Sommaires du BSL

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Numéro 91/1 (1996)

PagesAuteursTitreLienRésumé
i–xxiv Procès-verbaux des séances Indisponible
1–36 Gabriel BERGOUNIOUX Aux origines de la Société de Linguistique de Paris (1864-1876) Résumé
Les dix premières années de la Société de Linguistique de Paris sont mal connues. Créée par quelques américanistes proche du pouvoir impérial auxquels succèdent des universitaires partisans du Ministère de l'Instruction Publique, Victor Duruy, elle est reprise, avec son aide, par les comparatistes venus de l'École Pratique des Hautes Études. Ceux-ci, protégés par Egger, menés par Bréal et ses collaborateurs (Paris, Meyer, Havet), s'imposent à la direction dont ils évincent successivement les fondateurs (1886-1868), les enseignants des lycées (1867-1869), les mythologues (1872-1876) et une partie des orientalistes (1873). Au terme d'une série de crises, la Société devient la référence obligée en matière de linguistique scientifique en France, ce que confirment ses nouveaux statuts adoptés en 1876. Les transformations qui ont fait d'une association bien pensante d'amateurs une société savante réunissant les jeunes professeurs formés aux théories allemandes ont accompagné les premières tentatives de rénovation de l'Université avant que la réforme de la licence et la création du corps des maîtres de conférences ne justifient a posteriori les efforts des comparatistes en introduisant leurs méthodes dans les cours des facultés de lettres.
37–53 Blanche-Noëlle GRUNIG Structure et processus Résumé
Abstraction faite évidemment des recherches diachroniques, les théories linguistiques du XXe siècle ont priviligié la structure aux dépens du processus. On a proposé, et parfois formalisé, des descriptions de caractère statique qu'aucun mouvement ne portait. En particulier on n'a jamais posé de façon formelle le problème de la compatibilité des hypothèses structurales avec l'activité de langage dans toute sa dynamique. Dans le présent article je présente pour ma part une quinzaine de points qui réclament méthodologiquement que l'on accepte de faire toute sa place à la conception de processus indexés par le temps. J'indique la nature de ma contribution à cette démarche et je définis en particulier certains aspects du travail de la mémoire humaine sur les énoncés qui placent ces objets linguistiques sur une trajectoire dynamique. Je formule également quelques propositions relatives à ce que j'appelle le projet préverbal.
55–76 Robert FOREST Noms propres, idiotismes et polyphonie Résumé
Les noms propres sont ici envisagés comme la citation de ce que les gens disent quand ils dénomment une entité individuelle. Cette approche polyphonique de lexèmes voués uniquement à référer explique certaines particularités morphologiques et morphosyntaxiques des noms propres dans diverses langues, qui les distinguent par exemple des appellatifs. Les emplois des noms propres en énoncé manifestent, diversement selon la langue, la tendance à la polarisation de leur spectre entre idionymes directs et idionymes indirects. Enfin, la comparaison semble éclairante avec les idiotismes, dont le caractère également citationnel émerge du contraste avec certaines expressions métophoriques.
77–96 Christian TOURATIER Sémème, polysémie et théorie du prototype Résumé
Nous voudrions montrer qu'il n'y a pas incompatibilité entre la notion de « sémème » d'une certaine sémantique structurale et l'existence incontournable de la polysémie. Mais, pour cela, il importe de ne pas appeler « sème » tout trait sémique, et de ne pas voir dans le sémème une simple intersection entre tous les sens d'un lexème donné.
97–145 Xavier TREMBLAY Un nouveau type apophonique des noms athématiques suffixaux de l'indo-européen Résumé
Depuis vingt-cinq ans a été élaborée, par MM. † Schindler et Eichner, une nouvelle typologie des alternances vocaliques dans le nom athématique indo-européen, reconnaissant pour les noms suffixaux trois types apophoniques (hystérokinétique, protérokinétique, amphikinétique), sans préciser la raison d'être ou la fonction de cette pluralité. Le présent article veut d'une part montrer, en défendant l'idée de la régularité des changements morphologiques, qu'étant donné qu'en certains noms de suffixes *-oi-, *-tor-, *-mon- ou *-ou- l'alternance constatée dans les différentes langues indo-européennes diffère de celles d'autres noms de même suffixe, représentants sûrs des alternances acceptées jusqu'ici, et permet de reconstruire toujours le même prototype, ce dernier doit être reconnu comme un quatrième type originel autonome des précédents; et d'autre part, commencer à élucider la fonction des alternances vocaliques, rejetant l'idée, exprimée le plus systématiquement par Hirt, qu'elles sont issues de déplacements mécaniques de l'accent, et proposant pour quatre types apophoniques des valeurs logiques, l'alternance exprimant la relation entre la notion sémantique exprimée par le radical hors alternance vocalique et le prédicat que le nom avec alternance assigne aux choses: par exemple la motion sémantique est identique à l'être que désigne un nom d'alternance o/e (**h1ṷeseu- [bien] ÷ *h1ṷósi-/h1ṷésu- « le bien »), mais n'est qu'une qualité pour celui que désigne un nom d'alternance dite protérokinétique (**h1ṷeseu- [bien] ÷ *h1ṷésu-h1us-éu- « bon »).
147–167 Anna M. ORLANDINI Disjonction et négation en latin Résumé
Notre analyse essaie d'interroger le rapport existant en latin entre la négation, la conjonction copulative et la disjonction. Dans cette langue, le connecteur disjonctif le plus fréquent dans les contextes négatifs est aut, qui peut aussi remplacer la conjonction copulative neque. On peut soutenir que toutes les occurrences de ce connecteur dans la portée de l'opérateur de négation doivent être interprétées comme des disjonctions inclusives. En effet, à notre avis, la disjonction exclusive ne peut jamais se trouver dans la portée de l'opérateur de négation. Contre l'opinion qui considère aut comme le seul connecteur disjonctif possible en présence de deux concepts opposés entre eux, nous croyons qu'il faut d'abord se demander à quel niveau illocutoire poère la disjonction et ensuite choisir le connecteur disjonctif le plus adéquat. La distinction fondamentale est à faire, à notre avis, entre la disjonction objective (ou logique ou véridictoire) opérant au même niveau illocutoire que la modalité épistémique objective et la disjonction exprimant un choix subjectif du locuteur, opérant celle-ci à un niveau illocutoire supérieur. En latin le connecteur de la disjonction objective est aut, alors que les deux connecteurs disjonctifs aut et vel peuvent également réaliser la disjonction subjective (vel étant le plus fréquent dans les contextes positifs, même lorsqu'il s'agit de présenter deux concepts opposés). Parmi les emplois non logiques du connecteur français ou et ses transpositions en latin, on interrogera en particulier l'emploi argumentatif et l'emploi dit d'équivalence.
169–221 Paulo DE CARVALHO 'Partitif', génitif, article
Pour renverser l'inverseur et repenser l'article français
Résumé
À l'encontre d'une opinion largement répandue, il s'agira d'établir que le concept logico-sémantique de « partitif » n'a aucune valeur explicative, et que, par voie de conséquence, la doctrine guillaumienne, qui le valide, d'un morphème « inverseur spécifique » - à distinguer, sous le vocable de, de la fonction proprement « prépositionnelle » de celui-ci -, est rigoureusement sans objet. On s'emploiera, en effet, à montrer, dans le prolongement de travaux antérieurs sur le phénomène de la déclinaison nominale, ainsi que sur les relations entre la morphologie casuelle et la préposition en latin: 1° que le « partitif » français, loin de constituer une catégorie formelle de plein droit, est pur « effet de sens », étroitement déterminé par la solution spécifiquement apportée, dans cette langue, à un « problème général de concevabilité » (G. Guillaume): celui de la « personne atemporelle » convoquée mais finalement non retenue dans la représentation de l'événement, et qui, de ce fait, apparaît « inactuelle », « dépassée »; 2° et que, de ce point de vue, les syntagmes nominaux français habituellement considérés comme des expressions d'une prétendue « catégorie » ou « notion partitive » sont, en réalité, le résultat d'un traitement prépositionnel « sui generis », dont l'assiette d'opération est le présent locutif. La démonstration passera par une réflexion sur le signifié « catégoriel » des prépositions, ainsi que sur le signifié particulier, « lexical », de la préposition de, et som emploi dans certains syntagmes infinitivaux, typiquement français, qu'un G. Moignet avait déjà, en son temps, mis en rapport, à juste titre, avec la question du prétendu « partitif ».
223–248 Sylvain PATRI Transposition de fonctions, supplétisme et intégration paradigmatique
L'aoriste mixte du slave
Résumé
L'alternance thématique et radicale caractérisant la conjugaison de l'aoriste mixte en vieux slave repose sur l'association, dans une relation supplétive, du corrélat actif de l'opposition archaïque des diathèses exprimée au sein de l'aoriste sigmatique indo-européen et d'un aoriste asigmatique moyen. Cette évolution traduit en termes dérivationnels le processus de formation dont témoigne en termes flexionnels l'histoire de l'aoriste asigmatique. En même temps qu'il affirme le caractère profondément unitaire de la formation des conjugaisons prétéritales du slave, originellement marquées comme moyennes en regard de présents actifs, ce développement montre que le phénomène paradigmatique de la supplétion peut n'avoir pour fin que de renouveler d'anciennes relations syntagmatiques.
249–264 Claire LE FEUVRE La seconde palatalisation des vélaires en slave oriental
Le cas particulier des vélaires en groupe
Résumé
Le traitement des vélaires dans les groupes kvě, gvě, et skě lors de la seconde palatalisation n'est pas uniforme dans le monde slave. Il semble que dans ces deux cas, au contact de v ou de s, la vélaire n'ait pas été palatalisée en slave oriental. Il ne s'agit pas d'une dépalatalisation postérieure. Seul le slave méridional a eu la palatalisation dans ces deux cas de figure, ce qui pourrait faire supposer que c'est ce groupe dialectal qui a constitué le centre de diffusion de la seconde palatalisation.
265–296 Gabriel MANESSY Recherches sur le phonétisme proto-sénoufo Résumé
L'étude ici proposée consiste en une tentative de reconstruction interne du phonétisme proto-sénoufo, elle-même préliminaire à une recherche sur l'apparentement généalogique des parlers issus de cette souche. Cette reconstruction est opérée selon les principes généraux de la méthode comparative historique, par l'analyse du matériel lexical conservé dans ces différents parlers et par l'établissement de séries comparatives où l'on espère discerner des indices révélateurs de l'organisation et du fonctionnement du système phonique de la langue ancestrale. Seront examinés successivement les consonnes, les voyelles et, beaucoup plus sommairement, les tons.
297–321 Louise PELTZER Représentation et structuration de l'espace en tahitien Résumé
Si la représentation et la structuration de l'espace dans les langues occidentales a pour point de départ la personne du locuteur, en est-il de même pour les langues polynésiennes et en particulier pour le tahitien? Après un rappel sommaire de la déixis personnelle, l'analyse des spatio-temporels, démonstratifs, locatifs et directionnels, montre que, si comme dans les langues occidentales la référence se rapporte à Ego, celle-ci concerne également les autres personnes dans la langue tahitienne. Nous sommes donc en présence d'un système plus lococentrique qu'égocentrique.
325–329 Francis-Marie GANDON Lanterne magique et temporalité
La sémiologie saussurienne des Notes item
Indisponible
331–334 Michel MORVAN Note sur l'alternance M/Z en basque Indisponible
335–337 Marie-Laure MONTLAHUC La classe 15 en chaga, langue bantu du nord de la Tanzanie Indisponible
i–xxiv Procès-verbaux des séances

1–36 Aux origines de la Société de Linguistique de Paris (1864-1876)
Gabriel BERGOUNIOUX
Résumé
Les dix premières années de la Société de Linguistique de Paris sont mal connues. Créée par quelques américanistes proche du pouvoir impérial auxquels succèdent des universitaires partisans du Ministère de l'Instruction Publique, Victor Duruy, elle est reprise, avec son aide, par les comparatistes venus de l'École Pratique des Hautes Études. Ceux-ci, protégés par Egger, menés par Bréal et ses collaborateurs (Paris, Meyer, Havet), s'imposent à la direction dont ils évincent successivement les fondateurs (1886-1868), les enseignants des lycées (1867-1869), les mythologues (1872-1876) et une partie des orientalistes (1873). Au terme d'une série de crises, la Société devient la référence obligée en matière de linguistique scientifique en France, ce que confirment ses nouveaux statuts adoptés en 1876. Les transformations qui ont fait d'une association bien pensante d'amateurs une société savante réunissant les jeunes professeurs formés aux théories allemandes ont accompagné les premières tentatives de rénovation de l'Université avant que la réforme de la licence et la création du corps des maîtres de conférences ne justifient a posteriori les efforts des comparatistes en introduisant leurs méthodes dans les cours des facultés de lettres.
37–53 Structure et processus
Blanche-Noëlle GRUNIG
Résumé
Abstraction faite évidemment des recherches diachroniques, les théories linguistiques du XXe siècle ont priviligié la structure aux dépens du processus. On a proposé, et parfois formalisé, des descriptions de caractère statique qu'aucun mouvement ne portait. En particulier on n'a jamais posé de façon formelle le problème de la compatibilité des hypothèses structurales avec l'activité de langage dans toute sa dynamique. Dans le présent article je présente pour ma part une quinzaine de points qui réclament méthodologiquement que l'on accepte de faire toute sa place à la conception de processus indexés par le temps. J'indique la nature de ma contribution à cette démarche et je définis en particulier certains aspects du travail de la mémoire humaine sur les énoncés qui placent ces objets linguistiques sur une trajectoire dynamique. Je formule également quelques propositions relatives à ce que j'appelle le projet préverbal.
55–76 Noms propres, idiotismes et polyphonie
Robert FOREST
Résumé
Les noms propres sont ici envisagés comme la citation de ce que les gens disent quand ils dénomment une entité individuelle. Cette approche polyphonique de lexèmes voués uniquement à référer explique certaines particularités morphologiques et morphosyntaxiques des noms propres dans diverses langues, qui les distinguent par exemple des appellatifs. Les emplois des noms propres en énoncé manifestent, diversement selon la langue, la tendance à la polarisation de leur spectre entre idionymes directs et idionymes indirects. Enfin, la comparaison semble éclairante avec les idiotismes, dont le caractère également citationnel émerge du contraste avec certaines expressions métophoriques.
77–96 Sémème, polysémie et théorie du prototype
Christian TOURATIER
Résumé
Nous voudrions montrer qu'il n'y a pas incompatibilité entre la notion de « sémème » d'une certaine sémantique structurale et l'existence incontournable de la polysémie. Mais, pour cela, il importe de ne pas appeler « sème » tout trait sémique, et de ne pas voir dans le sémème une simple intersection entre tous les sens d'un lexème donné.
97–145 Un nouveau type apophonique des noms athématiques suffixaux de l'indo-européen
Xavier TREMBLAY
Résumé
Depuis vingt-cinq ans a été élaborée, par MM. † Schindler et Eichner, une nouvelle typologie des alternances vocaliques dans le nom athématique indo-européen, reconnaissant pour les noms suffixaux trois types apophoniques (hystérokinétique, protérokinétique, amphikinétique), sans préciser la raison d'être ou la fonction de cette pluralité. Le présent article veut d'une part montrer, en défendant l'idée de la régularité des changements morphologiques, qu'étant donné qu'en certains noms de suffixes *-oi-, *-tor-, *-mon- ou *-ou- l'alternance constatée dans les différentes langues indo-européennes diffère de celles d'autres noms de même suffixe, représentants sûrs des alternances acceptées jusqu'ici, et permet de reconstruire toujours le même prototype, ce dernier doit être reconnu comme un quatrième type originel autonome des précédents; et d'autre part, commencer à élucider la fonction des alternances vocaliques, rejetant l'idée, exprimée le plus systématiquement par Hirt, qu'elles sont issues de déplacements mécaniques de l'accent, et proposant pour quatre types apophoniques des valeurs logiques, l'alternance exprimant la relation entre la notion sémantique exprimée par le radical hors alternance vocalique et le prédicat que le nom avec alternance assigne aux choses: par exemple la motion sémantique est identique à l'être que désigne un nom d'alternance o/e (**h1ṷeseu- [bien] ÷ *h1ṷósi-/h1ṷésu- « le bien »), mais n'est qu'une qualité pour celui que désigne un nom d'alternance dite protérokinétique (**h1ṷeseu- [bien] ÷ *h1ṷésu-h1us-éu- « bon »).
147–167 Disjonction et négation en latin
Anna M. ORLANDINI
Résumé
Notre analyse essaie d'interroger le rapport existant en latin entre la négation, la conjonction copulative et la disjonction. Dans cette langue, le connecteur disjonctif le plus fréquent dans les contextes négatifs est aut, qui peut aussi remplacer la conjonction copulative neque. On peut soutenir que toutes les occurrences de ce connecteur dans la portée de l'opérateur de négation doivent être interprétées comme des disjonctions inclusives. En effet, à notre avis, la disjonction exclusive ne peut jamais se trouver dans la portée de l'opérateur de négation. Contre l'opinion qui considère aut comme le seul connecteur disjonctif possible en présence de deux concepts opposés entre eux, nous croyons qu'il faut d'abord se demander à quel niveau illocutoire poère la disjonction et ensuite choisir le connecteur disjonctif le plus adéquat. La distinction fondamentale est à faire, à notre avis, entre la disjonction objective (ou logique ou véridictoire) opérant au même niveau illocutoire que la modalité épistémique objective et la disjonction exprimant un choix subjectif du locuteur, opérant celle-ci à un niveau illocutoire supérieur. En latin le connecteur de la disjonction objective est aut, alors que les deux connecteurs disjonctifs aut et vel peuvent également réaliser la disjonction subjective (vel étant le plus fréquent dans les contextes positifs, même lorsqu'il s'agit de présenter deux concepts opposés). Parmi les emplois non logiques du connecteur français ou et ses transpositions en latin, on interrogera en particulier l'emploi argumentatif et l'emploi dit d'équivalence.
169–221 'Partitif', génitif, article
Pour renverser l'inverseur et repenser l'article français

Paulo DE CARVALHO
Résumé
À l'encontre d'une opinion largement répandue, il s'agira d'établir que le concept logico-sémantique de « partitif » n'a aucune valeur explicative, et que, par voie de conséquence, la doctrine guillaumienne, qui le valide, d'un morphème « inverseur spécifique » - à distinguer, sous le vocable de, de la fonction proprement « prépositionnelle » de celui-ci -, est rigoureusement sans objet. On s'emploiera, en effet, à montrer, dans le prolongement de travaux antérieurs sur le phénomène de la déclinaison nominale, ainsi que sur les relations entre la morphologie casuelle et la préposition en latin: 1° que le « partitif » français, loin de constituer une catégorie formelle de plein droit, est pur « effet de sens », étroitement déterminé par la solution spécifiquement apportée, dans cette langue, à un « problème général de concevabilité » (G. Guillaume): celui de la « personne atemporelle » convoquée mais finalement non retenue dans la représentation de l'événement, et qui, de ce fait, apparaît « inactuelle », « dépassée »; 2° et que, de ce point de vue, les syntagmes nominaux français habituellement considérés comme des expressions d'une prétendue « catégorie » ou « notion partitive » sont, en réalité, le résultat d'un traitement prépositionnel « sui generis », dont l'assiette d'opération est le présent locutif. La démonstration passera par une réflexion sur le signifié « catégoriel » des prépositions, ainsi que sur le signifié particulier, « lexical », de la préposition de, et som emploi dans certains syntagmes infinitivaux, typiquement français, qu'un G. Moignet avait déjà, en son temps, mis en rapport, à juste titre, avec la question du prétendu « partitif ».
223–248 Transposition de fonctions, supplétisme et intégration paradigmatique
L'aoriste mixte du slave

Sylvain PATRI
Résumé
L'alternance thématique et radicale caractérisant la conjugaison de l'aoriste mixte en vieux slave repose sur l'association, dans une relation supplétive, du corrélat actif de l'opposition archaïque des diathèses exprimée au sein de l'aoriste sigmatique indo-européen et d'un aoriste asigmatique moyen. Cette évolution traduit en termes dérivationnels le processus de formation dont témoigne en termes flexionnels l'histoire de l'aoriste asigmatique. En même temps qu'il affirme le caractère profondément unitaire de la formation des conjugaisons prétéritales du slave, originellement marquées comme moyennes en regard de présents actifs, ce développement montre que le phénomène paradigmatique de la supplétion peut n'avoir pour fin que de renouveler d'anciennes relations syntagmatiques.
249–264 La seconde palatalisation des vélaires en slave oriental
Le cas particulier des vélaires en groupe

Claire LE FEUVRE
Résumé
Le traitement des vélaires dans les groupes kvě, gvě, et skě lors de la seconde palatalisation n'est pas uniforme dans le monde slave. Il semble que dans ces deux cas, au contact de v ou de s, la vélaire n'ait pas été palatalisée en slave oriental. Il ne s'agit pas d'une dépalatalisation postérieure. Seul le slave méridional a eu la palatalisation dans ces deux cas de figure, ce qui pourrait faire supposer que c'est ce groupe dialectal qui a constitué le centre de diffusion de la seconde palatalisation.
265–296 Recherches sur le phonétisme proto-sénoufo
Gabriel MANESSY
Résumé
L'étude ici proposée consiste en une tentative de reconstruction interne du phonétisme proto-sénoufo, elle-même préliminaire à une recherche sur l'apparentement généalogique des parlers issus de cette souche. Cette reconstruction est opérée selon les principes généraux de la méthode comparative historique, par l'analyse du matériel lexical conservé dans ces différents parlers et par l'établissement de séries comparatives où l'on espère discerner des indices révélateurs de l'organisation et du fonctionnement du système phonique de la langue ancestrale. Seront examinés successivement les consonnes, les voyelles et, beaucoup plus sommairement, les tons.
297–321 Représentation et structuration de l'espace en tahitien
Louise PELTZER
Résumé
Si la représentation et la structuration de l'espace dans les langues occidentales a pour point de départ la personne du locuteur, en est-il de même pour les langues polynésiennes et en particulier pour le tahitien? Après un rappel sommaire de la déixis personnelle, l'analyse des spatio-temporels, démonstratifs, locatifs et directionnels, montre que, si comme dans les langues occidentales la référence se rapporte à Ego, celle-ci concerne également les autres personnes dans la langue tahitienne. Nous sommes donc en présence d'un système plus lococentrique qu'égocentrique.
325–329 Lanterne magique et temporalité
La sémiologie saussurienne des Notes item

Francis-Marie GANDON
331–334 Note sur l'alternance M/Z en basque
Michel MORVAN
335–337 La classe 15 en chaga, langue bantu du nord de la Tanzanie
Marie-Laure MONTLAHUC