquement proposées dans le cadre de la Phonologie de Gouvernement, à savoir Gouvernement et Licenciement. La phénoménologie de la Coda-Miroir spécifiquement examinée ici permet en effet de préciser la nature de ces deux relations, et de modéliser leur combinatoire.
153–179 Alain BLANC Un rapprochement lexical gréco-germanique: grec μιαίνω, μιαρός et germanique *smeit- (got. bi-smeitan, etc.) Résumé
Les formes grecques μιαίνω « salir, souiller » et μιαρός « souillé, impur » renvoient à une racine *mi- ou *smi-, degré zéro de *mey- ou *smey-. Comme les tentatives qui sont parties de *min'ont abouti à rien, on tente ici de partir de *smi- / *smey- et on rapproche la famille de got. bismeitan, gasmeitan « enduire, oindre », vha. smizan « enduire », all. mod. schmeißen « lancer, jeter », v.a. besmitan « salir, souiller », angl. mod. smite « frapper ». Les sens paraissent conciliables car avant de vouloir dire « salir, souiller », miaínw a eu le sens « imprégner, teindre », ce qui n'est pas loin d'« enduire ». Si en germanique *smey- a été élargi par *-d- (> -t-), il semble qu'en grec la racine ne comporte pas d'élargissement radical car loin de faire partie d'un aoriste radical *ἐμιᾱν, l'alpha de la 3ème sg. subj. cyrénéenne μιᾱι semble être en fait le suffixe d'un présent dérivé μιάω. À partir du sens de base « enduire » il y a eu la même évolution vers « salir, souiller » en grec et en germanique, mais, en germanique, un autre sens a prévalu: « lancer / frapper » (all. schmeißen, angl. to smite). C'est peut-être à cause de cette nouvelle orientation sémantique que cette correspondance grécogermanique n'a pas été remarquée plus tôt.
181–206 Georges-Jean PINAULT Védique tanu- et la notion de personne en indo-iranien Résumé
Le substantif indo-iranien *tan4- ne peut pas être mis en relation dérivationnelle directe avec l'adjectif en *-u- dérivé de la racine *ten(H2)- « s'étendre, tendre ». Ce rapprochement traditionnel n'est pas satisfaisant sur le plan sémantique. Les emplois du mot sont examinés, en particulier dans les hymnes védiques. Ce substantif désigne le corps comme être physique identifié à la personne, au soi. Dans une partie de ses occurrences, il tend vers la valeur de pronom réfléchi. L'analyse du formulaire védique montre que le sème de « continuité » est central dans cette notion du « corps personnel ». Ce sens premier (« extension temporelle ») est expliqué par la formation du mot, qui a des parallèles dans la morphologie dérivationnelle: un abstrait collectif, dérivé interne d'un substantif neutre en *-u- signifiant « extension ». Ce substantif est aussi la base de l'adjectif signifiant « étendu, étiré », d'où « fin, mince », formé par dérivation interne, mais avec une orientation sémantique différente.
207–225 Laurence JOSÉ Marcher trois heures vs marcher pendant trois heures, peut-on marcher sans ellipse? Résumé
Il est bien connu que la préposition pendant peut alterner avec son absence dans des phrases du type il marche deux heures / pendant deux heures. Le but de cet article est, en s’appuyant sur les acquis de la littérature linguistique, d’examiner les limites de l’alternance entre ces deux structures afin de mettre à jour une différenciation tant sémantique que syntaxique. Chemin faisant, nous montrons que le tour direct peut être considéré comme une sorte de complément de mesure quantifiant la durée interne d’un procès (il est incident au sémantisme verbal) alors que le complément prépositionnel quantifie la durée de l’événement dénoté par la phrase (par le verbe et ses arguments et, par d’éventuels marqueurs aspectuels). De ce fait, la concurrence entre le tour direct et le tour prépositionnel se trouve au centre de l’interaction entre le type de procès dénoté par un verbe et la valeur aspectuelle d’un énoncé.
227–240 Alexis TABENSKY La prise en compte de l'autre
Geste et parole dans l'interaction
Résumé
Cette étude se focalise sur la répétition par l’un des locuteurs des énoncés produits par l’autre et sur la façon dont les gestes participent à cette activité. Elle décrit la relation entre diverses formes de répétition et les gestes qui accompagnent ces énoncés. Le travail porte sur un corpus de quatre discussions dyadiques filmées en vidéo; les locuteurs sont francophones natifs. L’analyse de ces interactions suggère que le geste dans l’énoncé qui contient la répétition est signe d’encodage au niveau du discours: que ce soit pour ratifier ou refuser le contenu de l’énoncé de l’allocutaire, le locuteur-gesteur s’implique dans la signification de ce qu’il dit.

En revanche, l’absence de geste dans l’énoncé qui contient la répétition est associée à un comportement de réception consensuelle dans laquelle le locuteur s’engage à un niveau plus superficiel. Quant au rôle des gestes dans l’interaction, il varie: les gestes illustratifs semblent faciliter la compréhension des idées dans l’échange d’opinions, alors que les gestes déictiques se produisent la plupart du temps en association avec des procédés d’évaluation des propos de l’autre ou de recentrage de la discussion. Ceci suggère que les gestes illustratifs interviennent au niveau de la négociation du contenu et les gestes déictiques au niveau du pilotage de l’interaction.
241–264 Isabelle GAUDY Not en n't en anglais oral spontané Résumé
En anglais, la grammaire traditionnelle a tendance à opposer la négation pleine not, marque de l'écrit à la négation contractée n't, caractéristique de la langue parlée. Or, l'écoute d'anglais oral spontané permet de remarquer la coexistence des deux marques négatives. On distinguera la négation de plage haute et la négation de plage basse. Une série de manipulations opposant not et n't permet de circonscrire la valeur inhérente à chaque négatif. N't est la négation prototypique de la plage basse. Elle produit des énoncés égocentrés. Not est prototypique de la plage haute. Il apparaît alors dans un contexte de commentaire et de préconstruction.
265–284 Nicolas QUINT Langues créoles, diachronie et procédés de reconstruction Résumé
Au commencement étaient deux mondes, l'Afrique et l'Europe. Puis ces deux mondes se rencontrèrent soudain, au sortir du Moyen Âge, dans le cadre de sociétés généralement esclavagistes où l'homme blanc accultura l'homme noir, où les femmes asservies engendrèrent des enfants métis qui inventèrent des langues, comme eux hybrides: les créoles.

On appelle créoles un certain nombre d'idiomes mixtes, formés à partir de plusieurs langues dont les locuteurs ont été amenés à vivre au même endroit ou à se côtoyer intensément. Les langues dites créoles, et en particulier les créoles afro-européens, ne laissent pas d'intriguer les linguistes. Surgies brusquement, en l'espace d'une ou deux générations, mi-africaines et mi-européennes, au contact de deux mondes, le mystère de leur origine se confond en tout ou partie avec celui des origines du langage.

La totalité des créoles afro-européens doivent une majorité de leur vocabulaire à une (ou plusieurs) langue européenne, appelée langue lexificatrice ou lexificateur. Ce lexificateur peut être le français, l'anglais, le néerlandais, l'espagnol ou le portugais selon les cas. Or, trop souvent, lorsque des recherches étymologiques sont effectuées sur les langues créoles, on attribue au lexificateur tous les mots créoles qui lui sont apparentés sans se poser davantage de questions. Ainsi, si le créole X a le portugais pour lexificateur, la plupart des gens affirmeront tout de go que tout mot d'aspect roman rencontré dans notre créole X provient sans nul doute du portugais. Du portugais, oui, sûrement, mais de quel portugais? Classique, contemporain? Lors de l'étude de la formation des langues créoles, on laisse souvent de côté la notion de diachronie. Mais beaucoup de créoles afroeuropéens ont déjà une histoire qui dépasse parfois le demi-millénaire
et un simple coup d'oeil dans un dictionnaire contemporain de leur langue lexificatrice ne saurait en aucun cas résumer l'histoire de leur formation.
Pour poser les bases d'une philologie créole qui se respecte, la diachronie des langues lexificatrices et des langues créoles néofor-mées (ou langues lexifiées) doit absolument être prise en compte de manière rigoureuse et systématique. Une telle approche permet alors de procéder à des analyses comparatives solides et plus fructueuses et à des reconstructions historiques plus dignes de foi, sachant qu'une collaboration entre de nombreux scientifiques est indispensable pour rendre compte de l'histoire complexe des langues et des sociétés créoles afro-européennes, situées au carrefour de deux univers culturels.

C'est ce que j'essaierai de montrer dans cette communication, à partir d'exemples tirés de mes recherches sur le cap-verdien ainsi que sur les autres créoles afro-portugais de l'Afrique de l'Ouest et du Golfe de Guinée.
285–310 Daniel PETIT À propos des adjectifs « neutres » du lituanien: statut grammatical et fonctions syntaxiques Résumé
L'existence d'adjectifs de genre neutre en lituanien, langue qui a perdu toute trace de substantifs neutres, constitue une curiosité typologique au sein de la famille indo-européenne. Dans cet article est présentée une tentative de définir plus précisément le statut et les fonctions syntaxiques de ces adjectifs neutres.
311–348 Annie MONTAUT La notion de sujet en hindi-ourdou: actance, diathèse et localisation Résumé
Les divers critères permettant d’identifier un terme comme sujet renvoient souvent à plusieurs termes de l’énoncé élémentaire en hindi/ourdou. Après un bref état des lieux de la question du sujet, et une esquisse des principales particularités typologiques de la langue (section 1) sont analysées les propriétés de rang varié (séquentielles, morphologiques, syntaxiques, sémantico-référentielles, énonciatives) susceptibles de s’attacher à tel ou tel actant de l’énoncé élémentaire: dans 4 des 5 types d’énoncés bi-actanciels, leur distribution ne permet pas de conclure à la subjectalité du premier actant (sections 2-5). La structure transitive n’apparaît en outre pas comme majeure, les premiers actants obliques représentant toute une gamme de prédications de localisations, diversifiées essentiellement en fonction du rôle sémantique de ce premier actant. On peut appréhender ces prédications comme autant de profilages de la relation prédicative autonomisée (Langacker), fondamentalement différents des scénarios cognitifs que met en scène la phrase transitive qui profile la source comme figure principale – bien que le modèle cognitiviste reste criticable dans sa représentation de l’expérient par exemple. C’est en général le participant cognitivement le moins saillant qui est morpho-syntaxiquement le plus central en hindi/ourdou (section 6).
349–387 Pollet SAMVELIAN Le statut syntaxique des objets « nus » en persan Résumé
Cette étude aborde la question du statut syntaxique des compléments d’objet « nus » en persan moderne. Ces derniers, plusieurs linguistes l’ont déjà noté, ne manifestent pas les mêmes propriétés syntaxiques et sémantiques que les objets déterminés ou ceux accompagnés du morphème râ. Leur autonomie syntaxique semble limitée: ils ont tendance à apparaître dans une position adjacente au verbe et font plus difficilement l’objet de certaines opérations telles que la relativation ou la reprise anaphorique. N’étant pas référentiels, ils « fusionnent » plus ou moins avec le verbe pour former un prédicat sémantique, de sorte que la séquence Nom + Verbe est généralement appelée « verbe composé » dans la littérature grammaticale ou linguistique.

Différentes analyses, allant jusqu’à l’incorporation de ces compléments au verbe pour former une nouvelle unité lexicale, ont été proposées pour rendre compte de leurs propriétés particulières. Cependant, malgré leurs divergences, la quasi totalité de ces analyses relie ces propriétés à une position syntaxique particulière, censée être différente de celles des objets déterminés ou de ceux accompagnés de râ. Dans cet article je défendrai l’hypothèse inverse: en m’appuyant sur un examen systématique des propriétés des objets « nus », je montrerai qu’il n’est absolument pas indispensable d’expliquer celles-ci par une syntaxe des positions.

Je conclurai donc que les compléments « nus » occupent la même position syntaxique que les compléments déterminés et ceux accompagnés de râ. Pour expliquer leur comportement particulier, je ferai appel aux trois notions suivantes: a. la distinction entre les noms et les syntagmes nominaux en tant que constituant, b. le « poids » relatif des constituants, c. la hiérarchie d’accessibilité des fonctions grammaticales.
389–418 Injoo CHOI-JONIN L'aspect progressif en coréen Résumé
La plupart des grammaires coréennes mentionnent trois formes linguistiques qui exprimeraient l'aspect progressif d'un procès, à savoir le suffixe verbal -nɨn-, la forme verbale périphrastique -ko is'-ta, et la forme nominale périphrastique -nɨn cuŋ i-ta. Ces trois formes n'ont pourtant pas les mêmes conditions d'emploi et se distinguent d'un point de vue aspectuel. L'hypothèse que je voudrais défendre ici est que si elles permettent toutes de saisir un procès au milieu de son déroulement, elles ne le font pas pour autant de la même manière. Leur mode de représentation n'est pas le même, et le domaine aspectuel dans lequel elles se trouvent n'est pas le même non plus.
419–479 Alain LEMARÉCHAL Problèmes d'analyse des langues de Formose et grammaire comparée des langues austronésiennes Résumé
Depuis le tournant de l'immédiat après-guerre, véritable rupture épistémologique dans l'histoire de la grammaire comparée des langues austronésiennes, on place le berceau de cette famille à Formose. Stan Starosta — dont les travaux effectuent un retour salutaire à la comparaison des marques morphologiques —, recourant systématiquement à la notion d'« innovation partagée » (Meillet), propose un « subgrouping » des langues de Formose où le rukai, puis le tsou seraient les langues les plus anciennement séparées du tronc ayant donné naissance aux langues austronésiennes; un réexamen des formes du tsou et du rukai conduit selon nous à douter de cet archaïsme. En particulier, loin de pouvoir appréhender la genèse du système des focus à Formose, il semble qu'on puisse saisir les processus mêmes susceptibles de produire une telle idiosyncrasie typologique en comparant des langues extra-formosanes comme le chamorro, le bugis, le tondano, l'ivatan, etc.
i–xx Procès-verbaux des séances de l'année 2000

1–7 Nécrologies

9–22 De l'objectivité en linguistique
Gilbert LAZARD
Résumé
La question de l'objectivité des résultats que peut obtenir la recherche en linguistique est posée par un récent ouvrage de D. Piotrowski. A la suite de J.-C. Milner, cet auteur soutient que, à la différence des sciences de la nature, la linguistique ne peut s'appuyer sur une discipline connexe pour fonder son objectivité. On montre ici qu'il existe bel et bien une telle discipline, à savoir l'étude de la communication. C'est justement cette connexion qui justifie la perspective fonctionaliste. On présente en conclusion quelques réflexions sur les rapports entre langue et parole.
23–60 Coordination et subordination
Première partie: la co-jonction restreinte

Georges REBUSCHI
Résumé
Le but de ce travail est de réévaluer la partition usuelle entre coordination et subordination et leurs rapports. Dans cette première partie, une nouvelle typologie des relations entre propositions est proposée, qui met en valeur les similarités entre coordination — nominale ou propositionnelle — et subordination sans enchâssement (cas des phrases complexes articulant une protase, par ex. corrélative ou conditionnante, et une apodose). Les principaux résultats obtenus sont les suivants: (a) tout montre que la « tête » du syntagme ou de la phrase complexe (en syntaxe de constituants) ou le « nœud des nœuds » (en syntaxe de dépendance) est la conjonction elle-même, i.e. un connecteur; (b) les cas de co-jonction asymétrique indiquent clairement que le constituant complexe obtenu peut hériter des propriétés du premier élément conjoint, ou du second, si bien que la coordination symétrique usuelle se ramène à un héritage des propriétés pertinentes des deux conjoints. Dans la seconde partie, à paraître dans le volume suivant du BSL, une généralisation de la notion de co-jonction sera proposée.
61–77 Polarité verbo-nominale et statut actanciatif
Robert FOREST
Résumé
A partir de l’exemple du mandan, une langue sioux, on veut montrer que la polarité verbo-nominale, qui présente dans cette langue des caractéristiques originales, est liée à une catégorie énonciative, le statut du référent. Cette catégorie se manifeste dans des phénomènes syntaxiques de nombreuses langues, comme le marquage de l’individuation, de la possessivation, de la déterminitude, de l’affinité avec des rôles sémantiques ou de hiérarchies liées à l’interlocutivité.
79–106 Constructions à verbe support dans les langues SOV
Margarita ALONSO RAMOS
Résumé
Ce travail porte sur des expressions formées par un verbe vide sémantiquement et un nom prédicatif dans des langues SOV comme le persan, le basque et le japonais. Il s’agit d’expressions très similaires à ce qu’on appelle dans la littérature française « constructions à verbe support » ou dans l’anglaise « light verb construction » comme faire mention de, prendre conscience, mettre en ordre, etc. En ce qui concerne les constructions à verbe support (CVS) espagnoles, certains auteurs ont proposé de les traiter comme un cas d’incorporation syntaxique: l’incorporation du nom au verbe fait en sorte que toute la construction fonctionne comme une sorte de verbe complexe. Étant donné le grand nombre d’expressions similaires à nos CVS dans ces langues SOV, nous avons voulu examiner quelles ont été leurs descriptions afin d’appuyer ou de réfuter la thèse de l’incorporation syntaxique. Après un survol des données en persan, en japonais et en basque, nous allons soutenir la thèse que même si les CVS constituent un tout sémantiquement, elles sont des syntagmes au niveau syntaxique, c’est-à-dire des séquences formées par un verbe et un nom liés syntaxiquement. Notre but est de montrer que le concept d’incorporation syntaxique n’est pas nécessaire si, d’un côté, l’on sépare adéquatement le niveau sémantique et le niveau syntaxique, et d’un autre côté, on est conscient d’être en face d’un phénomène phraséologique et, donc, non régulier.
107–152 La coda-miroir
Tobias SCHEER et Philippe SEGERAL
Résumé
De façon régulière dans un grand nombre de langues sans lien génétique, une consonne située après une consonne (hétérosyllabique) ou à l'initiale se maintient voire se renforce tandis qu'elle est, à l'intervocalique et en Coda, typiquement exposée à des lénitions diverses. La position « forte » {C, #}__ est le symétrique de la Coda __{C, #}, d'où la dénomination « Coda-Miroir » employée pour la désigner. Le modèle syllabique « CVCV » qui ne fait appel qu'à une alternance monotone de deux constituants non-branchants, l'Attaque et le Noyau, permet, contrairement à la constituance classique (Attaque, Noyau, Rime, Coda), de capturer la Coda-Miroir comme un objet phonologique unique (non-disjonctif). Ce résultat obtenu, les propriétés de « force » et de « faiblesse » respectives des trois contextes possibles pour une consonne (Coda-miroir, intervocalique, coda) sont directement dérivables à partir des deux types de relations syntagmatiques classiquement proposées dans le cadre de la Phonologie de Gouvernement, à savoir Gouvernement et Licenciement. La phénoménologie de la Coda-Miroir spécifiquement examinée ici permet en effet de préciser la nature de ces deux relations, et de modéliser leur combinatoire.
153–179 Un rapprochement lexical gréco-germanique: grec μιαίνω, μιαρός et germanique *smeit- (got. bi-smeitan, etc.)
Alain BLANC
Résumé
Les formes grecques μιαίνω « salir, souiller » et μιαρός « souillé, impur » renvoient à une racine *mi- ou *smi-, degré zéro de *mey- ou *smey-. Comme les tentatives qui sont parties de *min'ont abouti à rien, on tente ici de partir de *smi- / *smey- et on rapproche la famille de got. bismeitan, gasmeitan « enduire, oindre », vha. smizan « enduire », all. mod. schmeißen « lancer, jeter », v.a. besmitan « salir, souiller », angl. mod. smite « frapper ». Les sens paraissent conciliables car avant de vouloir dire « salir, souiller », miaínw a eu le sens « imprégner, teindre », ce qui n'est pas loin d'« enduire ». Si en germanique *smey- a été élargi par *-d- (> -t-), il semble qu'en grec la racine ne comporte pas d'élargissement radical car loin de faire partie d'un aoriste radical *ἐμιᾱν, l'alpha de la 3ème sg. subj. cyrénéenne μιᾱι semble être en fait le suffixe d'un présent dérivé μιάω. À partir du sens de base « enduire » il y a eu la même évolution vers « salir, souiller » en grec et en germanique, mais, en germanique, un autre sens a prévalu: « lancer / frapper » (all. schmeißen, angl. to smite). C'est peut-être à cause de cette nouvelle orientation sémantique que cette correspondance grécogermanique n'a pas été remarquée plus tôt.
181–206 Védique tanu- et la notion de personne en indo-iranien
Georges-Jean PINAULT
Résumé
Le substantif indo-iranien *tan4- ne peut pas être mis en relation dérivationnelle directe avec l'adjectif en *-u- dérivé de la racine *ten(H2)- « s'étendre, tendre ». Ce rapprochement traditionnel n'est pas satisfaisant sur le plan sémantique. Les emplois du mot sont examinés, en particulier dans les hymnes védiques. Ce substantif désigne le corps comme être physique identifié à la personne, au soi. Dans une partie de ses occurrences, il tend vers la valeur de pronom réfléchi. L'analyse du formulaire védique montre que le sème de « continuité » est central dans cette notion du « corps personnel ». Ce sens premier (« extension temporelle ») est expliqué par la formation du mot, qui a des parallèles dans la morphologie dérivationnelle: un abstrait collectif, dérivé interne d'un substantif neutre en *-u- signifiant « extension ». Ce substantif est aussi la base de l'adjectif signifiant « étendu, étiré », d'où « fin, mince », formé par dérivation interne, mais avec une orientation sémantique différente.
207–225 Marcher trois heures vs marcher pendant trois heures, peut-on marcher sans ellipse?
Laurence JOSÉ
Résumé
Il est bien connu que la préposition pendant peut alterner avec son absence dans des phrases du type il marche deux heures / pendant deux heures. Le but de cet article est, en s’appuyant sur les acquis de la littérature linguistique, d’examiner les limites de l’alternance entre ces deux structures afin de mettre à jour une différenciation tant sémantique que syntaxique. Chemin faisant, nous montrons que le tour direct peut être considéré comme une sorte de complément de mesure quantifiant la durée interne d’un procès (il est incident au sémantisme verbal) alors que le complément prépositionnel quantifie la durée de l’événement dénoté par la phrase (par le verbe et ses arguments et, par d’éventuels marqueurs aspectuels). De ce fait, la concurrence entre le tour direct et le tour prépositionnel se trouve au centre de l’interaction entre le type de procès dénoté par un verbe et la valeur aspectuelle d’un énoncé.
227–240 La prise en compte de l'autre
Geste et parole dans l'interaction

Alexis TABENSKY
Résumé
Cette étude se focalise sur la répétition par l’un des locuteurs des énoncés produits par l’autre et sur la façon dont les gestes participent à cette activité. Elle décrit la relation entre diverses formes de répétition et les gestes qui accompagnent ces énoncés. Le travail porte sur un corpus de quatre discussions dyadiques filmées en vidéo; les locuteurs sont francophones natifs. L’analyse de ces interactions suggère que le geste dans l’énoncé qui contient la répétition est signe d’encodage au niveau du discours: que ce soit pour ratifier ou refuser le contenu de l’énoncé de l’allocutaire, le locuteur-gesteur s’implique dans la signification de ce qu’il dit.

En revanche, l’absence de geste dans l’énoncé qui contient la répétition est associée à un comportement de réception consensuelle dans laquelle le locuteur s’engage à un niveau plus superficiel. Quant au rôle des gestes dans l’interaction, il varie: les gestes illustratifs semblent faciliter la compréhension des idées dans l’échange d’opinions, alors que les gestes déictiques se produisent la plupart du temps en association avec des procédés d’évaluation des propos de l’autre ou de recentrage de la discussion. Ceci suggère que les gestes illustratifs interviennent au niveau de la négociation du contenu et les gestes déictiques au niveau du pilotage de l’interaction.
241–264 Not en n't en anglais oral spontané
Isabelle GAUDY
Résumé
En anglais, la grammaire traditionnelle a tendance à opposer la négation pleine not, marque de l'écrit à la négation contractée n't, caractéristique de la langue parlée. Or, l'écoute d'anglais oral spontané permet de remarquer la coexistence des deux marques négatives. On distinguera la négation de plage haute et la négation de plage basse. Une série de manipulations opposant not et n't permet de circonscrire la valeur inhérente à chaque négatif. N't est la négation prototypique de la plage basse. Elle produit des énoncés égocentrés. Not est prototypique de la plage haute. Il apparaît alors dans un contexte de commentaire et de préconstruction.
265–284 Langues créoles, diachronie et procédés de reconstruction
Nicolas QUINT
Résumé
Au commencement étaient deux mondes, l'Afrique et l'Europe. Puis ces deux mondes se rencontrèrent soudain, au sortir du Moyen Âge, dans le cadre de sociétés généralement esclavagistes où l'homme blanc accultura l'homme noir, où les femmes asservies engendrèrent des enfants métis qui inventèrent des langues, comme eux hybrides: les créoles.

On appelle créoles un certain nombre d'idiomes mixtes, formés à partir de plusieurs langues dont les locuteurs ont été amenés à vivre au même endroit ou à se côtoyer intensément. Les langues dites créoles, et en particulier les créoles afro-européens, ne laissent pas d'intriguer les linguistes. Surgies brusquement, en l'espace d'une ou deux générations, mi-africaines et mi-européennes, au contact de deux mondes, le mystère de leur origine se confond en tout ou partie avec celui des origines du langage.

La totalité des créoles afro-européens doivent une majorité de leur vocabulaire à une (ou plusieurs) langue européenne, appelée langue lexificatrice ou lexificateur. Ce lexificateur peut être le français, l'anglais, le néerlandais, l'espagnol ou le portugais selon les cas. Or, trop souvent, lorsque des recherches étymologiques sont effectuées sur les langues créoles, on attribue au lexificateur tous les mots créoles qui lui sont apparentés sans se poser davantage de questions. Ainsi, si le créole X a le portugais pour lexificateur, la plupart des gens affirmeront tout de go que tout mot d'aspect roman rencontré dans notre créole X provient sans nul doute du portugais. Du portugais, oui, sûrement, mais de quel portugais? Classique, contemporain? Lors de l'étude de la formation des langues créoles, on laisse souvent de côté la notion de diachronie. Mais beaucoup de créoles afroeuropéens ont déjà une histoire qui dépasse parfois le demi-millénaire
et un simple coup d'oeil dans un dictionnaire contemporain de leur langue lexificatrice ne saurait en aucun cas résumer l'histoire de leur formation.
Pour poser les bases d'une philologie créole qui se respecte, la diachronie des langues lexificatrices et des langues créoles néofor-mées (ou langues lexifiées) doit absolument être prise en compte de manière rigoureuse et systématique. Une telle approche permet alors de procéder à des analyses comparatives solides et plus fructueuses et à des reconstructions historiques plus dignes de foi, sachant qu'une collaboration entre de nombreux scientifiques est indispensable pour rendre compte de l'histoire complexe des langues et des sociétés créoles afro-européennes, situées au carrefour de deux univers culturels.

C'est ce que j'essaierai de montrer dans cette communication, à partir d'exemples tirés de mes recherches sur le cap-verdien ainsi que sur les autres créoles afro-portugais de l'Afrique de l'Ouest et du Golfe de Guinée.
285–310 À propos des adjectifs « neutres » du lituanien: statut grammatical et fonctions syntaxiques
Daniel PETIT
Résumé
L'existence d'adjectifs de genre neutre en lituanien, langue qui a perdu toute trace de substantifs neutres, constitue une curiosité typologique au sein de la famille indo-européenne. Dans cet article est présentée une tentative de définir plus précisément le statut et les fonctions syntaxiques de ces adjectifs neutres.
311–348 La notion de sujet en hindi-ourdou: actance, diathèse et localisation
Annie MONTAUT
Résumé
Les divers critères permettant d’identifier un terme comme sujet renvoient souvent à plusieurs termes de l’énoncé élémentaire en hindi/ourdou. Après un bref état des lieux de la question du sujet, et une esquisse des principales particularités typologiques de la langue (section 1) sont analysées les propriétés de rang varié (séquentielles, morphologiques, syntaxiques, sémantico-référentielles, énonciatives) susceptibles de s’attacher à tel ou tel actant de l’énoncé élémentaire: dans 4 des 5 types d’énoncés bi-actanciels, leur distribution ne permet pas de conclure à la subjectalité du premier actant (sections 2-5). La structure transitive n’apparaît en outre pas comme majeure, les premiers actants obliques représentant toute une gamme de prédications de localisations, diversifiées essentiellement en fonction du rôle sémantique de ce premier actant. On peut appréhender ces prédications comme autant de profilages de la relation prédicative autonomisée (Langacker), fondamentalement différents des scénarios cognitifs que met en scène la phrase transitive qui profile la source comme figure principale – bien que le modèle cognitiviste reste criticable dans sa représentation de l’expérient par exemple. C’est en général le participant cognitivement le moins saillant qui est morpho-syntaxiquement le plus central en hindi/ourdou (section 6).
349–387 Le statut syntaxique des objets « nus » en persan
Pollet SAMVELIAN
Résumé
Cette étude aborde la question du statut syntaxique des compléments d’objet « nus » en persan moderne. Ces derniers, plusieurs linguistes l’ont déjà noté, ne manifestent pas les mêmes propriétés syntaxiques et sémantiques que les objets déterminés ou ceux accompagnés du morphème râ. Leur autonomie syntaxique semble limitée: ils ont tendance à apparaître dans une position adjacente au verbe et font plus difficilement l’objet de certaines opérations telles que la relativation ou la reprise anaphorique. N’étant pas référentiels, ils « fusionnent » plus ou moins avec le verbe pour former un prédicat sémantique, de sorte que la séquence Nom + Verbe est généralement appelée « verbe composé » dans la littérature grammaticale ou linguistique.

Différentes analyses, allant jusqu’à l’incorporation de ces compléments au verbe pour former une nouvelle unité lexicale, ont été proposées pour rendre compte de leurs propriétés particulières. Cependant, malgré leurs divergences, la quasi totalité de ces analyses relie ces propriétés à une position syntaxique particulière, censée être différente de celles des objets déterminés ou de ceux accompagnés de râ. Dans cet article je défendrai l’hypothèse inverse: en m’appuyant sur un examen systématique des propriétés des objets « nus », je montrerai qu’il n’est absolument pas indispensable d’expliquer celles-ci par une syntaxe des positions.

Je conclurai donc que les compléments « nus » occupent la même position syntaxique que les compléments déterminés et ceux accompagnés de râ. Pour expliquer leur comportement particulier, je ferai appel aux trois notions suivantes: a. la distinction entre les noms et les syntagmes nominaux en tant que constituant, b. le « poids » relatif des constituants, c. la hiérarchie d’accessibilité des fonctions grammaticales.
389–418 L'aspect progressif en coréen
Injoo CHOI-JONIN
Résumé
La plupart des grammaires coréennes mentionnent trois formes linguistiques qui exprimeraient l'aspect progressif d'un procès, à savoir le suffixe verbal -nɨn-, la forme verbale périphrastique -ko is'-ta, et la forme nominale périphrastique -nɨn cuŋ i-ta. Ces trois formes n'ont pourtant pas les mêmes conditions d'emploi et se distinguent d'un point de vue aspectuel. L'hypothèse que je voudrais défendre ici est que si elles permettent toutes de saisir un procès au milieu de son déroulement, elles ne le font pas pour autant de la même manière. Leur mode de représentation n'est pas le même, et le domaine aspectuel dans lequel elles se trouvent n'est pas le même non plus.
419–479 Problèmes d'analyse des langues de Formose et grammaire comparée des langues austronésiennes
Alain LEMARÉCHAL
Résumé
Depuis le tournant de l'immédiat après-guerre, véritable rupture épistémologique dans l'histoire de la grammaire comparée des langues austronésiennes, on place le berceau de cette famille à Formose. Stan Starosta — dont les travaux effectuent un retour salutaire à la comparaison des marques morphologiques —, recourant systématiquement à la notion d'« innovation partagée » (Meillet), propose un « subgrouping » des langues de Formose où le rukai, puis le tsou seraient les langues les plus anciennement séparées du tronc ayant donné naissance aux langues austronésiennes; un réexamen des formes du tsou et du rukai conduit selon nous à douter de cet archaïsme. En particulier, loin de pouvoir appréhender la genèse du système des focus à Formose, il semble qu'on puisse saisir les processus mêmes susceptibles de produire une telle idiosyncrasie typologique en comparant des langues extra-formosanes comme le chamorro, le bugis, le tondano, l'ivatan, etc.